‹ Étude sur le SénégalChapitre 38 sur 43 · Mai · texte numérisé non relu

Mai

Pondant la saison des hautes-eaux, Teau douce du fleuve quoique déclarée assez pure reste suspecte, la couleur que lui donnent les matières qu'elle tient en suspension autorise cette suspicion et le public n'ignore pas, puisqu'il le constate de visu, que cette eau débai ra.sse sur un très long parcours les rives du fleuve des débris do toute nature qui s'y sont accumulés pendant la saison sèche.

Le premier essai qui fut tenté pour avoir de Teau douce à la ville eut lieu en 1830 par MM. Flachat frères, qui avaient obtenu le privilège de rétablissement des puits artésiens au Sénégal.

En 1859, un nouvel essai de puits artésien eut lieu sur la place de TEglise dans le prolongement de la rue Blaise-Dumont (autrefois rue de la Paix), cet essai fut poussé jusqu'à une profondeur do 237 pieds, 7 pouces et 6 lignes, soit 80 mètres ; les travaux furent ensuite abandonnés.

En 1862, un essai beaucoup plus important a été tenté au Nord de la ville, derrière la mosquée, le forage fut poussé jusqu'à 250 mètres et fut abandonné, le tubage étant devenu trop étroit pour permettre de forer à une plus grande profondeur. On était néanmoins parvenu à atteindre une nappe d'eau qui jaillit par l'orifice à 1",20 de hauteur au-dessus du sol, mais en voulant forer plus profondément cette nappe se perdit à la suite de la perforation des couches inférieures. En 1899 un nouveau forage fut tenté sur le même emplacement que celui de 1858 ; commencé en mai 1899 il atteignait en juillet 1900 une profondeur d'environ 150 mètres, le chef foreur ayant été atteint de la fièvre jaune le 13 août et rapatrié après sa guéiison, les travaux furent suspendus,

Dans uu autre ordre d'idéoa, dea projets d'alimentation en eau douce avec les eaux du fleuve furent étudiés.

Il existe à quelque distance de Saint-Louis un marigot nommé le marigot de Kassak; ce marigot communique avec le fleuve. Pendant la saison des hautes eaux il s'emplit d'eau douce, cette eau douce s'écoule en grande partie pendant la saison sèche, le marigot subit alors l'influence de la marée et Veau qui reste devient salée. En 1859, un projet dont l'honneur revient au général Faidherbe consistant dans l'établissement d'un barrage pour retenir l'eau douce dans le marigot au moment de la baisse des eaux fut adopté, et l'eau, ainsi captée, devait être refoulée à Saint-Louis par une canalisation de 18 kilomètres de longueur. L'exécution de ce projet fut continuée par le gouverneur Pinet-Laprade (1865-1869), suspendue ensuite et reprise par le gouverneur Brière de Tlsle (1867-1881). En 1879, le Conseil général vota pour les travaux de la conduite d'eau un emprunt de 1,600,000 francs et à la fin de cette même année les travaux concernant le barrage furent annoncés comme terminés : c le barrage de Lampsar entièrement achevé et conso-

c lidé de façon à défier les efforts des inondations les plus considét râbles. L'ancien barrage a été doublé d'épaisseur, palplanché et c piqueté de nombreux roniers ; les ouvertures pour la chasse des I eaux ont été triplées. A la fin de décembre prochain et à la même « époque chaque année, les 12,000,000 de tonnes environ d'eau douce c de ce réservoir pourront être emmagasinées, i

Le 29 mai 1880 un décret autorisa un emprunt de 800,000 francs pour les travaux de la conduite d'eau.

En 1881 un autre emprunt de 250,000 francs fut de nouveau autorisé. Les travaux furent terminés en 1886 et Veau du marigot de Kassak fut dès lors distribuée dans toute la ville.

Le but était donc atteint et la ville se trouvait abondamment pourvue d'eau douce, qui n'était malheureusement et qui n'est encore aujourd'hui que de l'eau du fleuve emmagasinée dans ce marigot, A certaines époques périodiques, sa couleur verdâtre, due à la décomposition de la végétation herbacée du marigot, icm odeur, la rendirent suspecte et on découvrit encore qu'elle contenait parfois une certaine quantité de sel. Il fallait donc aviser et exécuter de nouveaux et coûteux travaux, travaux d'autant plus nécessaires que le barrage menaçait de se désagréger et que la conduite de refoulement était sur une partie de aa longueur en très mnuvais état.

Le service de ralimentation en eau douce toi qu'il est établi actuellement se fait de la façon suivante. Fendant toute la saison sèche, les eaux du marigot de Kassak retenues par le barrage do Lampsar sont refoulées à Saint-Louis par une usine établie à un endroit nommé Makhana, sur les bords du marigot. Quand l'eau du fleuve et des marigots qui en dépendent est douce, les eaux nécessaires à ralimentation sont prises dans le marigot de Klior, situé à 2 kilomètres de Saint-Louis, et refoulées à Saint-Louis par une petite usine, et une partie de la population utilise l'eau du fleuve puisée directement. Les services militaires possèdent des citernes mais d'une capacité insuffisante et dès que Veau de pluie est épuisée, ces citernes sont remplies par un bateau-citerne VAkba, qui pendant la saison sèche va prendre Teau du fleuve à Tendroit où elle n'est plus salée, c'est-à-dire vers Richard-Toll. A la saison des pluies, les citernes étant alimentée et l'eau du fleuve étant douce, VAkba cesse son service.

