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tation avec le liquide de kyste hydatique est spécifique aux porteurs de kyste hydatique. Il est nécessaire cependant de faire remarquer que l'on voit quelquefois apparaitre un trouble assez net qui arrive bientôt à la formation d'un petit culot au fond du tube, mais il s’agit alors d'un précipité qui n’a rien de l'aspect ordinaire et caractéristique des précipitations floconneuses dues aux précipiünes, et il est facile de conclure dans le sens d’un séro positif ou négatif. L'action du sérum d'individus atteints plus spécialement de maladies à localisation Se mais de nature non échinococecique, est de même nulle sur le liquide hydatique.
Conservalion du liquide hydatique à employer pour la séro-précipitalion. — La conservation du liquide hydatique constitue un des points délicats de la technique à utiliser pour le séro-diagnostic. Il importe, en effet, d’avoir à sa disposition une provision de liquide hydatique, liquide qui, on le sait, est Ze plus souvent stérile dans la poche kystique, mais constitue un milieu de culture très favorable au développement des cultures microbiennes. Si le liquide est stérile, il faut le conserver tel quel, car il est important de ne rien changer à sa constitution chimique. Un moyen pratique, lorsqu'on est sûr de la stérilité du liquide après l'opération, est de le
répartir en petites ampoules préalablement stérilisées
(de 5 à 10 cc.) el de conserver celles-ci autant que possible à une température fraiche {à la cave par exemple). On arrive ainsi à avoir des liquides-réactifs qui conservent encore leur activilé au boul de 22 mois, ainsi que nous
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avons pu nous en rendre compte dans quelques séroprécipitations que nous avons effectuées récemment au Laboratoire de physiologie de la Faculté de médecine. Un moyen d'avoir un liquide dont la précipitabilité serait augmentée serait peut-être dans lutilisation d’un liquide préalablement concentré par évaporation à froid dans le vide. Des expériences, actuellement en cours au laboratoire, permettront sans doute de répondre bientôt à cette question. L
Un autre moyen de conservation du liquide, précieux dans les cas où le liquide recueilli à lopération n’est pas stérile, est de le mettre en ampoules après filtration sur bougie. Ce moyen, employé couramment par Welsh et Chapman dans leurs expériences, a été comparé par Fleig el Lisbonne à celui de la simple conservation aseptique sans filtration préalable; les conclusions sont que le liquide filtré précipite moins rapidement que le liquide non filtré. Par exemple le sérum d’un malade échinococcique qui précipite en 12 heures avec le liquide non iltré ne précipite plus qu'en 18 heures avee la même proportion de liquide filtré sur bougie. Lorsqu'on le pourra, on aura done intérêt à utiliser le liquide sans modificalion aucune, simplement conservé par l’asepsie la
plus rigoureuse.
Valeur clinique de la séro-précipitation pour
le diagnostic du kyste hydatique
Les données qui précèdent permettent de juger des services que peut rendre à la clinique la séro-précipitalion avec le liquide hydatique. Celle-ci est importante non seulement au point de vue diagnostic, mais aussi au point de vue pronostic, pour se rendre compte, après l'opération, si l’évolution de léchinococcose continue (par suile d’une ablation incomplète) ou si l'opération à été radicale. À ce point de vue, il est nécessaire de revenir sur la question de la disparition de la séro-précipitation après l'enlèvement du kyste. Welsh et Chapman contestent que la disparition de la séro-précipitation soit . nécessairement liée à l'existence d’une opération complète, mais leurs expériences ne sont pas à l'abri de toute critique.
Dans leur première observation, chez un homme porteur
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de plusieurs kystes hydatiques du foie, dont l'ablation totale n'est pas possible, le séro-précipilalion disparait peu à peu, malgré la persistance des parasites, el est déjà presque nulle à la septième semaine. La huitième semaine la malade meurt, après une période d'émacialion el de faiblesse extréme. Mais n'est-il pas permis de voir dans le mauvais état général de la malade la cause de la disparilion du sang? Celte observation ne nous paraît donc nullement démonstrative.
La seconde est aussi peu concluante : une lillette de If ans, atteinte de kyste du péritoine, est opérée et donne, huit semaines après l'opération, une séro-réaction très marquée. Mais quoi d'étonnant à cela, puisqu'il est impossible d'effectuer une opération radicale enlevant tous les kystes multiples greffés sur le péritoine sans amener des délabrements incompatibles avec la vie? I ne fait aucun doute que, même après l'opération, les parasites qui restent continuent à sécréter leurs produits toxiques el à susciter ainsi de la part de l'organisme la réaction précipilante.
