PAILLE D ARACHIDE
La paille d'arachide qui constitue un bon fourrage ne s'exporte pas et il nos'pn consomme dans le pays qu'uneminime partie. Les services militaires en consomment actuellement pour la nourriture de leurs animaux environ 000,000 kilogrammes par an.
DIVEES;
On relève encore de IHOo à 1885 un petit commerce de vannerie (paniers du pays), de nattes de 18G8 à 1898, et de calebasses de 18^8 à 1885.
L'orseille que l'on récoltait sur les rochers du Cap-Vert ne s'exporte plus depuis longtemps; en 1846, il a été exporté de Gorée 19,600 kilogrammes d'orseille d'une valeur totale de 49,000 francs
En 1868, il a étc? exporté pour une valeur de 117 francs d'un produit qui a été dénommé chanvre brut.
Produits délevage
GÉNÉEALITÉS.
L'élevage au Sénégal est en ce moment négligé, et ce fait n'a rien qui puisse surprendre, car en présence du développement considérable d'un produit rémunérateur, tel que par exemple l'arachide, rindigène en abandonne d'autres pour reporter son effort producteur sur le produit en vue. C'est ce qui existe pour Télevage fait par toute autre race que la race Peule. Personne d'ailleurs ne s'occupe de cette question.
Le Sénégal où ont émigré à une date reculée des peuples pasteurs, possède certaines races spéciales de bétail énumérées dans le Manuel des cultures tropicales de Sagot et Kaoul.
Zéhus, — Les extrêmes de taille sont le zébu nain d'Abyssinie et le grand zébu du Sénégal (Bos Galla de Sait) à cornes énornaes, à long fanon de la gorge jusque sous le sternum, à taille supérieure à celle de nos plus forts taureaux d'Europe.
Le Bos triccros, caractérisé surtout par la présence d'une petite corne nasale. Le troupeau de Sor auprès de Saint-Louis possède quelques bos triceros. Il est employé comme porteur par les Maures.
Bœufs de travail et de boucherie, — La race peule (bœufs porteurs) venue dans la région avec les Peuls, est constituée par de grands zébus, à cornes fines et légèrement aplaties, yeux petits paraissant enfoncés. Cette race adoptée par les Maures est employée pour la traction et le transport.
Race bambara. — Cornes courtes cylindriques, recourbées en arc en avant, le chanfrein est droit, yeux doux bien ouverts, encolure droite et courte. Race de boucherie que l'on peut utiliser comme race laitière.
Race mandingue. — Cornes noires à leur extrémité, divergente^ en arc. Race petite utilisée pour la boucherie.
Rnce Kha.^sonké. — Petite race de travail d'une sobriété extraordinaire. Corps long, mufle et yeux noirs, cornes longues et courbées en se dirigeant en dehors et en haut.
Ces différentes races se rencontrent dans les troupeaux de Saint- Louis où d'ailleurs tout aboutft. Néanmoins la majeure partie de
Teffectif de ces troupeaux provient de cioisements qui sout faits sans choix bien déterminé.
Les troupeaux de Saint-Louis sont constitués d'une part pour l'alimentation de la ville en viande et d'autre part pour Talimentation de la ville en lait. Il est inutile de dire que la partie destinée à la boucherie comporte tout ce qui est susceptible d'être mangé, quelle que soit la race.
Le lait de vache devient de plus en plus de consommation courrante à Saint-Louis. La vente de ce laît qui se fait dans de bonnes conditions (0 fr. 50 le litre en 1899-1900) a déterminé beaucoup d'indigènes et quelques créoles, à se rendre propriétaires de vaches laitières. Il se forme là, en ce moment, une rare laitière particulière avec laquelle on arriverait vite à de bons résultats, si les sujets provenaient de croisements raisonnes, sans avoir besoin de faire intervenir des éléments étrangers à la région.
Après le bœuf vient le mouton dont la viande est de consommation courante. Les races sénégalaises ne possédant pas de laine ne sont donc élevées qu'en vue de l'alimentation.
La meilleure race est laracepeule à poils très longs, sub-laincux, que Ton ne rencontre qu'au Soudan. Un essai restreint est en ce moment tenté à Saint-Louis pour l'élevage de cette race. Taille très élevée, garrot très saillant surtout chez le mâle.
La race mandingue du Haut-Fleuve, est une race petite, trapue, basse, poil court ; on rencontre cette race dans les troupeaux de Saint- Louis.
Les deux races ci-dessus ont été étudiées par Korper, vétérinaire militaire.
La race maure, race grêle, poils assez longs, dont le rendement en viande est très faible.
Les troupeaux des Maures viennent pendant la saison sèche sur les rives du Sénégal jusqu'auprès de Saint-Louis.
Le mouton dit « Sénégalais », dont on rencontre de fort beaux sujets élevés même dans Saint-Louis.
La viande de mouton est la viande de prédilection de l'indigène, aussi pendant la fête de la Tabaski (mars ou avril) en consomme-t-il des quantités considérables ; chaque famille si pauvre qu'elle soit tue le sien, c'est une véritable hécatombe de moutons. Cette fête qui est en même temps une fête religieuse, serait-elle une réminiscence
d'une antique fête que les Hébi'cux ont aussi célébrée, et qui constituerait pour tous les anciens peuples pasteurs le lien commun d'un primitif contact.