On peut donc dire que dans de semblables conditions, la ville de Saint-Louis n'a pas d'eau possédant réellement les qualités hygiéniques requises.

Pour remédier à cet inconvénient, la réfection du barrage actuel et la construction d'un deuxième barrage pour isoler Je marigot do Kassak p^r ses deux extrémités furent décidées, ainsi que la remise en état des tuy»^x de refoulement. En outre, des filets à sable d'une superficie de 1,045 mètres carrés formant quatre compçirtiments indépendants, seraient construits à Khor auprès de l'usine, de façon que Teau provenant soit du marigot de Kassak, soit du marigot de Khor, puisse passer dans ces filtres avant son arrivée à Saint-Louis.

Pour faire face aux dépenses nécessaires le Conseil général, dans sa séance du 12 juin 1899, affecta à ces travaux une somme do 700,000 francs à prendre sur un emprunt de 11 millions devant être contracté par la colonie.

Au moment de la discussion de ces travaux, il était déjà prévu qu'ils ne donneraient pas encore pleine et entière satisfaction et qu*il était obligatoire d'étudier un projet de stérilisation des eaux par l'ozone. Ce nouveau projet ne pouvant se dispenser des filtres à sable, la construction de ces filtres fut mise en adjudication dans le premier semestre de l'année 1900.

Dakar. — La source de Ilann située à 8 kilomètres environ de

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Dakar et fournie par l'eau des pluies qui, traversant les dunes glisse sur ks couches formant le sol primitif pour s'épancher vers la mer, a été utilisée depuis longtemps pour TaHmentation. Le débit de cotte source fut augmenté on 18G5 par différents travaux effectués de façon à capter une quantité plus considérable d eau filtrée par les dunes, et à romniagasiner dans un bassin susceptible de fournir 40 mètres cubes d'eau en 24 heures. Cette eau fut utilisée par le camp des disciplinaires et pour le ravitaillement de Gorée et des navires.

En cette même année, 18G5, des fouilles faites à Dakar permirent de constater que l'on pouvait recueillir et emmagasiner les eaux pluviales pour servir non seulement à l'alimentation des habitants, mais aussi de façon à être distribuées directement sur le quai pour l'approvisionnement des navires.

L'augmentation du trafic, des relâches, et l'extension de la ville

cndirent vite ces mesures insuffisantes. Le bassin do Hann fut

jgrandi et en même temps de nouveaux travaux de captation furent

exécutés au voisinage de Bel-Air pour augmenter le volume d'eau

disponible.

Le bassin fut de nouveau agrandi en 1896. A la suite d'études et de fouilles entreprises et qui eurent pour résultat de démontrer que les dunes de Hann constituaient un réservoir où s^accumulaient de grandes quantités d'eau pluviale, le système de captation fut encore amélioré en 1898, et le bassin de Hann fut relié aux réservoirs do Dakar.

La quantité d'eau étant encore insuffisante, de nouveaux travaux ont été prévus et commencés pour augmenter cette quantité.

En 1899, pour éviter des complications dans le refoulement, le bassin de Hann fut abandonné, et aussi celui de Bel-Air dont les eaux avaient été suspectées à la suite d'une épidémie de fièvre typhoïde; l'approvisionnement de Dakar, des navires et de Gorée, ne fut plus assuré que par l'eau des dunes de Hann recueillie par de nouveaux ouvrages de captation fournissant 400 mètres cubes par 24 heures.

Pour rachèvemcnt de ces travaux, le Conseil général a voté dans sa séance du 12 juin 1899 une somme de 335,000 francs à prendre sur un emprunt de 11 millions devant être contracté par la colonie. Après la réalisation de cet emprunt le complément des travaux qui

seront exécutés permettra de faire face à une consommation journalière de 1,000 mètres cubes d'eau au minimum par 24 heures.

