CONCLUSION
et la désapprobation même que lui valut dans le clergé, malgré l’appui amical que lui donnait Léon XIII, telle ou telle initiative qui paraissait prématurée, susceptible d'aller à l'encontre du principe de continuité. Cette ligne générale est suivie par le patronat catholique français. Après le groupement, en 1926, des forces éparses, nous assistons à une évolution lente, mais certaine. Quelques années de méditations et d’organisation intérieure, puis les congrès, l'essor donné aux commissions mixtes, les uns et les autres préparent les esprits à l’ébauche de réalisations futures : l’organisation nouvelle des professions et leur intégration dans l'Etat. Cette continuité dans l'effort renferme en elle-même une garantie pour l'avenir.
Une autre raison — et, en réalité, elle rejoint la première — est la croissance continue d’un mouvement de jeunesse patronale catholique. Nous l'avons signalé dans le corps de cet ouvrage, montrant quel était l’ordre de ses préoccupations, la hardiesse avec laquelle il abordait l’étude des grands problèmes auxquels l'humanité fait face à l’heure actuelle. Dans ses rangs figurent de futurs capitaines d'industrie, de grands commerçants de demain, des juristes qui feront autorité. Le flambeau passera des dirigeants actuels de la Confédération française des professions à ceux qu'ils auront formés et avec lesquels ils auront communié dans un même idéal.
C’est sur l'évocation de cet idéal que nous voulons terminer notre étude. Dans un monde assoiffé de jouissances, ayant le culte de la richesse, adonné à la recherche de satisfactions matérielles toujours plus nombreuses, des voix s'élèvent, revendiquant à l’humanité une mission plus haute. S’inspirant des enseignements de Léon XIII,
de l’Apôtre social, elles demandent aux possédants de répartir leurs richesses suivant les principes de la justice distributive ; elles réclament des conditions de travail équitables, qu'il soit permis à l’ouvrier et aux siens de mener une existence digne, à la mère de famille de rester au foyer et de donner à ses enfants les soins qu'ils sont en droit d’attendre, à ceux-ci de recevoir plus tard l’éducation qui conditionne le progrès. Aux déshérités, elles demandent de contribuer à ce relèvement en s’abstenant de prêcher la haïne et la substitution par la violence de nouveaux possédants susceptibles de tomber dans les mêmes errements. Parmi ces voix, nous avons retenu celles qui viennent du patronat français catholique, prêt aux sacrifices que l'Eglise lui demande de consentir, n’aspirant en échange, dans ce monde, qu’à la satisfaction que donne la droiture de l’âme, la noblesse de la pensée. Quelles que puissent être les opinions politiques, et même religieuses, une telle attitude commande le plus grand respect 1.
1. Cette conclusion a été rédigée avant que prenne place l'agitation sociale de juin 1936. Il n’a pas paru désirable, malgré la gravité des événements qui se sont produits, de la modifier. Les principes de collaboration patronale et ouvrière, sur un pied d'égalité et d’estime réciproques, sans violence ni contrainte de part et d’autre, n’en conservent pas moins toute leur valeur. On est en droit d’espérer qu’ils s’épanouiront avec une vigueur nouvelle, quand un apaisement complet se sera produit. À cet égard, l'inauguration des travaux de la Commission interministérielle chargée d’élaborer un projet de loi tendant à l’organisation des industries.
sur le plan professionnel, que nous avons signalée à la fin du chapitre dernier, est d’un heureux augure.
Vu: Vu: Le Président de Thèse : Le Doyen de la Faculté : Louis ROLLAND. Edgard ALLIX.
Vu et permis d’imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris :
S. CHARLÉTY.