SECTION IV
Dépenses extraordinaires.
Les dépenses extraordinaires qui vont être faites prochainement concernent l'outillage administratif et économique qui est le point de départ nécessaire de l’organisation et de la mise en valeur du Maroc.
1° Outillage économique. — a) Port de Casablanca. Il n’y a pas d’abri naturel sur la côte de l’Atlantique et aucune rade n’a reçu les aménagements nécessaires. Le débarquement et l’'embarquement sont ren-
dus très difficiles et le commerce est souvent para-
lysé par le mauvais temps. On a décidé de faire porter tout l'effort sur un seul port ; Casablanca a été choisi plus peut-être à cause de l’importance des intérêts déjà engagés là, qu'à raison de ses qualités naturelles. Une somme de 50 millions a été prévue ; d'ores et déjà on la considère comme ne pouvant suffire.
b) Routes. Pendant plusieurs années encore, ce sera le seul moyen de communication au Maroc. Le projet de réseau établi par l'administration s’efforce de ne faire double emploi ni avec les routes militaires qui ne sont que les anciennes pistes sommairement améliorées par le génie, ni avec les futures lignes de chemins de fer. Il sera construit 1.465 kilomètres coûtant 36.250.000 francs.
c) Études de chemins de fer. L'accord franco-allemand du # novembre 1911 à stipulé que l’adjudication de la ligne Tanger-Fez aurait lieu avant celle de toutes les autres. Au sujet de cette ligne les études sont terminées et l’entente est près de se faire avec l'Espagne. Mais elle n’aura pour nous aucun intérêt politique ni économique ; au contraire elle risque de détourner tout le trafic de notre zone vers Tanger au détriment de nos ports. Le Parlement a tenu à affecter 500.000 francs à l’étude de nouveaux tracés.
d) Postes, télégraphes et téléphones. Il faut au nouvel Office chérifien des lignes et des postes télégra-
phiques et téléphoniques, des bureaux postaux ou Lé-
BD légraphiques. Il lui sera alloué 11 millions pour cet objet.
e) Travaux municipaux. Les villes doivent entreprendre l’exécution d’un programme d’assainissement et de viabilité. Elles ne peuvent le faire avec leurs propres ressources. Des subventions sont nécessaires à concurrence de 7.500.000 francs.
f) Premières dépenses nécessitées par la mise en valeur des forêts du Maroc : 3 millions.
g) Agriculture. Pour que l'administration puisse renseigner et guider les entreprises agricoles, il importe qu’elle crée des champs d’essai. En outre des travaux de desséchement de marais et d'irrigation sont indispensables. Un crédit de 2 millions est ouvert.
h) Éxécution de la carte du Maroc : 500.000. Le service de l’armée sera chargé de notre opération.
i) Premiers travaux d’exécution du cadastre 1.500.000. IL s’agit d'établir le cadastre des villes et de leur banlieue. Les propriétaires pourront être appelés à contribuer.
j) Monuments historiques : 1 million. Ce crédit servira à cataloguer et à réparer les monuments.
2 Outillage administratif. — a) Aménagement provisoire de la résidence générale et des services administralifs à Rabat : 3 millions. Les crédits élevés demandés tout d’abord par le gouvernement semblaient impliquer l'installation à Rabat à titre définitif de l’administration centrale du Maghzen et du
Protectorat. La commission des affaires extérieures de la Chambre a cru devoir marquer aue cette installation n’aurait qu’un caractère provisoire et a en conséquence considérablement réduit les crédits.
b) Installation des services administratifs dans les villes autres que Rabat : 2 millions.
c) Installation des services judiciaires et pénitentiaires : 2 millions.
d) Construction, aménagement, installation d’hôpitaux, d’ambulances, de dispensaires, de bâtiments divers pour l'assistance médicale : 10 millions.
e) Construction, aménagement, installation d’écoles, de collèges, de bâtiments divers pour l’instruction publique : 10 millions.
Le total s'élève à 140.250.000 francs qui sont à prélever sur le montant de l’emprunt autorisé par la loi du 16 mars 1914.