C. — Sclérose expérimentale infectieuse
Elle répond à la sclérose décrite par MM. Gharcot et Gombault, Aufrecht, etc., à la suite de la ligature de l'uretère pratiquée sans précautions antiseptiques.
Lorsqu'on répète ces expériences, on risque d'obtenir des reins suppures et non des reins scléreux; mais dans certains cas, ce dernier état succède à l'inflammation du début.
Une fois, en injectant une culture peu virulente de la bactérie pyogène, j'ai vu un lapin survivre assez longtemps pour n'être sacrifié que le seizième jour. Chez lui l'infection était restée localisée au rein dont l'uretère avait été lié. Dans le bassinet et dans le rein il existait encore un certain nombre de bactéries décelées par la culture.
Le rein, de couleur rosée, présentait un volume normal, et à la coupe on voyait qu'il formait une coque épaisse de 8 millimètres, distendue par le liquide puriforme qui bai-
, ( NÉPHRITES INFECTIEUSES EXPERIMENTALES
gnait le bassinet. Il n'existait plus trace des papilles, et dans la substance rose du rein, on ne distinguait plus que très difficilement la portion corticale. Il n'existait pas dans ce rein de traînées purulentes, mais à la surface on voyait un petit abcès miliaire à pus caséeux.
Les parois épaissies du bassinet et des calices étaient tapisse'es par une épaisse fausse membrane adhérente, de couleur grise.
A l'examen microscopique, ce rein présentait les lésions scléreuses décrites par MM. Charcot et Gombault :
Prolifération du tissu conjonctif, infiltration embryonnaire en foyers. Cylindres tubulaires ; organisation fibreuse du tissu embryonnaire. Assurément il y a eu à un moment donné des foyers suppures, mais au moment de la mort, ils étaient guéris et la sclérose prédominait. Du reste, dans les expériences de MM. Charcot et Gombault et dans bien d'autres, on a vu la sclérose succéder à l'inflammation sans qu'il y ait eu de formation de pus. L'expérience que je viens de résumer enseigne que, même avec des cultures pures, on pourrait observer des résultats semblables : pour les produire à coup sûr il faudrait une connaissance plus exacte de la virulence du micro-organisme.