Ainsi qu'il résulte d'un rapport en date du 25 avril 1899 présenté par M. le chef du laboratoire de microbiologie de Saint-Louis, Teau de Hann est excellente : « Dakar est admirablement partagé, l'eau de source t n'est pas plus pure que celle que Ton trouve dans lea dunes, i

Cependant au début de l'épidémie actuelle de fièvre jaune, cette eau fut considérée par le service médical comme ayant pu être une des causes déterminantes de cette épidémie. Le service médical basait cette allégation sur ce que des ossements humains appartenant à des corps inhumés dans les dunes de Hann au moment de Tépidémio de 1878, auraient été rencontrés dans la nouvelle galerie filtrante. Or, d'après le rapport de M. le chef du service des travaux publics en date du 30 mai 1900, aucun ossement humain n'a été rencontré, ni dans les fouilles de Fancienne galerie filtrante, ni dans celles de la nouvelle galerie. Il existe, il est vrai, aux termes mêmes de ce rapport dans les dunes de Hann, deux tombes dans lesquelles ont été inhumés les corps de*G7 soldats ou disciplinaires morts de la fièvre jaune. « Une de ces tombes où six soldats ont été inhumés se € trouve dans l'alignement de la nouvelle galerie et à 05 mètres de € son extrémité côté Dakar; elle est distante de 95 mètres de la pre- « mière galerie. L'autre tombe dans laquelle ont été inhumés les « corps de 61 disciplinaires se trouve à l'Ouest des galeries, à € 330 mètres de celle en construction, à 390 mètres de celle terminée c en juin 1899. »

Les termes du rapport précité de M. le Chef du laboratoire de microbiologie sont en contradiction avec l'allégation du service médical. En outre, d'après le rapport du 30 mai 1900 de M. le Chef du service des Travaux Publics, l'eau incriminée servait depuis 14 mois pour l'alimentation de Dakar, des grands navires et de Gorée, et il a été extrait pendant cette période plus de 100,000 tonnes d'eau ; pendant l'exécution des nouveaux travaux, novembre 1899mars 1900, aucun cas suspect ne s'est déclaré parmi le personnel européen employé à ces travaux.

En face d'un fléau aussi implacable dont les éléments actifs 'sont encore inconnus, en face de la science impuissante à le conjurer, il y a là un terrible moment d'incertitude.

Ruûsque, — Comme eau d'alimentation la ville de Bufisque n'avait il y a moins de deux années, que Teau de quelques citernes et celle de puits creusés dans les duns de sable à quelque distance de la ville. Son importance puisqu'elle comptait en 1899 environ 10,000 habitants dont 1,000 Européens, n'était nullement en rapport avec un semblable état de choses, d'autant plus que cette ville constitue le principal centre du commerce de Tarachide. Dans le but d'approvisionner Bufisque de ?eau douce qui lui était nécessaire, des études ont été entreprises et ont démontré que le marigot de Sangalcam situé à 10 kilomètres environ de Bufisque n'étant alimenté que par de Teau douce, pouvait constituer le réservoir d'alimentation de la ville, au moyen d'une usine élévatoire et d'une conduite de refoulement. Dans cet ordre d'idées, des puits filtrants au nombre de six ont été établis sur la rive gauche du marigot et ces puits ont été reliés à un puisard commun d'aspiration. Le système est susceptible de fournir 600 mètres cubes d'eau par 24 heures. Le 18 avril 1900, en présence de M. le gouverneur Chaudié, la conduite d'eau de Bufisque fut inaugurée.

Dans sa séance du 12 juin 1899, le* Conseil général laissait pour l'achèvement des travaux, à la charge d un emprunt de 11 millions devant être contracté par la colonie, une somme de 160,000 francs.

Lors de l'inauguration de cette conduite d'eau, l'épidémie de fièvre jaune était déjà déclarée à Dakar et le premier cas de cette épidémie fut constaté à Bufisque le 17 mai.

Une certaine partie des dépenses nécessaires aux travaux prévus pour l'amélioration de l'alimentation en eau douce des villes de Saint-Louis, Dakar et Bufisque étant laissée à la charge d'un emprunt ù contracter par la colonie, il est maintenant nécessaire de dire quelques mots sur cet 'emprunt.

L'emprunt de 1899.

Au sujet de l'emprunt de 1809, il est particulièrement remarquable de noter la confiance qui rég'nait dans les esprits au sujet de la prospérité prosente et future de la colonie. La situation se présentait sous des apparonces tellement favorables que nul n'osait douter du succès, et que chacun était persuadé que le simple exposé de cette

situation sirffirait pour lever toutes les hésitations des capitalistes.

L'emprunt proposé était de 11,000,000 francs et fut porté par suite de l'état d'esprit qui régnait à 13,830,000 francs par le Conseil général. Comme cette question est très délicate, il est utile pour donner une idée réelle et positive sur cet emprunt de se reporter aux textes officiels.

La situation financière pour la justification de l'emprunt a été

ainsi exposée par l'Administration : « les deux derniers

« exercices se sont clôturés par des excédents de recette impor- « tants :

c L'exercice 1896 par un excédent de 454,134 fr. 28

€ L'exercice 1897 par un excédent de 629,010 fr. 60

c L!exercice 1898 qui se clora le 30 juin de cette année, permet € un disponible d'au moins 500,000fr.

c Par suite de ces augmentations considérables de nos bonis anc nuels, le Sénégal, seul entre toutes les Colonies, se trouve à la tête c d'une caisse de réserve qui a dépassé la somme fixée par le règlef ment comme limite maxima, soit 1,300,000 f r.

c Cette situation est due en grande partie à l'augmentation croisf santé des recettes de douanes qui est, comme l'on sait, le plus sûr ff indice du développement des échanges commerciaux et, par suite, f de la prospérité du pays.

