V. PLUS-QUE-PARFAIT
Le plus-que-parfait actuel, étant un temps composé, ne rentre pas dans mon sujet ; mais quelques très-anciens textes nous offrent la reproduction en français du plusque-parfait latin, qui s’est perdu depuis : avret ou auvret, voldret, firet, pouret, rovéret, de habuerat, fecerat, potuerat, rogaverat, voluerat (1).
Ele colpes non avret, por o no s’ coist. — Eulalie.
A ezo no s’ voldret concreidre li rex pagiens ,
Ad une spede li rovéret tolir lo chief. — Eulalie. l’or o s’ furet morte à grand honestet. — Eulalie.
Ne vus sai dire cum il s’en firet liez. — Alexis, str. 25.
Primos didrai vos dels honora
Quie il auvret at duos seniors. — S. Léger, str. 2.
Ciel eps num avret Evrui. — S. Léger, str. 10.
Il est bien certain qu’il faut lire rovéret, rogaverat n’admettant pas plus que rogâratune autre accentuation.
Le fragment de Gormond et Isambart contient encore un plus-que-parfait qui n’a été signalé par personne : c’est dueret ( debuerat ). Comme ces plus-que-parfaits en général, il n’a que le sens du parfait (v. 624; dans Phil. Mousket, t. II, p. 32).