LÉGUMES SKCS ET FRUITS FRAIS DU PAYS
Les légumes socs du Sénégal ont donné lieu à un petit mouvement commercial mais de peu de durée. De 1870 à 1874 inclus, il a été exportt^ une quantité totale de 7,()58 kilogrammes de légumes secs.
Il en est de môme pour ce (|ui a été dénommé, « fruits frais du pays » ? De 18(58 à 1877, il a été exporté pour une valeur totale de 10,241 francs de fruits frais du pays.
MAX km; (Manihnt aipt).
Le manioc du Sénégal n'est pas un produit d'exportation, il est consommé frais et sert d'ai)point aux aliments habituels des indigènes.
Aucune exportation des produits du manioc n'a encore été faite, aucun essai de culture rationnelle en vue de l'exploitation des tuber-
cules n'a encore été tenté, et cependant le service de ragriculture vient de recommander la culture de ce produit. Cette recommandation est un peu osée, car il convient surtout au Sénégal de ne recommander que des produits n'exigeant pour être exportés aucune manipulation industrielle, et le manioc n'est pas de ceux-là. En outre pour traiter industriellement les tubercules il faut de Teau de bonne qualité, ce qui manque au Sénégal. Dans le Cayor surtout, où le manioc vient trèé bien, il n'y a pas d'eau; on a déjà construit des puits, en ce moment on en construit encore; à une date inconnue, les indigènes creusaient déjà des puits pour se procurer l'eau nécessaire à leur alimentation ; mais pour traiter les tubercules, cette eau dont le prix de revient est toujours élevé a besoin d'être filtrée. Il en est do même de Teau douce des cours d'eau ou des marigots situés à proximité des centres d'exportation.
Le manioc passe pour être originaire de TAmérique méridionale où on en rencontre des espèces sauvages depuis la Guyane et la Colombie jusqu'au Brésil et au Pérou. Au Sénégal, dans le Cayor, la culture du manioc est très ancienne et, au dire des vieux marabouts, elle y serait connue depuis que le pays existe.