c Le moment paraît donc venu de sortir de la réserve où l'on « s'était tenu jusqu'ici et d'entreprendre les grands travaux recon- « nus nécessaires, soit pour améliorer les conditions d'existence de « la population, soit pour augmenter encore la prospérité de la « colonie... L'emprunt à contracter, et j'insiste sur ce point, ne doit f avoir aucune répercussion sur les tarifs de l'impôt, ni augmenter a en quoi que ce soit les charges actuelles du budget. »

Toute latitude serait laissée au département pour traiten au mieux des intérêts de la colonie de toutes les questions relatives à la réalisation de l'emprunt en tant, toutefois, que le taux de l'intérêt du dit emprunt 'ne dépassera pas 3,50 0/0.

La commission nommée au sein du Conseil général pour examiner la question de l'emprunt s'exprime ainsi dans son rapport'(extraits) : € Le projet actuel de l'emprunt résulte beaucoup moins d'un état de c fortune général tel que l'accuseraient les augmentations de re- « cettes, que de la nécessité inéluctable de reprendre les travaux

a urgents compris dans l'emprunt de 1892 mais déplorablement exé- « cutés.

« Certes la situation budgétaire doit vous donner les plus légi- « times espérances, 'Vous êtes en mesure de supporter allègrement « un emprunt de 11 à 14 millions et devriez-vous même vous gêner € pour le contracter que vous n'auriez pas à hésiter

f Vous verrez plus loin, Messieurs, que votre commission, ayant raisonné sur un chiffre d'emprunt de 13,830,000 francs au lieu de c 11,000,000 comme TAdministration, les résultats de ses calculs « seront fort différents, ce qui est naturel.

« Votre commission estimant que les circonstances présentes se € prêtent admirablement à un emprunt,' que la colonie doit inspirer a toute confiance, qu'elle réclame, d'autre part, des améliorations a sérieuses à un ordre de choses qui dure depuis trop longtemps, au « grand préjudice de ses affaires, la commission a estimé que vous « deviez augmenter la quotité de l'emprunt.

€ Personne ne nous blâmera d'avoir voulu créer de toutes pièces « l'outillage économique qui fait complètement défaut à cette vieille « possession de la France et qui assurera, avec la prospérité de son € commerce et de ses finances, l'essor vers un avenir meilleur

€ En second lieu, la commission estime que l'heureuse situation « financière de la colonie et la solide confiance dans l'avenir qu'elle a doit inspirer, vous permet de réclamer un taux d'intérêt de 3 0/0... € Pour conclure, Messieurs, la (commission se basant sur la situa- € tion financière exceptionnelle de la colonie et sur la confiance c qu'elle doit vous inspirer dans l'avenir de cette dernière, estimant c d'autre part qu'il y aurait un immense avantage à exécuter une €^ fois pour tout<îs les grands travaux dont elle a reconnu la nécessité, « vous propose de porter le chiffre de l'emprunt de 11 millions à

f 13,830,000 francs ; que M. le ministre des Colonies au-

« quel vous donnez pleins pouvoirs pour traiter de toutes les ques- « tiens relatives à la réalisation de l'emprunt à un taux de 3 à « 3,50 0/0 au maximum ; »

Par suite de diverses adjonctions, le montant total de l'emprunt à effectuer s'éleva à la somme de 14,000,000 francs.

Le Conseil général vota cette somme et donna pleins pouvoirs à M. le ministre des Colonies pour traiter de toutes les questions relatives à la réalisation de l'emprunt à un taux variant de 3 à 3,50 OjO au via^imuvx, avec une durée d'amortissement de 60 années

Les prévisions du Conseil général ne se réalisèrent pas, les sociétés de crédits et les capitalistes peu convaincus sans doute par les démonstrations et les chiffres exposés, se montrèrent plus exigeants, ainsi qu'il résulte du rapport de la commission (procès-verbal de la séance du 18 décembre 1899) :

« V La réalisation de l'emprunt de 14,000,000 francs voté au « cours do votre dernière session. Cette réalisation présente des dif- « Acuités, le taux de 3,50 0/0 et la durée d'amortissement que vous « avez fixés ne sont pas actuellement obtenables.

« Diveis événements en Europe et au dehors ont renchéri le loyer « de l'argent et les «prêteurs avec lesquels des pourparlers ont été ff entamés demandent :

< La Caisse des retraites, le taux de 4,10 0/0 avec amortissement

€ en 50 années et la Caisse des dépôts et consignations 3,80 0/0

c avec amortissement en 25 ans

c II n'a pas paru à votre commission que l'urgence s'imposât d'ac- « ceptor pour une aussi longue période une aussi forte charge.

