PASSÉ
Un passé simple, un passé absolu, un passé simuiuné, un double passé, un passé récent.
Le passé simple, mo té çanlé, correspond à un des emplois de notre imparfait : Dans ce temps-là je chantais. Ça létemps là mo té çanté, et à nos deux passés défini et indéfini des grammaires : Elle baissa la tête et se prit à pleurer, Li té bésse so îatéte et li ti comence ploré. Mon Dieu , j'ai combattu soixante ans pour ta gloire, Bondié, mo té laguére soxante bananées
pour to....; le mot gloire manque avec l'idée qu'il traduit.
Le passé absolu : J'ai dit, assez parlé maintenant, Mo fine causé, asse:^ labouce àçthére. J'ai chanté, je ne chanterai plus, Mo fine çanté, mo napas va çante encore. D'où , rigoureusement , la composition suivante : Quand j'aurai fini de parler vous pourrez répondre, Lhére mo va fine fini causé vous va capave réponde, forme beaucoup plus injonctive que la simple : Lhére mo va fini causé.
Le passé simultané, autre fonction de l'imparfait français : Quand il est entré je cousais, Lhére li té entré mo té après coude, se forme par l'adjonction de la préposition après; on y reconnaîtra facilement une cacologie empruntée au français.
Le passé double , formé par la superposition des deux auxiliaires té et fine; il traduit notre passé antérieur et notre plus-que-parfait : J'avais chanté quand il est venu, Mo té fine çanté lhére H té vint. Quand j'eus chanté, je partis, Lhére mo té fine çarUé mo ti allé. C'est comme un mot à mot de la version : j'avais fini de chanter, quand j'eus fini de chanter.
Le passé récent : Il vient de sortir, Li féque
sourti, OÙ l'on retrouve le gallicisme « il ne fait que de sortir ». Donc, Il ne disait que de sortir, £(■ tiféque sourti *.
Pour toutes les catégories du passé comme pour toutes celles du futur, c'est donc encore au français que le créole emprunte ses moyens d'expression, par une analyse inconsciente mais souvent délicate de la pensée.