partie occupée par le ptérygion.. J’ai imaginé, pour re
médier à cel inconvénient, de combiner le déplacement du ptérygion, soigneusement disséqué et cautérisé, avec une abrasion conjonctivale fournissant deux lambeaux, supérieur et inférieur, qui, par torsion et suture, viennent largement combler la lacune constituée par le déplacement du ptérygion... Sur six cas, suivis depuis 1888, il ne m'est pas arrivé d'enregistrer un seul insuccès. »
Avant d'arriver au procédé de M. le professeur
Gayet, disons d’abord comment nous comprenons les récidives fréquemment notées, à la suite de la plupart des opérations précédentes.
Sans parler des conséquences fâcheuses, succédant à l’ablation de larges ptérygions, telles que : adhérences conjonctivo-palpébrales, gène des mouvements de l’œil, dipiopie... supposons un ptérygion de moyenne grandeur : enlevons-le : que la plaieainsi produite soit ou ne soit pas suturée, qui ne voit qu’à ce niveau va se former un tissu de cicatrice, réalisant, on ne peut mieux, la bride cicatricielle qui représente pour nous la phase initiale du ptérygion ? De plus, la rétraction de cette cicatriceest on ne peut plus favorable à la marche de l’onglet, par suite du tiraillement qu’elle exerce sur la cornée. |
Au fait, M. le docteur Chibret a résolu, pour sa part, le problème posé à la sagacité des chirurgiens : et nous ne nous étonnons pas que sa méthode lui ait procuré de beaux succès. Mais, antérieurement à sa publication, M. le professeur Gayet, mettait déjà en pratique un procédé, tendant au même but, mais y arrivant
par des moyens tout différents et découlant des notions de pathogénie que nous avons longuement exposées.
Traitement de M. le professeur Gayet. — Lorsqu'on intervient, dans le cas de ptérygion, ce n’est pas contre la partie conjonctivale de celui-ci qu’est dirigée, le plus ord'nairement, l'opération. Ce qui importe surtout, c’est d'arrêter la marche de l'affection. Or, nous l'avons déjà dit, l'onglet progresse parce que le ptérygion forme une bride résistante et trop courte, tiraillant la cornée dans les mouvements un peu forcés du globe oculaire. Si nous voulons remédier à cet état de choses, il est rationnel de penser que nous obtiendrons peut-être satisfaction, en allongeant et non en raccourcissant encore le tissu morbide.
Partant de ces données, M, le professeur Gayet procède alors de la façon suivante: l'œil malade ayant été, au préalable, anesthésié par la cocaïne et les paupières maintenues écartées, on sectionne, verticalement, le ptérygion en son milieu. Les deux moitiés ainsi formées se rétractent alors; l’une vers la base, l’autre vers la cornée, déterminant ainsi une plaie, de grandeur variable, suivant l’élasticité du tissu, et affectant la forme d’une feuille de myrthe.
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Si les choses en restaient là, nous ne serions guère plus avancés: un tissu cicatriciel se formerait qui, par sa rétraction, rendrait le ptérygion encore plus court
qu'avant l'intervention.
Par contre, taillons dans la conjonctive, au-dessus
ou au-dessous du ptérygion, un petit lambeau trian à
gulaire.
Relevons-le et, tordu sur sa base, appliquons sa face cruentée sur la plaie intermédiaire aux deux bouts du Ptérygion. Trois points de suture, l’un supérieur, deux latéraux, le fixent dans cette position.
Par le fait de celte autoplastie, nous avons donc allongé le ptérygion ce toute la largeur de ce lambeau, Si cetle largeur est suffisante pour avoir rendu à l’œi!
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la liberté de ses mouvements, rien n'incite plus l’onglet à poursuivre sa marche. Cependant, par mesure de prudence, M. le professeur Gayet complète l’opération en enlevant, au moyen des ciseaux droits, la partie du ptérygion qui empiète sur la cornée: cette excision partielle est suivie d’une cautérisation au thermocautère, qui agiten détruisant les micro-organismes crrant à ce niveau, comme le veulent MM. Poncet (dé Cluny) et Martin, et surtout, à riotre point de vue, en substituant au tissu propre de l'onglet, un tissu solide, cicatriciel,' pouvant opposer une barrière résistante à l'invasion des leucocytes et des microbes, alors même que le ptérygion exercerait encore une traction sur la cornée, Ë
Après l'opération, l’œil est enduit de pommade jaune et on applique un pansement antiseptique.
Les premiers jours, le lambeau est un peu tuméfié : il faut environ 10 jours pour qu’il soit cicatrisé : à ce moment, ont peut déjà constater que l'œil se meut facilement et que la plupart des phénomènes dont se plaignait le malade (astigmatisme, diplopie) ont disparu,
Pas n’est besoin de suturer la plaie produite par la dissection du lambeau; elle se cicatrise facilement ; d'ailleurs, son peu d’élendue et son siège ne gênenten rien les mouvement du globe de l'œil.
Près de quinze malades ont été opérés, d’après cette méthode, depuis 1891. Nous regrettons fort que la lenteur deé rouages administratifs ou le peu d’intérèt que porient certains maires aux études scientifiques,
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ne nous aient pas permis de publier un nombre d’obscervations plus considérable.
La faute en est à ces messieurs, qui ont gardé, avec les échantillons de leur prose, les timbres pour la réponse. à
Il n’y a pas de petites économies.
On nous rendra tout au moins cette justice que, pour favorables qu’elles soient à la thèse que nous soutenons, les 4 observations qui suivent ont été prises an hasard et non choisies parmi beaucoup d’autres. Ce sont les seuls cas où nous ayons pu avoir des nouvelles éloignées de nos malades.