‹ Étude sur le scorbut en généralChapitre 10 sur 30 · MO · texte numérisé non relu

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lieux ou amphorique, indiquant la fonte de la ^ partie caséeuse. La caverne est constituée et se | reconnaît à ses signes ordinaires, raies caverneux, I gargouillement , pectoriloquie , exceptionnelle- , ment du tintement métallique. i

Les malades peuvent présenter des symptômes du côté d’autres organes. Souvent ils ont de la diarrhée : nous pouvons aussi mentionner l’anasarque et quelquefois l’albuminurie, surtout dans la dernière période.

Tous ces symptômes pulmonaires et autres s’accusent de plus en plus; les sueurs nocturnes sont abondantes et se répètent souvent plusieurs fois dans la nuit. Un amaigrissement rapide s’empare des malades, la dyspnée devient souvent considérable; les hémoptysies peuvent reparaître, et dans une telle proportion qu’elles déterminent la mort ^ subitement. Enfin, dévoré par une consomption | rapide, le malade s’éteint après une agonie plus ou moins prolongée.

Forme subaigue. — La forme que nous venons d’étudier n’est pas très-fréquente ; mais on peut la considérer cliniquement comme une affection bien déterminée, avec des caractères spéciaux, distincts, qui permettent de l’isoler. Dans la forme subaiguë, voici comment les choses se passent en général : dans le cours d’une de ces maladies fébriles communes au premier Age, ou plus rarement à la suite des mêmes affections développées chez un adulte.

un malade est atteint de broiiclio -pneumonie secondaire aiguë ; on en observe tous les signes : râles sous-crépitants, souffle erratique, submatité par places, lièvre et dyspnée intenses ; au bout de <]uelques semaines, on est frappé de voir que les symptômes persistent : on entend les mêmes râles, et même le souffle, jusqu -alors erratique, devient plus persistant, plus localisé; les râles arrivent à prendre le timbre métallique, ils sont plus sonores, la fièvre persiste, Tappétit se perd de plus en plus : la malade maigrit, s’étiole, le teint pâlit ou se cyanose , la dyspnée devient de plus en plus forte ; on observe de la diarrhée.

Les signes locaux qu’on a pu constater au début <le cette nouvelle phase deviennent plus intenses : la matité augmente d’étendue, le souffle devient peu à peu amphorique, et, à un moment donné, on observe tous les signes de cavernes bien constituées ; ces excavations paraissent disséminées, ^sans affecter plus particulièrement le sommet.

A la suite de ces lésions les enfants qui ont déjà (le la tendance aux éruptions ulcéreuses, aux -gangrènes par le fait de la maladie aiguë primitive, [peuvent voir ces diverses lésions prendre un caracîtère torpide, s’étendre même par le fait de la nouvelle cause de consomption qui vient d’envahir leur 01‘ganisme. La scène pathologique devient alors celle de l’état hectique. L’anasarque, l’albumi- I niirie peuvent s’observer, ainsi que l’oedème des I malléoles : le teint est blafai’d et les enfants suc-

cornbentàla période de cachexie la plus avancée.

Cette afTection peut se terminer en cinquante jours environ. Lorsqu’elle dépasse cette limite, elle rentre dans la forme chronique que nous allons étudier.

A l’autopsie d’un phthisique on est souvent frappé de l’étendue des" foyers d’infiltration jaune de pneumonie caséeuse, et l’on ne retrouve pas en consultant les souvenirs cliniques qu’on a gardés du malade, les symptômes par lesquels se révèle d’ordinaire la pneumonie et qui auraient dû correspondre au développement de ces foyers pneumoniques. Mais, à côté de ces cas où les symptômes sont négatifs, il y en a d’autres plus tranchés et dans lesquels les signes généraux concordent plus ou moins avec les signes locaux.

A la suite d’un catarrhe bronchique causé par refroidissement, ou par suite d’un séjour dans une atmosphère irritante , quelque fois après un simple refroidissement ou une hémoptysie, les individus déjà antérieurement phthisiques sont pris d’un léger frisson sans point de côté en général. A l’auscultation on trouve dans des points où on n’en avait pas encore constaté l’existence des râles à bulles moyennes, ou même de^vrais râles crépitants, puis du souffle. Ce phénomène s’accompagne de fièvre. 11 y a en même temps de la submatité et même de la matité. La toux peut devenir plus fréquente et aux crachats purulents ou mucoso-purulents qui existaient antérieurement on peut voir

succéder des crachats teintés de sang ou mAme franchement hémoptoïques.

