‹ Etude sur le Problème de la Classification des SciencesChapitre 15 sur 17 · FN L · texte numérisé non relu

FN L

get JT n rit DE NT COMENT (Pet CE AU ETS

Lt, ES

. Un autre rôle de la philosophie est de fonder la morale et de la proclamer la plus importante des sciences pratiques. Socrate, Platon, Aristote, l'avaient ainsi compris. Ils estimaient leurs conclusions morales la plus grande récompense des efforts de leur pensée. La plupart des philosophes de tous les temps ont jugé de même. Ceux qui se sont préoccupés de proposer une classification des sciences ont presque toujours placé la morale à un sommet. La juste place de la morale est, en effet, de dominer toutes les connaissances humaines dont aucune ne lui sera inutile.

L’homme peut vivre comme il doit vivre sans avoir étudié et sans connaître la morale. Il ne peut pas décider sa pensée et son action sans avoir eu le sentiment de sa liberté et de ses obligations et sans être éclairé de ce que son intelligence, au moins empiriquement, lui fait voir. Des croyances pures qui ne correspondraiïent pas à ce qu’il sent et à ce qu’il sait ne le font pas agir et ne tardent pas à disparaître. C’est dans la mesure de ses convictions arrêtées que la constance des mêmes actions et le caractère d’un homme se manifestent. Comme on comprend ce qu'est la vie humaine et son prix, on a plus de chances et de facilités de la conduire.

Les sciences expérimentales, la connaissance si complète soit-elle des lois des phénomènes, ne peuvent pas fonder la science morale. Pour ses actions qui portent sur les êtres qui l’entourent, l’homme, comme il usait de ses connaissances empiriques, usera de la connaissance des lois scientifiques, pour mieux assurer son bien-être matériel, qu’il sait d’ailleurs temporaire. Mais les lois scientifiques ne sont que lexpression des déterminismes dont les effets, suscités à propos, deviennent utiles ; on

RS

rattachent à tout le système des connaissances scientifiques. La philosophie, par sa plus haute préoccupation d’amener les hommes à la vertu totale qui est la justice, comme elle n’ignore pas que les lumières de l’intelligence humaine n’excluent pas les doutes ni les influences sur la volonté des pires sollicitations sensibles, prédispose à la parfaite acceptation des lumières qui ne se contesteront pas et des secours supérieurs qu’elle-méme ne saurait donner. |

5i le besoin d’une esthétique raisonnée, l’utilité pour les sciences d’une logique, n’y suffisaient pas, la seule exigence de la morale justifierait la spéculation philosophique qui durera comme l’humanité.

Page 1