‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 18 sur 70 · Parce que tu as été effronté · texte numérisé non relu

Parce que tu as été effronté

ISTRODUCTION.

tion française dont savait se passer le créole des anciens jours.

Nous aurons fini quand nous aurons indiqué en quelques lignes les principales divisions de notre étude.

Nous passons d'abord en revue toutes les parties du discours dans l'ordre même où les place la grammaire française, depuis l'article jusqu'à l'interjection, disant ce que le créole fait de chacune d'elles, et nous arrêtant surtout au verbe, dont la conjugaison est certainement la partie la plus vraiment orlgi/iale du créole.

Nous montrons ensuite les figures et les tropes, dont notre patois fait un usage immodéré.

Nous essayons, enfin, dans la phonétique , de montrer les changements les plus saillants qu'ont subis les mots français en devenant créoles, et d'établir

INTRODUCTION

la prononciation la plus généralement adoptée.

C'est à cela que se borne, à proprement parler, notre œuvre personnelle. Mais nous estimerions notre étude incomplète sans les annexes dont nous l'avons accompagnée. A savoir : Quelques pages écrites en créole, un conte entre autres qui remonte à plus de cinquante ans. Un choix de « Locutions » dû à cent collaborateurs, conscients ou inconscients. Un recueil de proverbes et d'adages. Enfin, a le corps complet — ou peu s'en faut — des sirandanes créoles ».

Disons, en dernier lieu, sur quels errements est fondée notre orthographe.

Pour dérouter le moins possible l'œil habitué à la physionomie du mot français, nous la lui avons conservée partout' où nous l'avons pu. Nous avons, cependant.

INTRODUCTION

toujours réiinî l'article au substantif, avec lequel il fait corps, ainsi que nous l'avons établi. Nous avons, de même, pour être conséquent avec notre analyse, donné aux verbes en er la terminaison é du participe passé, duquel est provenu le verbe créole ; et nous écrivons d'après le même principe, couderoce, coudepoing pour coup de roche, coup de poing, la préposition de étant devenue partie intégrante d'un mot composé.

A l'aide de l'accent aigu, de l'accent circonflexe, du tréma et de Ve muet, nous avons figuré de notre mieux la prononciation créole, sans hésiter, dans certains cas, à nous affranchir complètement de l'orthographe française ; c'est ainsi que nous écrivons fére pour faire, îhére pour l'heure, léquére pour le cœur, laliquére pour la liqueur, iranzç pour étranger, zp^éye pour oreille, Zàrze pour Georges, maU pour maïs,

IMTSODXICTIOir.

àçthére ' pour à cette heure. Enfin, quoique le pluriel ne se manifeste jamais en créole dans la forme des mots, nous avons, pour guider l'œil du lecteur, conservé Vs du français, mais au substantif seulement.

Quand le mot a plusieurs sons, — ainsi le pronom vous qui est vous, zuou, ou bien ou, — nous choisissons celle de ses formes que la prononciation du groupe où il se trouve nous semble appeler de préférence ; et parfois nous donnons à dessein au même mot des physionomies différentes, pour n'avoir pas l'air de prétendre à introduire l'unité et la régularité là où tout est capricieux, mobile et irrégulier.

On connaît maintenant notre humble bâtisse, et dans son ensemble et dans la distribution de ses parties : Exegi monu-

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