‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 30 sur 70 · TEMPS · texte numérisé non relu

TEMPS

PRÉSENT

C'est le thème verbal. Je pense, mo ma:;iné; tu

tiens, to lini ou to tiômbo; il couvre, li couvert; etc., etc.

Deux formes pour le futur simple : mo va allé ou mo pour ailé, j'irai.

Il est facile de se rendre compte de cette double formation,

La première, mo va allé, est le calque pur et simple du français qui, pour marquer un avenir très-prochain, dit « il va venir», où le verbe H va » faisant fonction d'auxiliaire prend une acception toute nouvelle ; « il va » au sens propre marque l'éloignement, « venir » le rapprochement. « Il va venir » est donc une composition au moins originale, comme sa voisine a il vient de partir o, pour le passé récent, « il est parti il n'y a qu'un instant. »

La raison analytique de la seconde forme future, mo pour allé, est tout aussi pLiusible, « Pour » marque un hut à atteindre: un train pour Mahébourg, je vous dirai pour conclure, au prix coûtant pour clore. Le créole dit: asse:^ galoiipé, lo pour tombé, assez courir, tu tomberas, ou mieux, tu vas tomber. Cette seconde forme traduit donc

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exactement le futur prochain « tu vas tomber ». Dépêchez-vous , je vais partir. Dégagé, mo pour allé. D'où logiquement : Lhére îi té vint mo té pour allé, quand il est venu j'allais partir, pour marquer le futur prochain sous la dépendance d'un passé. C'est donc toujours au français, et rien qu'au français, que le créole emprunte par l'analyse tous les moj'ens d'expression. Le futur antérieur : Quand j'aurai parlé je partirai, Lhére mo va fine causé mo va allé, se forme, on le voit, du futur simple et de la forme auxiliaire fine ou fini, de finir, que nous étudierons ci-après.

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