€ Les raisons qui motivent actuellement la hausse du loyer de « l'argent ne paraissent pas d'ordre permanent. L'étude de la situac tion ,et des perspectives laisse espérer que dans un délai assez rapc proche, quelques mois, un an au plus, semble-t-il, les prêteurs fef ront des conditions meilleures

 la suite du rapport et sur les propositions de la commission le Conseil général a décidé : < De renvoyer la réalisation de l'emprunt c à une époque de moindre cherté de /l'argent, pour obtenir, autant c que faire se pourra, le taux d'intérêt de 3,50 0/0 avec la durée c d'amortissement de 50 années. Toutefois et pour le cas où il ne « serait pas possible d'obtenir mieux, elle autorise l'acceptation du c taux de 3,80 0/0, la période d'amortissement restant fixée à 50 an- < nées. »

Cette nouvelle combinaison devait, hélas ! s'écrouler encore. Au moment où elle était 'émise, un souffle empoisonné s'était déjà développé sur la Côte d'Afrique et avait ravagé Giànd-Bassam; quelques mois plus tard, la fièvre jaune sévissait dans les quatre centres commerciaux de la colonie.

Par suite de l'apparition du terrible fléau, le Conseil général dont la session fut ouverte le IG mai 1900, ne put continuer ses travaux, et au moment où une dépêche ministérielle en date du 6 juin

constatant la prospérité très remarquable de la colonie exprimait la satisfaction de M. le ministre pour une situation aussi favorable dans le présent, aussi encourageante pour Tavenir, était rendue publique (officiel de la colonie n" 24G du 5 juillet 1900), le fléau avait déjà tout envahi et allait causer de terribles ravages.

La fièvre jaune.

La fièvre jaune est une maladie terrible pour l'Européen; cette maladie existe à Tétat latent au Sénégal, et se développe avec intensité quand Texécution de travaux exige que Ton remue, ou que Ton attaque le sol infecté de la colonie. Peut-être même seulement lorsque ces travaux correspondent avec certaines conditions climatériques favorables à la multiplication et à la dissémination des éléments actifs du fléau. Ces éléments actifs sont si dangereux, qu'une imprudence, une fouille dans un endroit contaminé, peut suffire pour réveiller le fléau si les circonstances climatériques sont favorables.

Les dates dee épidémies connues sont les suivantes : 1830, 1837, 1848, 1859, 1865, 1867, 1869, 1878, premier cas en juillet à Gorée. —

1879, mesures sanitaires contre la fièvre jaune prises en août. —

1880, premier cas le 25 novembre. — 1881, épidémie de juillet k décembre. — 1882, 12 septembre 3 cas à Gorée, fièvre jaune jusqu en janvier 1883 (Dakar, Lazaret). — 1900, 16 avril début officiel à Dakar d'une épidémie de fièvre jaune, début officiel à Saint-Louis le 17 juillet.

L'épidémie de 1865 correspond avec les travaux exécutés pour l'augmentation du débit des eaux de Hann, alimentant le camp des disciplinaires, les navires et Gorée; avec les travaux exécutés à Dakar pour recueillir et emmagasiner les eaux pluviales ; avec l'établissement du premier pont entre Sor et Saint- Louis.

L'épidémie de 1881 correspond avec les travaux exécutés à quelques kilomètres de Saint-Louis pour l'établissement de la conduite d'eau de Lampsar ; la construction des quais de Saint-Louis ; les travaux du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis.

L'épidémie de 1900 correspond avec les travaux du port de Dakar

point d'appui de la flotte ; avec les travaux exécutés pour Taliinentatiou en eau de la même ville ; avec les travaux exécutés pour Talimentation en eau de la ville de Kufisque ; avec la réfection de la conduite d'eau de Saint-Louis à Khor, la construction d'un mur de quai à lextrémité Est du pont Faidheibe, la construction d'un pont pour relier Saint- Louis à Guet X'Dar.

En fouillant dans les archives de la colonie on trouverait sans doute qu'à d'autres épidémies correspondent d'autres travaux.

Les éléments actifs de la fièvre jaune mis en liberté sous Tinfluence de circonstances favorables, se développent, se disvséminent, se multiplient, et détruisent ou attaquent tout organisme qui les absorbe et qui n'est point constitué pour le climat sous lequel ils se développent, l'organisme de l'Européen ou de la race blanche est de ceux-là.

Leur action est limitée par les écarts de température, et sans doute aussi par leur constitution propre, car si la température limitait seule leur action, la saison identique qui suit celle pendant laquelle l'épidémie s'est produite, verrait reparaître cette épidémie avec la même intensité proportionnelle, et il n'en est pas ainsi. Les éléments actifs libres ayant terminé leur évolution ne sont pas détruits, mais sont, ou transformés, ou acquièrent un certain degré d'inertie.

Lorsque les circonstances climatériques de certaines régions infectées ne permettent pas la transformation totale des éléments actifs libres, ou un certain degré d'inertie de ces éléments, il se produit chaque saison favorable, des cas plus ou moins isolés; on dit alors que le fléau est à l'état endémique.

La revivification des éléments actifs mis en liberté, transformés ou rendus plus où moins inertes à la suite d'une épidémie, est-elle possible, après un certain laps de temps sous l'action du climat et l'influence du milieu ?

