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Comme il est probable que la préparation n’est pas soumise dans l'estomac à un grand changement en cas de digestion normale, on peut admettre que la réaction alcaline du suc contenu dans l'intestin grêle, attribuée aux Carbonates alcalins, continuera et terminera bientôt la réduction. Quant à la destinée des particules mercurielles -résultantes, on admet plusieurs hypothèses. Premièrement elles pourraient être soumises dans l’intestin à un processus d’oxydation et puis arriver à être absorbées, soit sous forme d’albuminate de mercure dissous dans le chlorure de sodium et l’albumine, soit comme savon de mercure mélangé avec des acides gras ; deuxièmement il est possible que les parties de mercure extrèmement ténues arrivent telles quelles dans les.-voies d'absorption et deviennent seulement solubles petit à
petit dans les conduits lymphatiques sous la force oxy-
dante des tissus. à € La confirmation expérimentale de cette manière de voir présenterait une analogie intéressante avec ce qui se passe dans l'absorption du mercure par les frictions avec la pommade grise, puisque celles-ci peuvent avoir pour effet l'introduction du mercure métallique dans l’économie. »
« Le processus d’abSorption est beaucoup plus simple
. «pour l'intestin que pour la peau, puisque les voies d’ab-
sorption aboutissent directement dans l'intestin comme des tuyaux de drainage danslesquels les cylindres épithéliaux paraissent privés de fermeture par en hautcomme par en bas. Dans l'absorption de la graisse, dont le processus physiologique est l’analogue, on a poursuivi les
« gouttes de graisse aussi bien dans Iles cellules cylindri- « ques que dansles espaces libres entre les cellules isolées. » Nous rapportons d'autant plus volontiers cette citation de Lustgarten que son opinion se rapproche beaucoup de celle de notre illustre chimiste, Merget, pour lequel le mercure est toujours absorbé et assimilé à l’état de nature, à l’état de mercure métallique (28).
B. — Effets physiologiques.
Le mercure est un poison violent pour tous les êtres vivants : animaux et végétaux. C’est un des agents antifermentescibles les plus puissants, et il suffit d’une très faible solution de bichlorure de mercure pour tuer tous les re inférieurs, comme l’a démontré Chauveau,
qui, avec une solution au millième, tua dans le vaccin les
germes qui produisent l’éruption.
Prises à doses curatives les préparations mercurielles peuvent déterminer de la stomatite et de la gastro-entérite.
Les accidents de la bouche se manifestent plus vite chez la
femme que chez l’homme, dont la dentition est cependant
généralement plus mauvaise, et pendant l'hiver que l'été ; aussi sont-ils plus communs dans les pays froids que dans les pays chauds.
La raison de ces différences nous paraît de à \ l'activité des échanges nutritifs plus grande chez la femme que chez l’homme, et dans le Nord que dans le Midi.
Tandisque les préparations mercurielles solubles peuvent donner lieu à un empoisonnement suraigu, parfois rapide-
ment mortel, tel que celui qu’on observe après l’ingestion du sublimé, les préparations insolubles ne donnent lieu, en général, qu’à un empoisonnement aigu, tel que celui qu’on observe après l'administration prolongée du calomel, du protoiodure, après les frictions avec les onguents mercuriels (37). (9:
Le protoiodure est plus ptyalique que le sublimé ; il est irritant pour la bouche (13). Pris aux doses de 10 à 15 centigrammes par jour, il peut déterminer la salivation au bout de 4 à 5 jours (37). Avec le sublimé peu d'accidents ptyaliques, mais inconvénients majeurs d’intolérance gastrique. C’est un toxique violent dont l’action porte sur les voies digestives. Par frictions la stomatite est plus brusque d’invasion, plus générale, plus intense, et, chose singulière, le mercure, bien que donné par les voies dermique et hypodermique, n’en aboutit pas moins, quelquefois, à développer des accidents gastriques ou intestinaux, comme par ingestion (13).
La plus grande partie du mercure est éliminée par la salive, la sueur, la bile, le lait, et principalement l'urine et les selles. La sécrétion de l’urine, de même que celle de la sueur ne subirait, de la part du mercure, aucune modification particulière, d’après Nothnagel et Rossbach ; l’augmentation de la sécrétion urinaire n'aurait pas été constatée. D’après Rémond (39), la quantité durée excrétée dans les 24 heures baisserait notablement ; l’élimination des phosphates et des chlorures ne semblerait pas influencée. Pour M. Hayem, le mercure ne produit pas de diurèse et l’excrétion azotée n’est pas modifiée (16).
D'après les recherches expérimentales de M. Letulle,
Mer | eve
les lésions produites par le mercure sur les nerfs périphériques ne seraient pas des lésions inflammatoires, mais des « troubles trophiques portant spécialement sur la myé- « line, dont la régression et la disparition progressives « ne s’accompagnent que de modifications peu notables du « noyau segmentaire et respectent longtemps l'intégrité du cylindre-axe » (22). |
Dans un cas d'intoxication par le sublimé employé
comme antiseptique, Butte (7) a trouvé, à l’autopsie, dans
le gros intestin, des lésions dues à une entérité dysentériforme, de la néphrite parenchymateuse, des dépôts abondants de masses amorphes d’oxalate de chaux dans les canalicules droits et contournés. Prévost a démontré que ces dépôts proviennent de la décalcification des os qui perdent jusqu’à 9 à 10 0/0 de leurs parties solides. -