I. Ne jouez pas avec le fen,vous brûlerez votre chemise, b
INTRODUCTION
tus. L'homme qui ne voit pas la poutre qui est dans son œil, aperçoit la paille qui est dans l'œil de son voisin ; Zacot napas guéte so laquée, le singe ne voit pas sa queue, dira Lindor, sans se douter qu'il apporte à l'hypothèse darwynienne un argument non moins puissant qu'imprévu. Napas énafroma:^ qui napas trouve so tnacathias, il n'y a pas de fromage qui ne trouve son morceau de pain bis, dîra-t-il par manière d'encouragement à une jeune fille de peu d'attraits chargée. Si la « zéne fille » ne trouve pas qu'en -termes galants ces choses-là sont mises, libre à elle de répondre aussi vertement qu'elle le voudra. La langue napas U:^s, la langue n'a pas d'os ; :^ouré napas éna Imtéremmt, les jurons ne portent pas leur homme en terre, se dira stoïquement le philosophe; et l'amour- propre de la demoiselle sera guéri, puisque hatté rende 7^-
INTRODUCTION. XXXIlt
mes fére mal, le coup rendu ne feit jamais soufirir '.
Mais le plus sage a ses faiblesses, et toute cette philosophie a été impuissante à nous préserver de la superstition. Comme nous sommes originaire de la côte orientale et non de la côte occidentale d'Afrique, nous ne connaissons pas, il est vrai, les pratiques farouches du vaudou ; mais nous croyons fermement aux names, apparitions, nous avons dans le Petit Albert une foi inébranlable, nous jetons des yangues à notre ennemi. Avec des râpures de bois, des « plumes » de bourrique, des os concassés et des rognures d'ongles, nous composons un mélange terrible que nous ré-
I. Celui qui !e rend, mais non celui qui !e reçoit, comme voudraient le faire croire certaines gens qui emploient le proverbe à rebours, et rendent un coup de trique pour uo coup d'épingle.
INTRODUCTION
pandons sur le seuil de sa porte ; et si le malheureux en réchappe, c'est qu'il ne s'est aperçu de rien; car s'il découvre le redoutable maléfice, le moins qui puisse lui arriver c'est de mourir de peur.
- Le vocabulaire de toute cette magie noire est considérable, en voici seulement quelques mots. Yangtie, c'est le sortilège au sens général; il est destiné à porter mofine, malheur ; mais mojine est en même temps un adjectif que traduit d'assez près le français a funeste » ; ainsi îi::;ié mofincy c'est le mauvais œil, ïdxmce mofine, c'est la bouche qui porte malheur, etc. Suivant la manière dont le yangue sera jeté, l'expression variera. Li té drogue moi, il m'a donné un breuvage ; H té méte léquér (W moi, il m'a porté malheur par ses souhaits; H ié méte lacU av moi, il m'a empêché d'avancer, de réussir ; li té méte Jabouce av moi, il m'a
MTROOUCTÏON.
porté malheur par ses paroles ; U té méU tat^uém ' avec moi, il m'a empoisonné. Râpe dibois, 7p^ ec dibois, râper du bois, jouer avec du bois, c'est par excellence, préparer un maléfice pour fère sourcier av dou" mounde.
Lindor a, de plus, constaté bien des concomitances : Mo lipied cogné, doumounde après cause moi ' ; napas monte ça numgue îà tw lédoigi, wou a fére U coulé ' ; napas saute ça ^fant là, wou a fére H reste pîtit *■ Il se félicite d'avoir rencontré un chat noir, parce que çatte noir apéle lardent '. Il sait pourquoi celui-là doit toujours perdre au jeu ; c'est que U éna larouilh dans coin t^o-
t. C'est le languin de Madagascar.