CHAPITRE VI
Les charges
Une politique prudente s'impose. Le Maroc est encore un pays relativement pauvre, habitué à un minimum d'administration et de dépenses publiques. Il ne faut pas du jour au lendemain lui imposer un trop lourd fardeau. Surtout il y a un choix à faire dans l’aménagement des dépenses. Comment serat-il dirigé ?
Le service de la Dette est une dépense qu’on ne peut discuter. Il y a ensuite les dépenses d’administration proprement dite, les frais généraux de personnel et de matériel ; il faut les réduire au minimum ; il serait inutile et mème dangereux de les laisser croître. Il y a cependant des dépenses de cet ordre qu'on ne peut restreindre, ce sont celles du sultan et des principaux personnages maghzen ; le respect des traités et des considérations politiques nous obligent à ne pas lésiner sur la liste civile et les traitements des membres de l'entourage du sultan. Un certain nombre de services publics sont indispensables et d’ailleurs concourent indirectement
Colomb 12
à la prospérité générale. En dehors de cela il faut dépenser largement pour l'outillage économique, dépense productive, nécessaire pour la mise en valeur du pays, génératrice de l’essor économique et de recettes budgétaires nouvelles. Les dépenses sont les unes courantes, effectuées sur crédits budgétaires an-
nuels, les autres extraordinaires sur fonds d'emprunt.