‹ Étude sur le rein des urinairesChapitre 16 sur 39 · REMARQUES CLINIQUES J · texte numérisé non relu

REMARQUES CLINIQUES J

ces foyers et on comprend encore que les substances solubles sécrétées par les organismes, dissoutes dans l'urine, aillent produire loin du foyer principal une irritation moins vive. On comprend encore que les microbes acquérant une virulence supérieure, se trouvant en plus grande quantité, ou une nouvelle espèce d'organismes intervenant dans le processus, la néphrite scléreuse se trouve transformée en néphrite suppurée. Les foyers embryonnaires de la sclérose ne sont que des abcès avortés ; les phagocytes ont détruit les microbes et le tissu embryonnaire peut s'organiser en tissu adulte.

C'est ainsi que l'étude anatomique nous donne la raison des poussées aiguës observées en clinique, et que la transformation de la néphrite scléreuse en néphrite suppurée devient facile à comprendre.

Remarques cliniques sur les néphrites scléreuses

L'étude clinique de ces malades a été trop bien faite par notre maître, M. le professeur Guyon, pour que nous nous attardions à décrire ici leur symptomatologie.

Nous dirons simplement que les poussées de fièvre à grandes oscillations présentées par ces malades, correspondent à des poussées de néphrite descendante à forme anatomique variable : nous le démontrerons plus loin à propos des néphrites descendantes.

Il existe des cas où la sclérose rénale est latente : même le ballottement rénal de M. Guyon et la polyurie peuvent faire défaut; la quantité d'urine peut être normale et le liquide ne présenter qu'un léger trouble. Les observations XXVII, XXIX, XXX en sont des exemples. Dans ces cas obscurs le diagnostic delà lésion rénale peut être établi, je pense, par trois symptômes presque constants : l'albumi-

NEPHRITES ASCENDANTES

nuric ; la diminution considérable de la quantité d'urée; l'existence de cylindres rénaux dans les urines.

Albuminurie. — Chez presque tous les urinaires examinés à ce point de vue, et ils sont bien plus nombreux que ceux dont l'observation est rapportée dans ce mémoire, l'albumine existe dans les urines et cela, bien entendu, en dehors de la pyine. Il est très rare de voir dans le service de Necker un malade rénal sans albuminurie. Cette albumine est rétractile, indice, d'après M. Bouchard, de lésions rénales.

La quantité d'albumine varie beaucoup d'un malade à l'autre; certains n'en présentent que des traces ; un plus grand nombre ont de 5o centig. à i gr. 5o d'albumine par litre ; quelques-uns, très rares, dépassent deux ou trois grammes par litre. Quand chez un urinaire on voit plusieurs jours de suite l'albumine dépasser ces chiffres, on peut dire qu'il ne s'agit pas d'une néphrite chirurgicale. C'est ainsi que dans l'obs. III on voit i5 grammes d'albumine par litre, et qu'à l'autopsie on trouve un rein amyloïde ; que, chez un autre malade lithotritié par M. Guyon, la quantité d'albumine variant de 6 à 8 grammes, une étude minutieuse fit découvrir une néphriue interstitielle médicale.

Il est à remarquer que lorsque chez un urinaire on trouve une quantité donnée d'albumine, i gr. par exemple, on peut faire vingt, trente examens de suite sans qu'il existe la moindre variation dans ce chiffre. Il existe en somme chez les urinaires rénaux une albuminurie rétractile presque constante, fixe et peu considérable (moyenne 5o cent, à i gr. par litre .

La diminution de la quantité d'urée est moins facile à chiffrer, car il s'agit de vieillards, et la désassimilation normale chez l'homme âgé varie beaucoup d'un individu à l'autre. On peut prendre comme moyenne le chiffre de 12 g. 69

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