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Il pourrait être substitué au savon médicinal, comme excipient,des pilules purgatives, spécialement des pilules d’aloës. Il se ramollit facilement et s’incorpore avec facilité aux poudres médicamenteuses.
On ne peut pourtant pas l’employer à la préparation du baume opodeldoch, parce qu’il est très soluble dans l'alcool et ne donne pas au mélange la consistance voulue. Pour le préparer, M. Giffard, qui s’est beaucoup occupé des ricinoléates, conseille le procédé suivant : 250 gram. d'huile de ricin sont mêlés avec 100 gr. de lessive des savonniers. Au bout de quelques jours, avant que le savon ne devienneitrop dur, on le malaxe avec les mains dans une solution saturée de chlorure de sodium, et on le laisse sécher. Un mois après, il est neutre au protochlorure de mercure.
M. Giffard conseille l'introduction des ricinoléates ‘en pharmacie. Il a expérimenté le ricinoléate de magnésium à l'intérieur, et il a constaté que ce produit conservait les propriétés purgatives de ses deux composants.
On prépare le ricinoléate de magnésium par double décomposition, en versant dans une solution de sulfate de maonésium une solution neutre de ricinoléate alcalin.
Le précipité blanc cailleboté qui se forme est lavé à plusieurs reprises sur un filtre ou une toile. Chauffé dans une capsule, il vient se réunir à la surface de l’eau de lavage en une mousse blanche, de consistance emplastique et parfaitement homogène. Il fondà 65°, il estinsoluble dans l’eau; mais l’éther, le chloroforme et l'alcool le dissolvent. Ses solutions alcooliques ou éthérées, abandonnées à une lente évaporation, le laissent déposer sous forme d’aiguilles cristallines soyeuses. |
Le ricinoléate de fer est soluble dans l’éther. Si, comme l'indique M. Giffard, on l’employait au même titre que les
— 43 — a autres ferrugineux, on éviterait, peut-être, la constipation qui est l’un des inconvénients ordinaires de cette médication.
Le savon de plomb s’obtient directement, comme l’emplâtre simple du Codex. Il durcit beaucoup moins vite que ce dernier, et pourrait lui être substitué avec avantage dans la préparation des sparadraps agglutinatifs.
Traitée par l’ammoniaque, l’huile de ricin donne une amide : la ricinolamide. Pour obtenir ce corps, on fait passer un courant d'ammoniaque dans une solution alcoolique d'huile de ricin, contenue dans des bouteilles en verre fort. On les bouche soigneusement, et on les chauffe pendant 3 ou 4 jours au bain de sable (Carlet). Il se dépose sur les parois du vase une matière blanche ; si l’alcool n’est pas en quantité suffisante, le tout se prend quelquefois en masse. Enfin, on évapore au bain-marie la liqueur alcoolique décantée. On obtient ainsi une masse blanche qu’on exprime et purifie par cristallisation.
Le chlorure de- chaux, suivant M. Chautard, agit sur l'huile de ricin, comme sur les différents alcools et leurs aldéhydes. H donne naissance à une liqueur jouissant des propriétés du chloroforme.
De même qu’on s’est demandé quel était le principe actif de la graine de ricin, de même on s’est demandé quel était celui de l’huile.
Les uns se sont dit que le principe devait provenir de la graine, et que l’huile avait dû en emporter une certaine quantité.
Bussy et Lecanu pensent que l'huile de ricin, différant des autres huiles par sa composition chimique, peut bien ne devoir qu’à sa nature même ses propriétés purgatives. Si ce raisonnement suffit pour expliquer la propriété purgative
PRE HAE de l’huile, il est loin d’être satisfaisant pour RP l’action cathartique des semences.
Soubeiran a essayé de démontrer que ces qualités purgatives provenaient d’une résine âcre dont il à constaté la présence par le procédé suivant: on traite l’huile par la quantité de potasse exactement nécessaire pour la saponifier ; on dissout le savon dans l’eau et on précipite la solution par le chlorure de calcium. On lave à plusieurs reprises le précipité avec de l'alcool concentré bouillant. Par refroidissement, la majeure partie du savon calcaire se précipite ; on passe avec expression, et on évapore la liqueur ; il reste un peu de savon calcaire avec la matière résineuse. On sépare celle-ci par l’éther qui ne dissout pas le savon. Il faut, dans cette préparation, opérer sur une grande quantité d'huile de ricin, car elle renferme peu de matière résineuse.
Soubeiran a accordé à cette résine les propriétés purgatives de l’huile, sans avoir fait aucune expérience physiologique. M. Huguet, à qui ce reproche ne peut pas être adressé, contredit de la façon la plus formelle le direde Soubeiran.Etson improbation est basée sur trois expériences. Il a suivi le procédé ci-dessus et extrait la résine de 1500 gram. d'huile de ricin. Dans une première expérience, il a pris le tiers du produit résineux, il n’a ressenti que des nausées. Dans la seconde expérience, qui eut lieu le lendemain, ila prisles 2/3 restants: nausées seulement encore. Il a alors traité de nouveau 1,500 gram. d'huile, et a pris la matière résineuse totale : le résultat a été le même absolument.
M. Huguet s’est enfin occupé de chercher, dans la graine elle-même, le principe actif. À cet effet, il a traité le tourteau provenant de l’extraction de l'huile, par l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone. Les trois extraits ainsi