La plus belle chèvre du Sénégal est la chèvre peule, que Ton rencontre très peu dans les basses régions. Elle est très forte et bien domestiquée.
Une autre chèvre, celle-là très commune, c'est la chèvre naine, race très rustique des pays chauds et secs. Les chèvres au Sénégal sont utilisées comme laitières et comme viande de boucherie.
A Louga en avril 1900 avec un troupeau de chèvres du Sénégal, existait un groupe particulier de 7 à 8 têtes, à cornes droites et longues, à robe tachetée, de formes très élégantes paraissant provenir d'une antilope ; il serait sans doute très intéressant d'observer cette espèce.
L'âne est commun au Sénégal, sans être de forte taille, il est robuste, rustique, et rend d'utiles services comme porteur. On voit souvent des troupeaux d'ânes chargés de denrées et marchant librement, sans aucun harnais, simplement poussés par le conducteur qui est généralement un enfant ou une femme. L'aire de dispersion de la race serait le Soudan.
La race chevaline au Sénégal prend de l'extension, le cheval est très prisé des chefs qui n'hésitent pas à sacrifier de fortes sommes pour se procurer de beaux chevaux, et il en est de même des autres indigènes qui peuvent se permettre ce luxe. Ce goût pour le cheval, et \v cheval lui-même, leur viennent sans doute de leur contact avec les peuples habitant le nord du fleuve, issus de Berbers et d'Arabes. Une des deux races que l'on rencontre semble rappeler les chevaux barbes du Nord de l'Afrique; l'autre est plus petite et d'origine inconnue. Le gouvernement vient de tenter d'améliorer la race chevaline; à cet effet un haras fut créé à Djourbel sous la direction de M. Clauzel, directeur des dépôts d'étalons de Saint-Lô, et des étalons de choix furent introduits. Cet établissement n'eut qu'une durée éphémère, car n'ayant pas donné les résultats qu'on en attendait, il fut abandonné en 1899.
Le chameau (dromadaire), ce précieux animal des régions désertiques, ne s'élève pas au Sénégal.
Les chameaux y sont cependant très nombreux pendant la saison
sèche, et sont amenés par les Maures pour servir au transport des arachides ou autres produits. Ils vieuncnl d'ailleurs en grande partie chargés, et retournent dans leur pays d'origine aux approches de la saison des pluies, emportant les produits d'échange. Il se tient à Saint-Louis un marché de chameaux, mais comme cet animal ne peut supporter l'humidité, il s'acclimate difficilement et la saison des pluies lui est fatale. Quelques-uns cependant résistent, ils acquièrent alors une valeur double et sont qualifiés t chameaux du pays ». Les troupeaux de chamelles avec leurs petits, viennent quelquefois paître pendant la saison sèche jusqu aux environs de X'Diago, point situé à 17 kilomètres de Saint-Louis.
PEODUCTErR.
Le producteur est l'indigène à quelque race qu'il appartienne, mais c'est surtout le Peul pour le Sénégal, et le Maure pour les territoires de la rive droite du fleuve.
La race peule a conservé son caractère essentiellement pastoral et de plus a communiqué en partie ce caractère aux autres races avec lesquelles elle a été en contact et en particulier aux Toucouleurs. Comme le Peul, le Toucouleur aime beaucoup le bétail, mais il est plus attaché au sol et il aime aussi beaucoup la culture; c'est ce qui manque en général aux Peuls de race pure. La race peule a cependant un groupe compact établi dans le Fouta-Djallon. Très nomade, on rencontre le Peul dans tous les endi-oits de la Sénégambie où il peut sans ennuis faire paître ses troupeaux. En 188G, le gouvernement dut prendre certaines mesures pour arrêter au marigot de Doué une émigration des Peuls dans laquelle tous les Pouls de la région allaient être entraînés. Les Peuls sont en assez grand nombie disséminés aux environs de ^Saint-Louis et dans le Cayor. Les ferftmes peules forment sur les marchés des centres, des groupes spéciaux bien distincts, vendant du lait et du beurre.
Le Peul pratique en général l'élevage, et un élevage suffisamment intelligent, puisqu'il a su se conserver ses races spéciales, races excellentes qui, si elles étaient perfectionnées par une sélection raisonnée, rendraient beaucoup de services. Telles qu'elles sont elles rendent des services et les Maures n'ont pas hésité, dès qu'ils ont pu l'apprécier, à adopter la race bovine des Peuls. Les Peuls
ont aussi des chevaux et depuis longtemps déjà; les Peuls riches sont réputés grands amateurs de chevaux.
La lace peule n'est pas assez protégée; ne possédant en général aucun territoire, elle erre partout sur le territoire des autres et il ne devrait pas en être ainsi. Le Sénégal possède dans les nombreuses races qui le peuplent, une race ne s'occupanl que de l'élevage, beaucoup plus intelligente que toute autre, qui par son contact a fait bénéficier les autres races des qualités qu'elle possède, et cette race est considérée comme une race de parias par les autres races sénégalaises, et nous avons suivi les errements des nègres. Cette race peut se fixer; le groupe du Fouta-Djallon en est la preuve, mais rien n'a été tenté dans ce but.
Un autre producteur, c'est le Maure, beaucoup moins intéressant pour nous que le Peul. Le îfaure élève son bétail chez lui et vient chaque saison sèche en écouler une grande partie chez nous, c'est-àdire dans nos possessions directes.