Pendant une épidémie, des éléments actifs nouveaux sont engendrés et une quantité considérable de ces nouveaux éléments actifs sont, ou volontairement, ou accidentellement emprisonnés pendant leur évolution ; ils constituent ainsi des foyers d'infection d'une virulence extrême qui viennent s'ajouter aux foyers d'infection naturels du sol, avec cette différence que beaucoup de ces nouveaux foyers, les tombeaux par exemple, sont connus.

La fièvre jaune n'est pas une maladie contagieuse, mais c'est une maladie éminemment infectieuse, susceptible d'affecter dans un délai

plus ou moins long, tous les individus d'un même groupe habitant un endroit contaminé.

Elle paraît devoir son origine à la décomposition de matières organicjues végétales et elle ne se développe que dans les lieux situés au bord de la mer ou soumis à l'influence de la mer. Au delà d'une certaine altitude qui n'est pas encore positivement déterminée, elle ne se déveloi>pe plus, et il doit en être de même à une certaine distance du littoral. Elle aurait donc pour principaux foyers naturels les endroits ou s'accumulent les débris végétaux, soit par Taction des eaux, soit de toute autre manière.

Elle règne dans les pays intertropicaux baignés par l'Océan Atlantique en ajoutant à ces pays int^i tropicaux les rivages du golfe du Mexique. On Ta néanmoins observée accidentellement au Canada, en Espagne et en Italie.

Il faut comprendre aussi les endroits de ces mêmes rivages no 3e trouvant pas dans les conditions qui viennent d'être exposés et où cette maladie a été apportée, s'est développée, et où ses éléments actifs ont été emprisonnés, et ont constitué ainsi des foyers d'infection indestructibles.

Au Sénégal pour éviter l'infection dans les corps de troupe on a conseillé la dissémination ; on a donc au moment de l'épidémie de 1881 disséminé les troupes : or, les troupes disséminées dans les divers campements, ont été atteintes dans d'aussi elh ayantes proportions que les Européens restés en ville (1). Cela tient peut-être à ce que les troupes ont été disséminées trop tard, que rien n'était préparé pour les recevoir, qu'elles ont été envoyées dans des endroits d'une salubrité douteuse? Quoi qu'il en soit, en 1881, la dissémination n'a pas donné les résultats qu'on en attendait et le motif qui paraît le plus indiscutable de ce résultat est que les troupes ont été disséminées dans des endroits situés certainement dans le rayon d'infection de la maladie.

En 1900, dès le début de l'épidémie, les troupes formant la garnison de Dakar ont été aussi disséminées (22 mai), une partie dans les escales de la voie ferrée et les postes défendant cetto voie, et l'autre

(1) Extrait du disicours au nouveau Gouverneur : « Depuis le 23 juillet dernier » le paya se débat sous l'étreinte d'une épidémie de lièvre jaune des plus meutrières. » Dans une périude «le 00 et (quelques jours nous avons compté plus de 400 victimes, » parmi l<vs(pn;lles 53 of'ticiers et f(>^^liollnair.^s ou assimilés, cliilTre effrayant! Les » services pul>lii's boni plus ou moins désoi*gani.«5és, etc. «

partie a été envoyée à Saint-Louis même, foyer d'infection, mais que Ton considérait alora comme devant rester indemne et à la Pointeaux-Chameaux proche de Saint-Louis, les conséiquences de l'épidémie de 1881 étant d'ailleurs ou complètement oubliées, ou ignorées. Cette dissémination était évidemment insuffisante pour les escales et les postes de la voie ferrée et absolument dérisoire pour Saint-Louis et la Pointe aux Chameaux. Foi*t heureusement l'insuffisance de ces mesures a été comprise, et les faits postérieurs l'ont prouvé, attendu que Thiès, Tivaouane et Mekké et peut-être d'autres escales ont été atteintes. Quant à Saint- Louis, si l'épidémie n'a pas fait son apparition effective à la même époque qu'à Dakar ou à une époque rapprochée, c'est sans doute parce que les circonstances climatériques étaient différentes, et il est bien difficile de ne pas croire qu'il existait déjà dans cette localité des cas suspects en juin, des cas déjà déterminés dans les premiers jours de juillet, l'épidémie ayant été enfin officiellement confirmée le 18 juillet par deux décès.

La dissémination étant impuissante pour enrayer le fléau et les souvenirs de l'épidémie de 1881 reparaissant vivaces et terrifiants, il fallait soirs peine d'un épouvantable désastre employer un autre moyen : ce moyen était de faire disparaître de la colonie la population européenne sur laquelle la maladie avait prise.

Tous les gens libres ayant un état de fortune suffisant s'enfuirent dès le début, les employés de commerce n'ayant aucun intérêt dans leirr maison firent de même, et combien d'autres. Mais il restait toujours un nombre considérable de militaires, de fonctionnaires, de commerçants et de chefs de maisons commerciales ne pouvant ainsi et aussi vite quitter la colonie, les uns faute d'ordres les rapatriant, les autres ayant à rendre compte des intérêts dont ils étaient les dépositaires : et tout ce monde aurait-il vouhr partir que les moyens de transport manquaient totalement.

