‹ Étude sur le rein des urinairesChapitre 8 sur 39 · INFECTION SIMPLE · texte numérisé non relu

INFECTION SIMPLE

microbienne pure sont rares ; presque toujours il s'agit à la fois d'une ascension locale, la bactérie pénétrant dans les canalicules du rein, et simultanément d'une infection du même rein ou du rein opposé, consécutive à la pénétration des bacilles dans le sang et à leur élimination par les reins. Gela est nettement démontré par la localisation des lésions à la fois rayonnante, médullaire et embolique, dans la substance corticale (Obs. IX). Dans d'autres cas il s'agit de néphrites descendantes pures ; le microbe a pénétré dans le sang et s'élimine par les reins (Obs. II et IV), en déterminant une néphrite à manifestations variables.

Dans deux observations, la néphrite par infection simple était due au streptococcus pyogenes. Dans le premier cas il s'agit de la variété descendante pure. C'était un malade qui, à la suite de la dilatation brusque de l'urètre, avait eu une prostatite suppurée suivie de phlébite périprostatique ; l'infection purulente survint accompagnée de ses symptômes habituels, et à l'autopsie, le streptococcus pyogenes fut trouvé dans les organes y compris le rein. La lésion rénale était accompagnée de lésions comparables des autres viscères, et produites par des streptocoques visibles dans les vaisseaux ; elle consistait en une néphrite diffuse à prédominance épithéliale (Obs. XVII). On le voit, si la porte d'entrée a été dans ce cas l'urètre, l'infection est semblable à une infection chirurgicale ordinaire ; mais il reste établi que certaines néphrites descendantes infectieuses, survenant chez les urinaires, peuvent être dues au streptococcus pyogenes.

Le rôle du streptococcus est confirmé par l'observation d'un autre urinaire, mort le 7 octobre d'infection rénale ascendante et d'infection générale produite par cet organisée.-Ce cas est cité dans le courant du mémoire et on trouvera les détails dans l'observation XXIII, p. 170.

40 NÉPHRITES INFECTIEUSES

3° Infections combinées (i)

Dans les huit cas de néphrite par infection combinée que j'ai pu étudier chez l'homme, un des organismes associés était la bactérie pyogene ; avec elle il existait :

4 fois des microcoques. Obs. XII, XVI, XXI, XXII.

3 fois un bacille. Obs. I, XIII, XIV.

i fois le streptocoque. Obs. XIX.

Les néphrites ainsi produites peuvent présenter les mêmes variétés que celles qui ont été précédemment analysées ; c'est ainsi que la lésion rénale peut être due à la simple ascensioîi des micro-organismes. L'observation I, page iii, en est un bel exemple. Ce malade avait un cancer de la vessie oblitérant un uretère, tandis que le rein du côté opposé présentait les lésions de la néphrite diffuse suppurée; la cachexie amena la mort.

L'autopsie fut pratiquée en hiver, trente heures après la mort, et, tandis que le sang et le rein aseptiquement oblitérés ne contenaient pas d'organismes, on en trouvait, par la culture, deux variétés dans le rein suppuré. La première, bien connue, est le bacterium pyogenes; la seconde, que je n'ai pas déterminée, était un bacille court, bien plus grêle que le précédent, et différant en outre par deux caractères essentiels : i° ce bacille est colorable dans les coupes par la méthode de Weigert sans le passage préalable dans le liquide de Mûller; 2° sa culture liquéfie la gélatine.

Mais l'infection combinée peut être descendante ou mixte, à la fois ascendante et descendante ; les observations de cette catégorie sont les plus communes dans ce groupe d'infections. Dans ces cas, l'étude des cultures sur plaques montre les colonies isolées des différents microbes, et dans

(i) Toutes ces autopsies ont été pratiquées, sauf une, dans un délai variant de une heure et demie à dix-huit heures après la mort.

INFECTIONS COMBINEES 4y

les simples inoculations par piqûre, on verra d'ordinaire un début de culture, qui paraît pure, du bacterium pyogenes, puis, vers le troisième jour, la liquéfaction commence. Cela se comprend bien, étant donné la grande rapidité du développement du bacterium sur la gélatine. Il est bon d'être prévenu d'une erreur que nous avions naguère commise. Parfois, sur deux tubes ensemencés avec des points différents du même rein, on obtient une culture liquéfiante et une autre non liquéfiante. Nous avions pensé à une contamination accidentelle de la culture. Or, en étudiant les néphrites expérimentales, j'ai vu des colonies isolées de microbes différents séparées par de larges étendues de tissu sain, et j'ai fait une constatation semblable dans les reins de l'homme (Obs. XIII). Ce fait explique la possibilité de l'ensemencement isolé des deux variétés d'organismes. Nous démontrons dans ce travail que la néphrite combinée ascendante de l'homme peut être produite par deux bacilles, l'un liquéfiant, l'autre non liquéfiant. Peut-être pourrait-on expliquer ainsi l'assimilation, faite par Doyen, de la bactérie de la néphrite ascendante à un proteus de Hauser.

Nous établirons plus loin que les néphrites des urinaires peuvent exister avec ou sans infection générale de l'organisme. Il y a à cet égard une importante remarque à faire. L'infection rénale et l'infection générale peuvent appartenir à un même type; c'est-à-dire que, si la première est causée par deux organismes, la seconde est due elle aussi à leur action combinée (Obs. XIX, expér. XIX) ; mais il peut se faire que la lésion rénale ascendante étant mixte, déterminée par deux microbes, on n'en retrouve plus qu'un seul dans le sang. Dans ces cas, l'infection rénale est mixte, tandis que l'infection générale est simple (Obs. XXI).

Il serait intéressant de déterminer, dans les observations, ce qui revient à chacun des organismes associés, dans la

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