‹ Étude sur le nystagmusChapitre 38 sur 57 · OBSERVATION XXXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXI

Anomalies diverses de la réfraction et strabisme. (Boehm, 9 e obs., p. 153 .)

La famille du major R...., résidant dans la forteresse de Kolberg, me fournit un exemple de l’apparition du nystagmus dans quelques membres d’une famille où se rencontrent habituellement des troubles musculaires des yeux et une puissance visuelle différente.

Le grand-père maternel était modérément myope, et inégalement de l’œil drot et de l’œil gauche.

La mère est myope à un très haut degré.

Un fils, jeune officier de 20 ans, est beaucoup plus myope d’un œil, du reste fort perçant, que de l’autre, à ce point qu’il ne peut lire qu’à 1 pied de distance nt qu’avec un verre concave n° 16; il est accommodé pour les objets éloignés. L’autre œil, moins myope, peut lire facilement à une distance de 2 pieds et demi et est accommodé pour une distance de 200 pas avec les verres concaves n°40. Il est accoutumé, suivant les circonstances, à employer soit l’un, soit l’autre de ses-yeux : c’est ainsi qu’avec le droit, il lit la fine impression et dessine les contours les plus délicats, et qu’avec le gauche il déchiffre les caractères ordinaires : il a donc des troubles de la vision complexes, sur lesquels je n’insisterai pas davantage.

Une jeune fille de 17 ans avait, dès sa plus tendre enfance, un nystagmus divergent de l’œil droit, qui était meilleur que l’autre (cette cause si fréquente de nystagmus), et de temps en temps présentait des secousses brusques et soudaines qui portaient ses yeux en bas et interrompaient le regard, calme d’ailleurs. La ténotomie des deux muscles externes débarrassa la malade de ces inconvénients, et son pouvoir visuel sè releva considérablement, ainsi que le marquent les nouvelles favorables qu e j ’en a i reçu es.

Enfin un jeune fils de 9 ans, à yeux bleus, à cheveux plus blonds, de peau plus blanche que le reste de sa famille, souffre d’un nystagmus

. •. m„ Tp ne connaissais pas ce jeune malade, car seule, sa sœur, véritable. , e . amère . était venue me consulter à Berlin. Ce que accompagne ~ . fille me fit émettre l’opinion que, suivant une

j’observai sur aurajt rien d’impossible à ce qu’elle fût prise de loi forme , ï ^ mon étonnement quand , à l’appui de mon ob-

nystagmu -C ^ répondit qu’elle n’avait, à la vérité, jamais re- Se " si tremblement oculaire chez sa fille, mais qu'un de ses fils, Ti enne au’elle en souffrait à un haut degré depuis sa naissance! jlTne vois pas là une coïncidence, mais la certitude que sait donner l'œil toujours ouvert de la science. , ,

Remprunte à la description claire et précisé que le pere me fit de «on fils les passages les plus caractéristiques :

“ «Fritz dit-il ne regarde jamais directement un objet; son visage

est toujours tourné à droite, tandis que l’œil droit dévié à gauche, se loge avec la pupille dans l’angle interne de 1 œil. Dans la rue, de même, il marche la tête inclinée obliquement et un peu en arriéré. Ouand’il lit, il ne laisse pas son œil courir çà et là, il le maintient fortement en dedans, et c’est la tête qui communique le mouvement. Il en est de même quand on lui désigne un objet à fixer : il tient terme sa pupille dans 1 angle interne de l’œil et tourne ensuite la tête jusqu’à ce qu’il ait trouvé l’objet. Si on le contraint à regarder un objet placé en face de lui, il se produit un tremblement intense, les images ne sont pas nettes, l’œil est irrité et pleure.»

Il est évident que, dans ce cas, l’œil droit, le plus fort, est toujours employé, mais il est atteint de contracture et de rigidité du muscle interne de l’œil, et il doit y obtempérer pour ne pas être en proie a

§11. — Nystagmus acquis.

A. — Volontaire.

Page 1