‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 47 sur 70 · ADVERBES DE Q.UAKT1TÉ · texte numérisé non relu

ADVERBES DE Q.UAKT1TÉ

Beaucoup, boucoup, bon morceau, plein.

Je le connais beaucoup, Mo cône li boucoup. Je souffre beaucoup de la tête, Mo ïatite boucoup fire mal.

Beaucoup d'argent. Bon morceau lar:^ent. J'^ beaucoup-de gâteaux pour vous. Mu éna plein bonbons pour UlOttS.

Une quantité, éne bande, qu'on prononce aussi éne banne. Il a répandu une quantité d'eau par terre, Li fine fane éne bande dileau partére.

Assez. Assez me conter de bourdes, Asse:^ fire vous mirac av moi (vos -miracles). Quand k assez » est le dernier mot de la phrase, on le fait volontiers suivre de boucoup. — Ex. : Vous ne m'en donnez pas assez. Fous napas dont moi asses^ boucoup.

Peu, papas boucoup. — Ex. : Il a peu d'esprit, Li napas boucoup siprit. Je le connais peu, Mo napas cône li boucoup.

Un peu, éne pi, mais il est relativement récent.

Un peu était morceau. Donnez-moi un peu d'eau, Done moi morceau dileau. Attends-moi un peu, Aspére moi morceau.

a Un peu » se rapprochant de a assez » , est étie pé boucoup. — Ex. : Il y avait un peu, assez de monde. Té gagne inpé boucoup dimoune.

Un petit peu, très-peu, éne ptit morceau, éne guine*, éne ptit guine. Donc :

Un tout petit peu, éne guine guine ; et enfin, Éne tout ptit guineguine, avec lequel nous sommes aux fractions infinitésimales, aux atomes. — Ex. : On m'a battu parce que j'avais volé un grain de sucre, Zautes té amarre moi àcause mo té voîor éne tout ptit guineguine distque.

Trop, trâ. — Ex. : Il parle trop, Éna trâ labouce av li. Il est trop en-dessous pour que je me fie à lui, Li trô enbas enbas pour mofiéli. Les Malabars diront toujours trop boucoup.

Si et tant se juxtaposent. — Ex. : Je vous aime tant. Ma silani content vous. Il est si nonchalant, Li sitant gnangnan.

Très, fort n'existent pas, bien les remplace. — Ex. : I! est très-malade, Li bien malade, ou Li ma-

lade même, Li bien malade même. Mêm^ ajoute singulièrement à l'énergie de l'expression et aide par là à rendre une foule de superlatifs. — Ex. : C'est très-bien, Li bien même. C'est tout à lût bien, Li bienhien même. Il était très-bien mis, Li té faraud ntéme. Courez! Taillé même! Dépêchez 1 Dégagé même !

Plus, le plus sont pli. — Ex. : Plus doux. Pli douce. Devant « que », un substantif, ou comme dernier mot de la phrase, c'est plisse. Plus d'argent. Plisse lardent. Plus que toi. Plisse qui toi. J'en veux, plus, Mo vlé plisse. Le Malabar dh plis boucoup.

Moins, le moins n'existent pas, c'est plis ptit morceau, pjis ptit guine, ou riapas sitant.

Plus répété donne lantplisse répété. — Ex. :

Plus je la vois, plus je l'aime, TantpHsse mo trouve li, tantpUsse mo content li.

Aussi, aussi. Le créole ne l'employait guère qu'avec la valeur de « de plus » . Toi aussi. Toi aussi. Son père aussi, So papa aussi.

Ne... plus, napli... encore. — Ex. : Je ne le ferai plus, Mo naplis va f ère li encore.

ADVERBES d'aFFIRMATION ET DE NÉGATION.

Oui a souvent pour synonyme sifé, si fait, €t Non, Tiapas. Mais en leur lieu et place arrivaient volontiers deux sons inarticulés que l'écriture est impuissante à figurer. — Ex. : Vîendrezvous? Esqui wou a vint? Oui, Houn! — Non, Houn whouni II y faudrait l'intonation et le mouvement de la tête et des épaules.

Page 1