CONCLUSION
Arrivé au terme de cette étude, il importe de faire le point. Nous nous sommes efforcé de donner avec le plus de simplicité possible l’essentiel de ce qu’il faut connaître de la doctrine sociale de l’Eglise pour comprendre la raison d’être d’une organisation professionnelle catholique, puis nous avons, à la suite de Léon Harmel, évoqué dans ses grandes lignes le mouvement d’idées qui, en France, avait conduit vers la fin du XIX® siècle, à la création de syndicats patronaux et de syndicats ouvriers confessionnels. Rendant aux organisations qui l’ont précédée la justice qui leur est due, nous avons ensuite accompagné pas à pas la Confédération française des professions dans son développement, relevé les succès qu’elle a obtenus comme les difficultés qu’elle a rencontrées, sort qu’elle partage avec toutes les entreprises humaines. Quel est le bilan de ses efforts ?
L'examen de la progression du nombre des membres, le spectacle des contacts, faits autant d'estime que d’affection réciproque, qu’elle a établis avec les organisations ouvrières catholiques comme avec les associations-sœurs de Belgique et des Pays-Bas, le rayonnement qu'elle a su créer autour d’idées-forces comme la moralisation de la production et des échanges, la réforme de l'Etat, le corporatisme d'évolution, montrent qu'il s’agit là d'un groupement d'’intelligences et de volontés ayant atteint
une pleine maturité, mais loin encore d’avoir épuisé le dynamisme qui l’anime.
Au cours de la deuxième décade qu’elle va inaugurer de son existence, la Confédération française des professions se propose d'aborder dans toute sa plénitude la tâche difficile entre toutes de pénétration du grand patronat. Nous avons essayé de montrer à quel point cette pénétration est pour elle non seulement désirable, mais essentielle. À défaut de cette pénétration, l'influence des patrons catholiques continuerait à ne se faire qu'imparfaitement sentir dans les grands conseils nationaux et internationaux. Même si l’organisation corporative qu'elle préconise se réalisait, les services qu’elle aurait rendus pour la faire éclore seraient vite oubliés et la Confédération française des professions risquerait d’être rangée parmi les bons conseilleurs, auxquels on reproche, à tort ou à raison, de n’avoir pas à supporter le poids des expériences qu'ils préconisent.
Aux amis de la Confédération française des professions deux raisons sont données d’espérer que cette nouvelle étape sera franchie. La première réside dans la continuité des œuvres de l'Eglise. Sachant s'adapter aux nécessités, souvent aux vicisssitudes du moment, réaliste dans son action tout en restant au plus haut degré idéaliste dans ses buts, l'Eglise a su maintenir son autorité quand elle ne l’affermissait pas, à travers les révolutions politiques et les bouleversements sociaux qui se sont succédé depuis le début du christianisme. Cette continuité, toutes les organisations humaines qui se prévalent de l'Eglise s’en inspirent. On s'explique alors mieux la prudence, la timidité parfois de leur action. On comprend l’émotion que créa, dans les milieux catholiques, un Léon Harmel,