‹ Étude sur le nystagmusChapitre 55 sur 57 · OBSERVATION XLV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLV

(Ibid., 35® observ.)

Auguste Aubrion, âgé de 10 ans, est venu au monde avec un strabisme interne de l’œil gauche, et un tremblement convulsif des deux

(l) Flor. Cunier, Ann. d’oculist., 1840, t. IV, p. 40.

(â) Philips, De la Ténotomie sous-cutanée, p. 327,

cesse les paupières lorsqu U veux ^ ^ du journal Gazette

te S"Ïoscillation devient plus forte lorsque l’on ferme

l’ œil - -I couüé le muscle droit interne de l’œil gauche et L ? ^rwén redressé. L’adduction était incomplète aussitôt apres

‘’ œ, i a . net les oscillations étaient de beaucoup diminuées.

' t r S. L’adduction était encore incomplète, l’oscillation était trèst ’Wa mprfif» lorsaue l’on fermait un ©il»

t e emaf L’œil opéré était un peu convergent, j’ai opéré ce meme io,u l’œil droit ; les muscles droit interne et droit externe furent coupés; immédiatement après ces sections, l’oscillationaunpeudimi-

13 . Le tremblement a reparu sur l’œil gauche surtout lorsque

ret enfant regardait en dedans. .

Le 23. L’œil gauche avait repris une position parfaitement droite, et cet œil voyait des caractères plus petits que ceux du grand titre dont j’ai parlé; l’adduction se fait complètement. Cet opéré dit pouvoir regarder des deux yeux; il cligne rarement les yeux, et le tremblement convulsif est très-faible aujourd hui 27 mai.

Bonnet, de Lyon (1), répéta quelque temps après ces opérations de M. Philips. Mais les résultats qu’il obtint ne furent pas très-brillants. Il eut l’occasion d’opérer sept personnes atteintes de strabisme compliqué de spasmes oculaires. Chez deux d entre elles seulement, la section du muscle droit interne fit cesser entièrement les mouvements convulsifs des yeux. C’est alors que, s’inspirant de ses conseils, M. Roux, de Meximieux, eut l’idée de pratiquer la section du muscle petit oblique sur un œil affecté de myopie et de nystagmus. La myopie ne fut pas amé-. liorée et le nystagmus disparut.

Toutes ces tentatives n’eurent pas de retentissement. Le noir (2), dans sa thèse pour le concours de médecine opératoire,

(1) Loc. cit., p. 178.

(2) Concours pour une chaire de médecine opératoire à la Faculté de Paris, 1850.

en 18S0, déclara que les opérations de Philips et Bonnet, de Lyon, manquaient de preuves suffisantes. D autre part, Baudens (1) s’était avisé, pour guérir le nystagmus, de couper tous les muscles de l’œil, il en était résulté une exophthalmie. Si bien que, dans la discussion élevée au sein de la Société de chb rurgie, à propos du malade de M. Larrey, MM. Gosselin et Doumic combattirent la proposition de ténotomie, par cette crainte de Fexophthalmie.

A Boehm revient donc tout le mérite d’avoir remis cette opération à l’ordre du jour. Ce médecin considère la ténotomie appliquée au nystagmus comme ayant une indication dans presque tous les cas, et présentant toutes les garanties possibles. Comment se fait-il que presque tous les auteurs la repoussent, en France comme en Allemagne?

Cela tient, selon nous, à ce quelle a été faite presque toujours comme au hasard, sans indications précises. Si l’on coupe tous les muscles de l’œil à l’exemple de Baudens, l’exophthalmie en est la conséquence forcée, et, quoi qu’en ait dit Lenoir, qui fit remarquer, devant le Société de chirurgie, qu’une exophthalmie, quand elle est double, n’ofîre par cela même aucun inconvénient, nous croyons qu’une telle difformité exerce une fâcheuse influence sur la vision. À cet égard, nous nous rangeons entièrement à l’avis de notre savant et vénéré maître, M. Gosselin.

Mais il nous semble que les quelques points de symptomatologie et d’étiologie que nous avons développées plus haut, fournissent des indications et des contre-indications parfaitement certaines.

Ainsi, le nystagmus d’origine nerveuse ne réclame aucun traitement local ; une opération, aussi bien que la gymnastique oculaire, ou emploi des verres, est parfaitement inutile. Le traitement général suffit.

(1) Cité par Bonnet. Loc. cit., p. 178. I

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