LA RE
Les conclusions de Welsh et Chapman sont alors les suivantes :
1° La réaction entre un liquide hydatique convenable el une quantité suflisante de sérum d'une malade atteint de kyste hydatique n’a, dans notre expérience de 9 cas, jamais manqué de donner une réaction précipilante positive lorsqu'elle a été exécutée avant l'opération.
2 Tous les liquides ne sont pas capables de provoquer celle réaction et l'absence de celle-ci c’est pas en relation avec une diminution notable de la teneur en substances protéiques de ce liquide.
3° La persistance de la réaction quelques semaines après l'opération indique la persistance du parasite; mais la disparition de la réaction n'indique pas nécessairement l'ablation complète de la tumeur ;
4 Cette réaction est indépendante du siège de la tumeur (foie, périloine, muscles) et de la nature du contenu (clair, trouble, purulent).
Avant d'aller plus loin, reclifions une asserlion erronée émise par Welsh et Chapman au début de leur article et relative à l'historique de la méthode du précipito-diagnostic de l’échinococcose. Ces auteurs, après avoir cité Ja communication de Fleig et Lisbonne, écrivent que « de précédents travaux de Ghedini, Joest, Gherardini ont donné des résultats contradictoires », travaux dont ils ne paraissent avoir cu connaissance que par la citation qui en était faite par Fleig et Lisbonne. Or les résultats des auteurs cités ne sont nullement contradictoires entre eux et d'autre part, si certaines de leurs conclusions sont
opposées à celles de Fleig et Lisbonne, ces faits s'expliquent par l'emploi de techniques différentes.
Eliminons tout d’abord les expériences de Ghedini qui, par la méthode de Bordet-Gengou (déviation du complément), mettent en évidence la présence d’anticorps spécifiques dans le sérum de deux malades échinococeiques : cest là le seul (ravail effectué avec le sérum humain, qui soit antérieur aux recherches de Fleig et Lisbonne ; mais il s’agit iei de l'application d'un principe et d’une technique qui n’ont rien de commun avec la séroprécipitation de Fleig et Lisbonne.
Les expériences de Joest et Gherardini ont été effectuées uniquement sur les animaux et concluent à l’inexistence d'anticorps précipitants dans le sérum des animaux immunisés. Joest ne peut arriver à déceler de précipitine dans le sérum des animaux échinococciques ; d'autre part, après avoir immunisé des lapins par des injections intraveineuses répétées de petiles quantités de liquide hydatique provenant d'animaux, il constate que le sérum de ces lapins, additionné de liquide hydatique, ne détermine jamais l'apparition d’un précipité dans les deux heures qui suivent le début de l'expérience.
Gherardini arrive aux mêmes résullats : expérimentant avec le sérum des animaux porteurs de kyste hydatique, il additionne 5 ec. de sérum de ? à 5 ce. de liquide hydatique et, constatant chaque fois l'absence de précipitation, conclut que « dans le liquide hydatique il n’y a pas de principes chimiques spéciaux aptes à précipiter les protéines normales du sang.» (Cette phrase d’ailleurs montre qu’il n’envisage pas la précipitation au même point de vue que Fleig et Lisbonne.) Comme Joest, il injecte au lapin par la voie sous-cutanée du liquide bydatique provenant de bœufs échinococciques (10 à 15 injections
= Dh de 10 ce. à 2? jours d'intervalle) et mel en contact le sérum des lapins avec un échantillon du liquide qui a servi à les immuniser : il n’observe ainsi aucune précipitation.
Ainsi les travaux de ces deux derniers auteurs concluent: 1° que le sérum des animaux échinococciques ne possède point de propriétés précipitantes, à l'égard du liquide hydatique ; 2° que l'injection de liquide hydatique provenant d'animaux porteurs de kyste à des animaux de laboratoire ne provoque jamais dans le sérum de ces derniers la formation de précipitines.