Les écarts de température limitant l'action de la maladie, les agents représentant les compagnies de navigation, n'ont pas hésité à embarquer sur les naviies en partance pour la France ou l'Europe tous les Européens qui voulaient fuir le fléau.

Autrefois, les navires, au seul nom do « fièvre jaune », refusaient impitoyablement le moindre objet ayant été en contact avec l'endroit contaminé et à plus forte raison les passagers; les Européens étaient donc fatalement condamnés à périr faute d'un moyen de fuite. 11 n'en a pas été de même cette fois. Grâce à l'initiative des agents commer-

cîaux, les navires furent littéralement pris d'assaut et du 24 mai au 3 octobre 2,878 personnes, e'est-à-dire presque toute la population européenne y compris les convalescents de maladie, ont pu quitter le Sénégal et éviter ainsi les atteintes du fléau.

Le désastre est déjà grand, mais qu'aurait-il été, si comme autrefois personne n'avait pu fuir. (D'avril [IG avril] à octobre, on compte 300 cas et sur les 300 cas il y a eu 207 décès.)

En attendant que la science, dont les adeptes continuent de patientes et dévouées recherches, ait trouvé un remède, il en existe un absolument certain, c'est la fuite vers les régions tempérées.

A bord des navires ayant quitté le rivage empoisonné du Sénégal, rinfecTion ne s'est plus produite. Cliez les personnes qui se sont embarquées atteint<îs, la maladie a continué son évolution; il y a eu convalescence, ou guéri son, ou décès, pendant la traversée, mais un fait essentiel à noter, c'est que le contact de ces contaminés n'a eu aucun eiîet sur les autres personnes emba nouées ; et cependant, ces traversées pour lesquelles les navires ont été pris d'assaut et dont beaucoup n'étaient pas disposés ]K)ur recevoir un aussi grand nombre de passagers ont été efl'ectuées dans de déplorables conditions hygiéniques.

Si l'état d'hygiène et de propreté des villes ayant été infectées par l'épidémie de 1900 peut favoriser le développement des éléments actifs de la fièvre jaune, il ne faiit pas hésiter à citer la malpropreté et par conséquent les mauvaises conditions hygiéniques de Saint- Louis et de Dakar.

A Saint-Louis, les berges du fleuve sont infectes, les agglomérations indigènes sont malpropres et la moitié au moins des habitations des Européens et assimilés n'ont de conforme, aux principes de l'hygiène que la façade.

A Dakar, les agglomérations indigènes sont infectes, on n'ose presque pas respirer dans la rue qui, partant du Gouvernement se dirige vers l'hôpital, et c'est encore bien pis le long de la mer au voisinage du jardin public.

A quoi tient cet état de choses ? 11 tient certainement à la plus grande négligence possible dans la non observation des arrêtés ou règlements locaux concernant la propieté et l'assainissement des villes, et à l'indulgcnco ini'X])licable de ceux qui ont la charge de faire respecter ces arrêtés.

A Saint-Louis, on n'a coninii^ué à essayer d'assainir les berges du fleuve, d'une saleté indescriptible, que lorsque l'épidémie mena-

çait la ville; quant à Tintérieur des agglomérations indigènes, et à rintérieur de beaucoup d'habitations européennes, nul ne s'en est occupé.

Tableau général de la marche de V épidémie.

Dakar RuUsq ne GoriM'î Saint-L ouis

Nombre Nombre Noiiiliru Nombre ,, — ^^J^Li-^— -

Mriiq ^^^ *^^' Décès lie cas Décès tle cas Dcciîs de cas Décès des cas des signalés signalés signalés s'gnalés signalés décès

Avril-Mai. 10 10 1 1 ..»»>» 11 11

Juin 9 G 5 4 1 1 »» » 15 11

Juillet... 51 37 4 7 12 11 11 12 78 69

Août 32 10 2 1 1 1 112 02 117 80

S(>plefiibre 9 9 » l ». « 30 18 39 28

Octol)re... 1 3 '» » » » 5 10 8

ToUiux... 115 81 12 11 11 Hi 159 90 300 207

Il y a eu des cas qui n'ont été signnlés que par le décès ou simplement signalés suspects et comme tels non portés dans le tableau ci-dessus, mais dont le décès néanmoins a été causé par la fièvre jaune; ou comme à bord du Faidhcrbey par exemple, où il y a eu trois cas déclarés à Saint-Louis et qui ont occasionné 2 décès à Saint-Louis et qui a eu ensuite 1 décès à Rufisque. L'épidémie a également sévi en Gambie et dans la Gasamance; dans cette dernière région 3 décès ont été signalés à Carabane en juillet.

Le Gyptisy parti le 24 juin et arrivé à Bordeaux vers le 8 juillet, aurait eu 2 décès à bord dus à la fièvre jaune, ()7 passagers avaient été embarqués sur ce navire.

