VI. LE TRAITEMENT DES PNEUMOTHORAX SPONTANÉS
Nous serons brefs sur ce point, car pour exposer les différents procédés préconisés et pour les discuter 1l faudrait consacrer un travail entier. Nous envisageons rapidement le traitement comme un des facteurs du pronostic qui devrait être le plus important, mais qui, malheureusement, ne joue actuellement qu'un rôle accessoire.
Au début du pneumothorax, le traitement a certainement une influence importante sur l’évolution ultérieure. Le médecin a deux tâches à ce moment-là : soutenir l’état général et surveiller l’état local, prêt à intervenir pour diminuer la pression intrapleurale. Le traitement général consiste essentiellement à soutenir le cœur dont la défaillance détermine la plus grande partie des morts rapides à cette période-là. Nous n'insistons pas sur ce traitement qui doit mettre en œuvre les toni-cardiaques classiques : huile camphrée, caféine, digitaline, onabaïne; qui. doit calmer la douleur par la morphine et qui doit soulager la dyspnée par des inhalations d'oxygène.
Le traitement local est beaucoup plus discuté. Tant que tous les pneumothorax suffocants ont été attribués à un orifice en soupape, l'évacuation de l’air a semblé un procédé logique pour faire cesser les accidents dûs à l’hyperpression intrapleurale. Bard, en exposant sa théorie, qualifie la thoracentèse de procédé illusoire. Ce procédé
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n'a actuellement que des indications d'exception, et on est d'accord de considérer le soulagement qu’elle apporte de tout à fait passager. Cette opération doit toujours être pratiquée avec beaucoup de précaution, sans aspiration, de préférence selon le procédé de ponction capillaire préconisé par Béclère. P. E. Weil et Isch-Wall pensent que dès ce moment l'injection d'huile dans la plèvre constituerait un traitement calmant les phénomènes alarmants du début et prévenant les complications à venir.
On a beaucoup discuté ces derniers temps sur le traitement des pneumothorax infectés, purulents. Nous ne voulons reproduire ici cette discussion dont les conclusions ne semblent pas se dégager encore avec assez de neîteté. Pour nous, tout est dans l'existence ou non d'une fistule broncho-pleurale. T'ant que cette fistule persiste, toute tentative de drainage de la plèvre est insuffisante. La plèvre, transformée en vériéable tonneau des Danaïdes, se remplit de pus au fur et à mesure qu’on la draine. Au contraire quand la communication de la plèvre avec les bronches est oblitérée, tout traitement réussit, que ce soit l’oléothorax (Bernou), l'incision pariétale (M. Renaud), l’injection d'air stérilisé (Dumarest et Murard) ou même la simple ponction.
La distiction fondamentale entre pneumothorax fermé et pneumothorax ouvert influence hautement la thérapeutique qui est actuellement encore impuissante à supprimer la fistule broncho-pleurale.