‹ Étude sur le SénégalChapitre 8 sur 43 · HUILE DE PALME ET AMANDES DK PALME · texte numérisé non relu

HUILE DE PALME ET AMANDES DK PALME

Les produits du palmier à huile (Elœis (juinccnsis ou avoira de Guinée) qui sont Tliuilo de palme et les amandes de palme (palmistes) ne sauraient être considérés comme produits du Sénégal, car ils proviennent de la Casamance, dont les conditions climatériques

sont bien différentes, et des Rivières du Sud. Le D' Rançon (Flore utile du bassin de la Gavihie) assigne comme limite extrême de croissance à cet intéressant végétal la région située entre le Songrougnou, affluent de la Casamancc et la Gambie, soit une ligne E. O. passant par 13"* 5' environ de latitude Nord. On le rencontre cependant plu» au Nord, où il forme comme un îlot dans une région d'un caractère spécial que Ton nomme au Sénégal la région des Niayes (palmiers), qui comprend le N^Diander, une partie du Cayor, se prolonge le long des dunes, et môme jusqu'à Gandîole à quelque distance du fleuve.

Les Niayes constituent une propriété coloniale. Autrefois, ils étaient exploités au profit exclusif du Damel (roi du Cayor); après Tanéantissement de la puissance de ce dernier et la dislocation de son royaume, les Niayes furent donnés en jouissance au roi de Dakar et à ce sujet Pinet-Laprade dans sa notice sur la presqu'île du Cap- Vert s'exprime ainsi : « Par suite de notre occupation, nous devons c les considérer comme nous appartenant, mais il serait impolitique t d'en disposer avant la mort du roi actuel, qui n'a opposé aucun t obstacle à l'établissement de notre autorité. »

Aujourd'hui les Niayes sont affermés par lots au profit de la colonie.

En Casamancc, le palmier à huile est abondant et constitue une véritable richesse.

Malheureusement personne n'a souci de la conservation de cette richesse, dont on laisse les éléments se détruire sans qu'aucune reproduction en soit assurée. Ce palmier qui fournit la presque totalité du vin de palme consommé dans la région et donl les indigènes sont très friands, est actuellement exploité à outrance pour la production de ce vin qui n'est pas non plus dédaigné de l'européen. Aux environs de Zighinchor on remarque de jeunes palmiers ayant à peine trois mètres de hauteur de tronc, dont on extrait du vin de palme; on remarque aussi beaucoup de troncs, aoit nus, soit couverts encore de quelques feuilles malingres ou desséchées, dont la mort paraît résulter de l'extraction du vin de palme.

Pour extraire le vin de palme l'indigène s'attaque à la base même de l'inflorescence mâle, c'est-à-dire à la base du régime portant les fleurs staminées. Pour cela, il enlève impitoyablement les feuilles gênantes, fait une incision et recueille le liquide s'écoulant par cette incision dans une calebasse qu'il laisse jusqu'au lendemain. Cette opération renouvelée sur le même sujet à chaque inflorescence nouvelle.

doit certainement entraîner la perte du sujet si vigoureux qu'il soit. L'indigène ne s'attaque pas aux régimes portant les fleurs pistillées et plus tard les fruits, il veut quand même ménager sa récolte d'huile et d'amandes. L'extraction du vin de palme paraît être préjudiciable aux fruits car un régime pris sur un palmier qui avait été soumis à l'extraction de vin de palme, n'a fourni que des fruits à sarcocarpe mince et par conséquent peu productifs.

Comme autre élément de destruction il faut citer les incendies allumés soit pour le défrichement, soit accidentellement, qui causent de grands dégâts en ce sens qu'ils détruisent la majeure partie des jeunes pousses de palmiers.

Exposons maintenant les résultats commerciaux de l'exploitation du palmier à huile.

HiriLE DE PALME

On relève provenant de différents endroits, une exportation de 23,612 kilogrammes en 1840 et 29,945 kilogrammes en 1843.

De 1860 à 1863 inclus, à Saint-Louis, on relève une exportation totale de 73,114 kilogrammes estimés fr. 80 le kilogramme.

Casaviance. — De 1869 à 1878 inclus, il a été exporté 7,044 kilogrammes estimés 1 franc et fr. 80 le kilogramme, soit une moyenne annuelle de 704 kilogrammes.

De 1879 à 1881 inclus, il a été exporté 15,062 kilogrammes estimés fr. 80 le kilogramme soit une moyenne annuelle de 5,020 kilogrammes.

De 1884 à 1880 inclus, il a été exporté 60,451 kilogrammes estimés 1 franc le kilogramme, soit une moyenne annuelle de 20,150 kilogrammes.

Ensuite : 43,699 kilogrammes en 1890, 57,223 kilogrammes estimés fr. 85 le kilogramme en 1894, 50,819 kilogrammes estimés 1 franc le kilogramme en 1898, et 16,694 kilogrammes estimés 1 franc le kilogramme en 1899.

Rio'Nuncz. — De 1869 à 1877 inclus, il a été exporté 252,694 kilogrammes estimés 1 franc et fr. 80 le kilogramme, soit une moyenne annuelle de 28,077 kilogrammes. La plus forte exportation de la

période a été de 4G,343 kilogrammes eu 1877 et la plus faible de 12,382 kilogrammes en 1870.

De 1884 à 1886 inclus, il a été exporté 254,777 kilogrammes estimés 1 franc le kilogramme, soit une moyenne annuelle de 84,925 kilogrammes.

Rio'Pongo. - - De 1870 à 1878 inclus, il a été exporté 731,334 kilogrammes estimés 1 franc et fr. 80 le kilogramme, soit une moyenne annuelle de 81,259 kilogrammes. La plus forte exportation de la période a été de 130,741 kilogrammes en 1872 et la plus faible de 25,158 kilogrammes en 1874.

De 1884 à 1880 inclus, il a été exporté 145,217 kilogrammes estimés 1 franc le kilogramme soit une moyenne annuelle de 48,405 kilogrammes.

Mellacorée. — De 1884 à 1886 inclus, il a été expoHé 7286 kilogrammes.

L'huile de palme est extraite du sarcocarpe de la noix ou brou. Ce brou, selon de Lanessan (Plantes utiles des Colonies françaises), donne de 00 à 70 pour cent dMiiiile ot selon le ll.P. Sébiio (Les plantes utiles du Sénégal), 71,6 pour cent. Cette huile est comestible et dans les régions de production elle est utilisée par les indigènes pour la préparation de leurs aliments ; en Europe elle est essentiellement industrielle.

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