III. — Assistance médicale
L'assistance médicale au Maroc se propose un triple but : assurer des soins aux colons européens,
soulager les souffrances des indigènes, enfin amé-
liorer la situation sanitaire générale par des mesures d'hygiène et de prophylaxie. L'assistance aux indigènes en particulier est une des tâches les plus intéressantes de l’administration ; elle remplit un but humanitaire que la France ne peut méconnaître ; de plus elle est le plus puissant moyen de pénétration que nous ayons à notre disposition. Les Marocains dépourvus de toute notion de médecine, livrés jusqu'ici aux soins barbares de vagues sorciers, ont la plus grande confiance dans nos médecins et viennent en foule à leurs consultations.
Dès 19041e gouvernement avait créé des dispensaires gratuits au Maroc. Plus tard des hôpitaux ouverts également aux indigènes et aux Européens ont été crées à Tanger, Casablanca et Fez ainsi qu’un Institut Pasteur à Tanger. Lors de notre occupation d’Oudjda et de la Chaouïa et à chaque pas en avant de nos troupes, les médecins militaires ont ouvert des infirmeries.
C'était du provisoire. Il a fallu créer une organisation plusrationnelle, donner à ce service des moyens plus puissants en personnel et en matériel, faire appel à des médecins civils, les médecins militaires ne pouvant plus faire face à ce surcroît de labeur en dehors de leurs occupations personnelles. Un règlement a organisé ce service dans le Maroc occidental.
Le service de l’Assistance est divisé en deux zones :
1° Zone des territoires civils et des villes qui com-
prend les principales villes du Maroc et les régions administrées par le contrôle civil. Là les soins sont donnés par des médecins civils pour le recrutement desquels il a été institué un concours et qui devront plus tard être employés exclusivement. Pour le moment il y a en outre des médecins militaires hors cadres rétribués sur le budget du protectorat.
2° Zone d'occupation militaire comprenant le reste des territoires occupés, où le personnel appartient à l’armée.
Les Européens sont soignés actuellement dans les hôpitaux militaires. Il est question de créer pour eux seuls un hôpital à Casablanca et dans les autres villes des annexes aux hôpitaux militaires.
L'assistance aux indigènes comporte des postes fixes et des groupes sanitaires mobiles. Il y a des postes fixes dans les villes et autour des camps sédentaires ; ils comprennent des infirmeries où des consullations sont données et des dispensaires où les malades peuvent être hospitalisés. Les groupes sanitaires mobiles, à raison de un par région, vont de tribu en tribu donner des consultations. Formations fixes et formations mobiles fonctionnent sans l’autorité du Commandant de Région.
Dans le Maroc oriental il y a un dispensaire dirigé par un médecin militaire à Oudjda et dans les postes des infirmeries indigènes où le service est assuré par
des médecins militaires.
Pour l'hygiène générale et la prophylaxie, on a institué dans chaque ville un Conseil d’hygiène qui prescrit les mesures nécessaires pour faire disparaître les causes d’insalubrité ou de contagion. Une
inspection sanitaire fonctionne dans les écoles.