‹ Étude sur le nystagmusChapitre 20 sur 57 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Nystagmus avec arrêt de développement des vaisseaux de la rétine. — Saillie pro noncée de la [papille optique. — Déformation de la pupille. (Bullet. de la Soc. de chirarg., 11 avril 1855.)

M. Larrey présente un militaire atteint de nystagmus double au degré le plus prononcé, avec cette observation sommaire :

Le nommé Beunemet, du 1 er régiment de carabiniers, admis au service par le conseil de révision de sa localité, à cause de sa gran e taille (l“,9o), se trouve cependant affecté d’une infirmité assez rare de la vue, et d’autant plus grave qu’elle est congénitale et compi' quée. Il a un nystagmus des deux yeux avec amblyopie et un peu e mydriase. Divers renseignements nous ont appris que son frère aine, son plus jeune frère et trois de ses sœurs sont affligés de la même maladie à des degrés variables. On prétend même que l’un de ses parents moins proches aurait été réformé autrefois pour la même cause. Mais nous ne pouvons garantir l'authenticité de ces renseignements.

Quoi qu’il en soit, le jeune soldat dont il s’agit a été présenté par M. le D r Boulongue, aide-major de son régiment, à M. I e P r0 ”

XT , ♦«„ d’abord, ensuite à MM. Sichel et Desmarres, enfin à fesseur Nelaton constaté l’existence de cette affection au plus

nous, et tous nou

haut degré. Gfâce d ’ apr è s notre avis et placé dans le service de

Entré au Va - Je malade nous a offert, ainsi qu’à notre aide

la clinique ch’™ s ’t, l’état suivant que MM. les membres de la

de clinique JM- 4. ^.

Société peuvent rec0 ^ j lumière éprouvent une mobilité à peu LeS a ^ u rsim! iret chaque côù, transversale à l’axe visuel prés continue, si ^ de s oscillations est. de 180 par minute.

J?. 8 *'TteWl à. droite et à gauche présente une faible saillie L ^ 1ht certains myopes et une dilatation assez marquée de la “Telu Se plus contractée que chez les amaurotiques; mais T d’onacité dans l’appareil du cristallin, ni d’altération bien ap- Table nlus profondément. (M. Desmarres a indiqué cependant, a f’aide de Pophthalmoscope, un arrêt de développement des vaisseaux

la rétine et une saillie prononcée de la pupille optique.)

Si le malade cherche à fixer son regard sur un objet quelconque JL devant lui à distance et trop éclairé, il ne peut le distinguer, ou lien il croit le voir vaciller d’une façon isochrone aux mouvements même de ses yeux. Mais il parvient aisément à discerner les objets placés à sa gauche, à la condition d’incliner légèrement la tete dans ce sens. Le nvstagmus s’arrête alors dans les deux yeux qui deviennent momenîanément immobiles, comme dans un état de strabisme divergent. Ce phénomène ne se produit point du coté droit, et des gue les veux se portent dans cette direction, ils éprouvent leur mouvement oscillatoire habituel, sans possibilité de fixer un objet quelconque ou de lire des caractères d’imprimerie, même de grande dimension. Mais si le regard est dirigé de haut en bas et de bas en haut sur un point mobile, sur un doigt par exemple, l’oscillation, sans être suspendue, se ralentit, et permet la perception visuelle, meme a une distance ordinaire. La vue éprouve d’ailleurs une mo 1 ca ion telle que le malade peut écrire avec plus de facilité qu’il ne lit, peutêtre à cause de la direction des yeux plus fixe et plus mclinee sur la plume que sur un livre. Il éprouve enfin, après deux ou trois mi nutes d’attention, une sorte de fatigue, il ne distingue plus aucun objet, et il paraît momentanément atteint de cécité.

M. Larrey, en présentant ce cas de nystagmus, ne croit guère a sa curabilité, surtout par la ténotomie. Il essayera seulement de ra en îr la mobilité des yeux par l’application des louchettes et par une sor e

1869. — Gadaud. 9

de gymnastique oculaire ; mais il serait désireux d’avoir l’avis de ses collègues sur le fait qui lui semble mériter leur attention.

M. Houel fait remarquer, dans ce cas, l’existence d’une déformation de la pupille. L’iris est notablement plus étroit du côté droit.

Séance du 25 avril 1855. — M. Larrey rend compte à la société de ce qu’il a tenté pour améliorer l’état du malade atteint de nystagmus, et présenté par lui. Il a appliqué les louchettes, et par leur aidé le malade s’est trouvé très-soulagé ; il a moins de fatigue et voit mieux les objets.

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