Le Faidhcrhc, parti le 12 juillet avec 13 passagers a eu un décès, M. Gabard, maire de Ruiisque.

Le Caravellas, parti avec 441 passagers le 26 juillet a eu 2 décès en route.

Le Sania-Féy parti avec 223 passagers le 27 juillet a eu 3 décès en route.

La Ville de Maccio, partie avec 165 passagers le 13 aoiit a eu 4 décès en route.

Les premiers décès annoncés officiellement comme étant dus à la fièvre jaune sont aux dates suivantes : Dakar, 16 avril. — Rufisque, 17 mai. — Goré, 23 juin. — Saint-Louis, 18 juillet.

L'épidémie a gagné Thiès, Tivaouane et I\fekk4 stations de la voie ferrée.

A vSaint- Louis il s'est produit le fait suivant : Dans les premiers jours (le juillet un décès suspect eut lieu dans une maison située dans la partie nord de la ville et où habitait aussi un commandant d'infanterie. La maison fut désinfectée et le commandant ne put rentrer chez lui qu'après cette opération. Il ne conserva pas ce logement et déménagea de suite. Le commandant en question mourut de la fièvre jaune le 3 août. On peut donc supposer que les éléments actifs qui l'ont empoisonné avaient été absorbés environ 30 jours avant son décès et peut-être davantage ; on peut également supposer que la maladie a été contractée dans d'autres conditions.

Trois tirailleurs sénégalais ont été atteints, deux le 26 et le troisième le 30 septembre, ce sont les nommés Malal-Samba, Paté-So et A mady-Boubou.

Les départs du vSénégal se répartissent de la façon suivante :

Départs du mois de Mai 134

— Juin iii)\

— Juillet 1.3:^3

— Août . . . , r.()9

— Septembre VZij

— Octobre 22

ToUal îd.87S

Les convalescents de la fièvre jaune qui ont été rapatriés sont compris dans les chiffres ci-dessus.

Effectif de la population.

Les renseignements sur les chiffres de la population du Sénégal sont très indécis, mais il est néanmoins curieux de rassembler les quelques éléments épars qui concernent cette question.

Pendant très longtemps, il a été fort difficile de connaître les populations indigènes. En effet, ces populations, extrêmement mobiles, qui se faisaient hi guerre, réduisaient Jcs vaincus en esclavage, livraient des esclaves à la traite, étaient continuellement dans un état d'instabilité qui ne permettait guère aux Européens d'en faire un recensement même très approximatif. Quant aux renseignements que pouvaient nous fournir les indigènes mêmes, ils étaient d'avance entachés de suspicion, car nos relations avec les chefs étaient, à peu de

chose près, celles d'un état de guerre continuel et ce n'est que depuis quelques années seulement que Ton peut avec un peu de certitude établir le nombre approximatif des habitants du Sénégal.

En 1779, la population de Saint-Louis était ainsi décomptée :

Habitants propriétaires de captifs 383

— libres ne possédant pas de captifs. 777

Captifs t .858

Total 3.018

En 1785, la même population était évaluée à 6 ou 7,000 habitants, dont 300 blancs, mulâtres et nègres libres.

En 1789, 8,000 habitant*. En 1801, 10,000 habitante (Introduction de captifs achetés à Galam).

En 1837, la population du Sénégal était ainsi décomptée :

Européens 110

Indigènes 5.712

Kn^agés à temps 1 .093

Caplifs 10.090

Fonctionnaires, employés cl agents civils... 70

Troupes euro|>éeniios 334

— indigènes 97

ToUil 18. M2

Repartition de la population ci^desnus :

Guet Kichard-Toll

N' Dar Daf^rana

Désignation Saint-Louis (1) elBakcl Corée

Européens 123 » » 17

Indigènes 3.950 775 » 987

Engagés à temps 1 . 592 >• » 101

Captifs 6. 001 230 . 3.7W

Fonctionnaires, employés et agents civils. 54 » 3 14

Troupes européennes 250 » 7 77

— indigènes 71 » 26 »>

Total 12.101 l.Oll 36 4.994

Tolaux 18.142

(1) Villutro annexe do Sainl-Louit». Il faut ajoulor : Yulofs, Pouls, Mandingucs, Maures, lu tout évalué à 500.000.

* En 1858 on comptait ainsi

Arrondissement de Saiul-Louis 28.554 h.

— Bakel 3 .748

Marins et employés indigènes 800

Militaires, marins, employés européens et leurs familles.. 1.382

Total 34.474

Population de Saint-Louis :

Saint-I^uis 12.081

Guet N' Dar 1.336

N' Dartouic 300

Bouct-Villc 331

Total 14.048

En 1877 on donne le recensement suivant :

Arrondlsêcment de Saint-Louis :

Saint-I.o\iis.. Richard-Toll

Dafjrana

Podor

Saldé

Matam

Aéré ,

Bakel

Médine

Population urbaine

.Saint- Louis . . . .

Oualo

Populniion rural «

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