Dans un ordre d'idées analogue, Langer, en recherchant les modifications du sang chez les sujets porteurs de Lænia, constate l'absence de précipitine dans le sérum, mais mel en évidence dans celui d'animaux immunisés par des injections d'extraits de tœnia mediocanellala la présence de propriétés précipilantes non seulement pour le Lœnia decette espèce, mais aussi pour le liquide issu d'une vésicule hydatique.
Il ressort nettement de l'exposé de cette question qu'avant les recherches de Fleig et Lisbonne aucune tenlative de séro-précipitation n'avait été faite avec le sang de l'homme atteint de kyste hydatique dans un but de diagnostic. Ces auteurs sont done arrivés les premiers à constaler Fexistence de précipitines dans le sérum d'individus atteints d’échinococcose, à baser sur ce fait une méthode de séro-diagnostic, et à retrouver d'autre part la précipitine dans le sérum des animaux de laboratoire immunisés par des injections de produits hydatiques d'origine Aumatne.
IT
Cas de séro-précipitation observés
par Fleig et Lisbonne chez l’homme et chez l’animal
Le sérum d'un individu porteur de kyste hydatique contient des précipitines spécifiques qui se mettent en évidence par l'addition à une certaine quantilé de liquide hydatique de quelques gouttes de ce sérum.
Observations de Fleig et Lisbonne chez l’homme
Ogservarion L — Enfant de 12 ans, atleint d'un volumineux kyste hydatique du foie monoloculaire. On recueille asepliquement le liquide hydatique au moment de l'opéralion ; on prépare dans un pelit tube le mélange suivant:
2 cc. de liquide hydatique + XII gouttes de sérum du sang du malade. ‘Etuve 40°.
Au bout de 1 heure 5 le liquide présente un précipité flocon”
eux, assez volumineux, qui se tasse légèrement au fond du tube.
OBsERYATION II. — Femme 40 ans. Kyste hydalique à contenu
DCE
limpide. Pas de vésicules filles. On recueille le jour de l'opération le liquide le plus aseptiquement possible.
2 ce. liquide hydatique + XIT gouttes sérum. Etuve 40°. Précipilalion se manifestant entre 6 et 14 heures.
OBsERvATION III. -— Femme atteinte d'une tumeur de lhypochondre droit et ayant rendu dans les selles de très nombreuses vésicules hydatiques. Le sérum utilisé est fortement laqué par un voyage de 5 jours (La malade est à Oran, Algérie).
2 ce. liquide hydatique (de Session Il) + XII gouttes
sérum. Etuve 40°.
Précipilation apparaissant vers la huitième heure el très abon-
dant à la dix-seplième.
Ogservarion IV. — Homme 40 ans, opéré un an auparavant de kyste hydatique du foie. Récidive qui nécessite une nouvelle intervention chirurgicale pratiquée par M. le professeur agrégé Soubeyran, en août 1907.
A l'opération, on trouve deux poches hystiques dont une, stérile, renferme un liquide eau de roche et de nombreuses vésicules, et dont l'autre est à l'état de suppuration.
2 ce. de liquide hydatique (observation IT) + XIT gouttes sérum. Etuve 40°.
Précipilalion entre 7 et 9 heures.
O8BservarioN V. — Femme 65 ans. Kyste hydatique du foie dont le début remonte à 8 ou 10 mois. Elat général assez précaire.
1 ce. liquide hydatique (observation IT) + XIT gouttes sérum. Etuve 40°.
Précipitalion apparaissant entre 12 et 18 heures.
OBsEeRvATION VI. — Homme 18 ans. Kyste hydatique du poumon. Diagnostic confirmé par l'apparilion d'une abondante vomique de vésicules hydatiques.
1 ce. liquide hydatique (de l'observation 11) + XII gouttes sérum.
Précipilation très nette en 3 heures el demie.
Quatre mois après, on a eu l'occasion de revoir ce malade, qui n'a plus eu de nouvelles vomiques, mais qui rejette, le malin surtout, une abondante expectoration muco-purulente. L'examen microscopique ne montre pas de crochels dans ces crachats. Les