11 paraît bien qu’il s’agit là d’une véritable pneumonie, quelquefois même d’une pneumonie franche développée chez un tuberculeux. Parmi ces pneumonies, il en est qui, suivant la remarque de MM. Andral, Louis et Grisolle, se résolvent comme chez un sujet antérieurement sain ; cela s’observe surtout chez ceux qui n’ont pas encore été profondément débilités par la phthisie. Dans d’autres cas, la pneumonie ne se résout qu’en partie. Le souffle disparaît et fait place à des râles de retour; mais dans un point beaucoup plus restreint que l’étendue de la partie antérieurement hépatisée et surtout au voisinage des parties anciennement malades, on voit persister de la rudesse de la respiration avec diminution de la résonnance et de l’élasticité , un certain degré de bronchophonie, et f au bout d’un temps variable surviennent dans la iinême région des craquements, puis les divers ^signes sthétoscopiques par lesquels se révèle la formation des cavernes. On voit qu’il s’agit bien là > de pneumonies survenues chez des phthisiques et •que dans un certain nombre de cas, cette affecdion intercurrente entraîne une augmentation plus ■ ou moins notable de la lésion pulmonaire préexirstante.

Entre la forme chronique, qui ne se révèle pas par des symptômes appréciables et que nous avons signalée plus haut, et la forme que nous venons

de décrire en dernier lieu, et qui est en quel([ue sorte un épisode plus ou moins aigu dans la iiiarehe de la phthisie, il y a certainement plusieurs formes intermédiaires dont les symptômes sont plus ou moins dessinés et qui répondent à la rapidité de la marche et à Fétendue variable des processus pneumoniques. — Mais nous avouons, dans \ Fétat actuel de la science, notre impuissance à bien ' dégager ce qui, dans cette symptomatologie complexe, appartient en propre à ces pneumonies jus- (ju’à présent mal caractérisées, et nous renonçons à les décrire. C’est aussi à dessein que nous avons laissé de côté quelques symptômes qui s’observent journellement chez les phthisiques. Nous avons voulu ne rappeler que ceux que les cliniciens reconnaissent appartenir en propre à la pneumonie caséeuse. Mentionnons toutefois la rougeur de la pommette et divers phénomènes du même ordre, sous la dépendance d’un trouble dans les fonctions du sympathique, qui s’observent si fréquemment, et qui peuvent, en donnant l’éveil sur l’existence d’une pneumonie, servir utilement au diagnostic. (Gubler, Perroud, Lépine.)

Forme chronique bénigne. — Il nous reste à parler d’une forme qu’on observe quelquefois dans les hôpitaux, mais bien plus souvent dans la clientèle privée.

Un malade, sous le coup d’une diarrhée, tousse un peu, sa respiration est courte, l’expectoration

[iiodérée. A rausciiltation, on trouve sous la clavinile quelques craquements et une expiration souflante; quelquefois le souffle est plus accentué. [1 n’y a ordinairement à la percussion qu’un peu ie perte d’élasticité. Le malade ne présente un peu J’essoufflement que lorsqu’il monte un escalier; DU n’observe ni sueurs nocturnes, ni hémoptysie. Sous l’influence d’un traitement ou d’une saison Dassée aux eaux, on voit ces phénomènes s’amen- 1er : il ne reste qu’un peu de diminution du bruit [•espiratoire , d’affaiblissement du murmure vésiculant, sous l’influence de refroidissements; mais [es mêmes symptômes peuvent reparaître et le trai- :ement les amender de nouveau : on a dans ces :as affaire à de la pneumonie caséeuse, le plus iouvent chez des sujets non tuberculeux.

Il est de ces malades chez lesquels on observe es mêmes signes locaux pendant des années, et nalgré cela l’état général est excellent; il n’y a [u’un peu de toux, d’expectoration et de gêne res- )iratoire en montant un escalier. Les signes locaux [ue fournissent la percussion et l’auscultation , lémontrent que l’affection peut persister longtemps ans aboutir à la formation de cavernes.

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