‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 28 sur 70 · RELATIFS F.T INTERROGATIFS · texte numérisé non relu

RELATIFS F.T INTERROGATIFS

Le créole ne connaît que le pronom qui. Il suffit à traduire toutes les formes françaises qui, que, dont, auquel, tant au pluriel qu'au singulier, au féminin qu'au masculin.

Que cherchez-vous? Qui vous après rôdé?

A quoi songez-vous ? Qui vous après mariné là ?

Empruntez-lui l'argent dont vous avez besoin. Prête* H lar:^enl qui vous btsoin.

Voilà l'homme dont je vous ai conté l'histoire, Avia ça doitmounde qui >no té raconte vous so :{histoire là.

Je ne redeviendrai jamais l'ami d'un homme avec qui j'ai eu une discussion, Zamés encore mo pour tourne camerade av éne doumounde qui mo fine gagne labouce av H **.

Où avez-vous acheté l'âne sur lequel vous passiez ce matin? Cale vous fine acéle ça hourique qui vous té passe làhaut là bomatin.

Dans ces trois derniers exemples qui est bien plutôt conjonction que pronom conjonctif; du reste de celui-ci à celle-là la distance était trop petite pour n'être pas franchie, tout aussi bien en France par les gens du peuple qu'A Maurice par nos noirs.

On, douniondé, ou plus rarement, fautes.

Dounioune, doumonde, doumounde, dimonde, dimounde, dimoune, suÇisait à la personne indéfinie :

Ilj a quelqu'un, n'entrez pas, Ena doumoune, napas entré.

U n'y a personne polir me soigner, Napas éna doumounde pour sogne mo lécorps.

Je donnerai cinq piastres à chacun, Mo a donc cinqiie piasses éneêne doumounde.

Quiconque parlera verra tout à l'heure! Doumoune qui a causé va guété talhére!

Le créole actuel admet :

Quelqu'un, quiquéne. Il y a quelqu'un dans les jamrosas , Ena quiquéne dans 3^anbour:{ois ;

Chacun, çaqtiéne. Chacun sent sa peine, Çaquéne senti so doulére ;

Personne , napas, personne. Je ne connais personne en ville, Mo napas cône personne auport*.

Pour h chose indéfinie le créole a narien et quiqueçose. Rien, narien. — Ex. : Il n'y a rien ii faire de cet enfant-liï, Narien pour fére av ça pitit- /ij. Iln'a peur de rien, Li napas père narien.

• Aupon, pour m Port-Louis ; dt mtmt urbs, to wu. J t suis en ville, Mo aMforii 11 hibile la ville, Lirisu nupaii. Aller cd villv'«> <iei»ndn m

w,3lU mo pc-, aUiKii, mh mo ^.our mo»U ,«,„', dioir mi».,. Ce ^ul Up 1» tr.ir. qui dcceudÈn. en ville, et p.r Do«,« eeux qui niantenl i l>

Quelque chose, quiqueçose , quiquiçost. Ex. : J'ai quelque chose à vous dire, Mo éna quiqueçose pour dire vous.

Le français « quelque chose », tout en restant indéfini pour la substance, accepte, à rimitation du latin, une qualité définie sous la forme d'un génitif neutre, quelque chose de bon, aliquid boni. De telles subtilités devaient échapper au créole qui a fait de quiqueçose un vrai substantif que qualifie directement l'adjectif. — Ex. : Quelque chose de bon, Ene bon quiqueçose. Quiqueçose traduit donc le mot chose, objet, pris au sens général, — Ex. : Enlevez tout ce qui est dans la maison, nous devons déménager. Tire tout quiqueçose dans iacase, nous pour lève paquets.

Les autres pronoms indéfinis se rendraient à l'aide de périphrases et d'équivalents. — Ex. : Je les connais l'un et l'autre, Mo cône touldé (tous les deux). Je ne les connais ni les uns ni les autres, Mo napas cône éne mime (je n'en connais pas un seul), etc.

L'un l'autre. Une construction récente place la préposition à entre ces deux pronoms pour marquer partout la réciprocité, Ex. : Mariez-les vite, ils s'aiment, Marié gantes vilement, fautes content éne à laule. Ils s'entendent les uns les autres, Zautes

tende éne a laute. Ils médisent l'un de l'autre, Zautes batte lalangue éne à laute, etc. Cette tournure est d'importation toute récente et nous ne l'aurions pas citée sans la présence de la préposition à qui lui donne quelque physionomie. Mais est-ce bien li du créole ?

Page 1