Nous pensons donc que la persistance de la séro-précipitation, à partir de deux mois après l'opération, indique que celte dernière à été incomplète ou qu'il y a une greffe parasilaire en d’autres points de l'organisme.
La séro-précipitalion, dans le cas d'échinococcose, est donc intéressante à la fois au point de vue diagnostie et au point de vue pronostic.
Son intérêt s'accroît d’ailleurs par sa généralisation possible à d'autres maladies parasilaires, en particulier aux maladies à évolution kystique (ladrerie, etc.), ainsi que lont pensé, dès leur première publication, Fleig et Lisbonne; il suflirail, pour avoir un séro-diagnostie de
LÉ dre der Ale ies, d'effectuer la réaction avec le liquide kystin question où avec les extraits des parasites.
Itats positifs dans la cysticercose el la distomalose
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À propos de quelques critiques adressées au
précipito-diagnostic du kyste hydatique
Parallèlement aux recherches de MM. Fleig et Lisbonne, Ghedini (1) appliquait avec succès, en vue du diagnoslic de l’échinococcose, la méthode de Bordet-Gengou basée sur la déviation du complément. Dans ces tous derniers mois, M. Weinberg (2), par une technique du même genre, a recherché à son Lour la présence de la sensibilisatrice spécifique dans le sang des individus et des animaux atteints d'échinococcose. Nous n'avons point l'intention d'étudier ici cette réaction de Bordel-Gengou appliquée au diagnostic. de Péchinococcose, mais nous sommes amené à en parler incidemment au sujet d'une note de M. Weinberg intitulée : « Valeur comparée des deux procédés de laboratoire (dévialion du complémentel
(1) Ghedini. Gaz. degli ospedali e della clinische, 1907, n° 6 et 45. (2) Weinberg. C.°R. Soc. Biol, 33 janvier 1909, p. 135.
ne précipilo-diagnostic) en vue du diagnostic de l'échinococcose ». M. Weinberg ayant examiné le sang de TT MOUTONS échinococciques n’a trouvé le précipito-diagnosue positif que dans 3 cas, douteux dans 2 et négatif dans les 6 autres. Par contre il Fa trouvé fortement posilif chez un chameau échinococcique qu'il a eu l’occasion d'examiner (1). Chez L'HOMME la valeur du précipilo-diagnostic ne serait pas plus grande que chez l'animal, puisque, d'après celauteur, sur 7 cas de kyste hydatique, la réaction précipitante n'élait présente que dans ? cas.
Ces expériences de Weinberg ne doivent pas, à notre avis, être admise sans conteste et sans critique; car leur auleur ne nous renseigne nullement sur le détail de la tecnique qu'ila utilisée dans ses expériences. Nous n'avons aucune indication sur la durée du séjour à l’éluve des tubes à réaction. Or, comme nous l'avons vu précédemment, la précipitation, très lente à se produire, peut ne se manifester qu'au bout de 18 à 24 heures. M. Weinberg a-t-1l attendu ce laps de temps avant de conclure à l’absence de précipitation ?
D'autre part, M. Weinberg utilise comme antigène le liquide hydalique de mouton el non celui de l’homme, comme le font Fleig et Lisbonne. Peut-être faut-il voir dans cette différence de technique une cause d’insuccès de M. Weinberg. Rien ne prouve actuellement, en effet, que les liquides hydatiques de provenance animale aient toujours la même constitution chimique que ceux de provenance humaine et puissent être efficacement substitués à ces derniers pour le précipito-diagnoslice chez l'homme.
(1) Weinberg et Vieillard. Soc. centrale de médecine vélérinaire, 21 janvier 1909.
Quoi qu'il en soit, le fait caractéristique reste: que M. Welsh et Chapman, en employant du liquide hydatique d'origine humaine, ont obtenu 9 fois une précipitation spécifique dans 9 cas de kystes hydatiques.
De plus, M. Weinberg mélange le sérum au liquide hydatique à parties égales. L\ peut-être encore se trouve la raison du faible précipité qu'il a obtenu avec le sérum
| normal. Les proportions indiquées par Welsh et Chapman È nous paraissent plus aptes à éviter cetle cause d'erreur. | Remarquons, en finissant, que la méthode du précipito- | diagnostic est infiniment moins compliquée que la méthode
de la déviation du complément de Bordet-Gergou.