‹ Etude sur le Précipito-Diagnostic du Kyste HydatiqueChapitre 3 sur 10 · EUR LE DOCTEUR ACHARD · texte numérisé non relu

EUR LE DOCTEUR ACHARD

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LE PRÉCIPITO- DIAGNOSTIC

DU KYSTE HYDATIQUE

Introduction

En juin 1907, MM. Fleig et Lisbonne présentaient à la Société de Biologie les résultats de leurs premières recherches sur le séro-diagnostie du kyste hydatique par la méthode des précipitines, effectuées avec le sérum d’un enfant porteur d’un kyste hydatique du foie et avec celui d'animaux préparés par des injections massives de produits hydatiques. Rappelons en quelques lignes les résultats auxquels ils étaient arrivés.

Le sérum d’un sujet atteint d'échinococcose contient une précipitine spécifique pour le liquide hydatique. Cette propriété précipitante disparait progressivement après l’ablation chirurgicale totale de la tumeur. Spécifique, cette réaction ne peut être obtenue avec le sérum d'individus sains ou atteints de maladies infectieuses

Lu mème à localisation hépatique. Cette même précipitine existe dans le sérum du sang des animaux chez lesquels on a pratiqué des injections de produits hydatiques d’orioine humaine.

Ainsi était jetée la base d’une méthode de séro-diagnostic de l'échinococcose à laquelle l'examen de nouveaux cas devait apporter une sanction définitive.

Depuis cette époque, les mêmes auteurs ont continué leurs recherches sur huit nouveaux cas, et deux auteurs anglais, Welsh et Chapman, ont publié, dans le Lancet du 9 mai 1908, des résultats qui confirment pleinement et d'une manière éclatante, en v ajoutant quelques points de détail, les premières conclusions de MM. Fleig et Lisbonne. C'est ainsi que nous sommes amené à réunir l'ensemble des travaux faits sur la question du précipitodiagnostic de l'échinococcose et à montrer ce que la clinique est en droit d'attendre de cette méthode. Cette étude, que nous rédigeons d’après un mémoire inédit que MM. Fleig et Lisbonne ont bien voulu mettre à notre disposition, sera ainsi divisée : Après avoir analysé les remarquables résultats de Welsh et Chapman et précisé à ce propos quelques points d'historique, nous exposerons en détail les recherches effectuées par MM. Fleig et Lisbonne sur le sérum de l’homme porteur de kyste hydalique el accessoirement celles qui ont été effectuées chez les animaux immunisés par des injections de produits hydatiques. Nous comparerons alors les conclusions de ces auteurs à celles des auteurs anglais en expliquant les quelques divergences qu'il peut y avoir entre elles. Entin, nous tenterons de mettre en lumière l'importance clinique de cette séro-réaclion, de technique très simple, par laquelle semble très facilité le diagnostic clinique de l’échinococcose.

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Résultats obtenus par Welsh et Chapman avec la

séro-précipitation de Fleig et Lisbonne

Welsh et Chapman, «ayant à leur disposition des matériaux d'étude très importants », ont vérifié les propositions de la communication de MM. Fleig et Lisbonne, el c’est dans ces termes qu'ils rapportent leurs résultats :

«Nous avons trouvé, disent-ils, que lorsqu'on ajoute une quantité suffisante de sérum à une certaine quantité de liquide hydatique convenablement choisi el qu'on abandonne le mélange à la température du laboratoire, pendant 18 à 20 heures, il se produit toujours un préeipité très net si le sérum provient d'un malade porteur d’un kyste hydatique (9 cas) (1); cette réaction est négative a le sérum d'individus indemnes d’échinococcose

(1) 6 cas de kyste hydatique du foie dont 4 à contenu clair et ? à contenu trouble, 2 cas de kyste mulliple du péritoine el 1 cas de kyste suppuré des muscles de la cuisse.

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(4 cas suspects ef 5 normaux); dans les 4 cas suspects où l'épreuve fut négative, l'opération révéla l'absence de kyste hydatique. Ces résultats, malgré leur petit nombre, sont si caractéristiques qu'ils nous permettent de penser que cette séro-précipitation constitue un procédé de diagnostie de l'injection hydatique digne de toute contiance.»

D'accord avec les expériences de Fleig et Lisbonne, ils constatent que l’action précipitante du sérum est très faible par rapport à ce que nous connaissons pour les sérums précipitants l'ovalbumine par exemple et qu'il faut employer une quantité de sérum relativement très grande pour obtenir un résultat net. Moins affirmatif que Fleig et Lisbonne, ils ne pensent pas que la disparition de la réaction soit liée nécessairement à l’ablation de la tumeur; mais les deux expériences sur lesquelles ils basent leur affirmation ne sont nullement décisives, comme ils le font déjà remarquer et comme nous le prouverons plus loin. |

La technique des auteurs anglais ne diffère de celle de Fleig et Lisbonne que par deux points dont nous discuterons le détail : la filtration du liquide sur bougie el l'usage d’une proportion deux fois plus grande de sérum par rapport au hquide hydatique dans l'effectuation de la réaction.

Enfin, leur attention a été attirée par un fait, que des expériences inédites de Fleig et Lisbonne mettaient en lumière, à savoir que tous les liquides hydatiques ne jouissent pas également de la propriété d'être précipités. Ayant pu constater même que certains liquides étaient dépourvus de cette propriété, ils ajoutent : « Nous voudrions surtout insister sur ce fait que les liquides hydatiques peuvent varier énormément dans leur pouvoir d’être précipités par le sérum d'un porteur de kyste hydatique,

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mais qu'un liquide qui réagit fortement avec le sérum d'un malade dont il provient réagit aussi fortement avec le sérum de n'importe quel autre malade atteint d’échinococcose. »

Nous ne pouvons que citer ir exlenso les observations et les conclusions qui terminent l'artiele de Welsh et Chapman, observalions dans lesquelles le séro-diagnostic a loujours élé positif avant l'opération.

.O8s. [. — Homme, 35 ans. Trois pelits kystes péritonéaux à contenu clair. Kyste hydatique du foie, rompu il y a 8 ans.

Os. IT. — Homme, 42 ans. Kystes mulliples du foie, quelquesuns à contenu clair, d'autres à parois épaissies et ratatinées. Tous les kystes ne furent pas enlevés. Six et sept semaines après l’opéralion, réaction plus faible. Mort à la huitième.

O8s. IIT. — Enfant, 8 ans, Kysie volumineux simple du foie à contenu clair.

O8s. IV. — Femme, 14 ans. Echinoscoccose multiple du péri- Loine, conséculive à un kyste rompu. Réaction positive huit semaines après l’opéralion.

O8s. V. — Homme, 13 ans. Kysle hydalique du foie à contenu clair.

Oss. VI. — Femme, 17 ans. Kysies multiples du foie. Nom-

breuses adhérences.

O8s. VIL — Homme, 50 ans. Kyste suppuré des muscles de la cuisse. Réaction très nelle trois semaines après.

Ogs. VIIL. — Homme, 48 ans. Kyste hydalique volumineux du foie à contenu légèrement trouble.

O8s. IX. — Homme, 23 ans. Volumineux kyste hydatique du foie à contenu légèrement lrouble.

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