RECHERCHE DANS LES URINES
1° De l'absorption du mercure, de ses effets physiologiques et
de son élimination.
À. — Absorption.
L’absorption du mercure ingéré dépend à un haut degré de l’état des voies digestives. Mais, si l’on excepte les cyanures de mercure dont l’action toxique domine celle du
métal, la destinée de tous les composés mercuriels est essentiellement la même. Ils sont tous absorbables, su-bissent les mêmes transformations et sont tous assimilés
plus ou moins rapidement, selon leur degré de solubilité.
C’est ainsi que le mercure en nature ne serait assimilé
que lentement ; il en serait de même des oxydes mercureux et des protosels.
Les composés presque instantanément absorbés seraient les deutosels. Toutefois on ne connaît pas d’une façon précise sous quelle forme ces divers composés sont assi-
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milés. Mialhe (29) pensait qu’ils se transformaient tous en bichlorure de mercure dans le tube digestif.
D'après Nothnagel et Rossbach (30), le bichlorure de mercure, produit final de la transformation des divers composés mercuriels, se trouvant en présence de matières albumineuses, doit se combiner avec l’albumine pour
2 «5 former un albuminate insoluble. Sous cette forme il ne
pourrait être absorbé, mais en présence d’un excès d’albumine et du chlorure de sodium du suc gastrique, le composé albumino-mercuriel devient soluble.
- Ainsi, quand on traite par le bichlorure de mercure unë solution alcaline d’albumine à laquelle on à ajouté préalablement du chlorure de sodium il ne se produit pas de précipité. Or, le bichlorure de mercure se trouvant en présence du chlorure de sodium du suc gastrique se combine avec
- ce chlorure de sodium pour former un chlorure de mercure
et de sodium, Hg CE+HNa Ci, et c’est sous cette forme qu'il est absorbé. Arrivé dans le sang, le mercure se combine avec l’albumine et ce composé albumino-mercuriel reste dissous en présence du chlorure de sodium. Rose, Elsner, Voit, admettent que le mercure existe, dans ce composé, en combinaison avec l'oxygène, de sorte que ce serait à l’état d'albuminate de peroxyde de mercure que le sel mercuriel ingéré existerait finalement en circulation dans le sang. :
D’après Voit, le poison syphilitique étant une substance
albumineuse, le mercure en se combinant avec cette subs-
tance en détruit les propriétés. Mais, en même temps que
l’albumine du poison syphilitique est détruite, l’albumine
normale de l'organisme l'est également, seulement cette Audigier 4
MR pre dernière est en si grande quantité que l'organisme n’en souffre pas.
Quelle est la valeur de cette théorie ?
Rien ne prouve, en effet, que d’autres transformations.
ne s’accomplissent pas dans l’organisme, ainsi que le fait remarquer M. Hayem (16). L'analyse des organes malades
soumis au traitement mercuriel a démontré la présence du
mercure un peu partout : le sang, le foie, le cœur, le cerveau, les os. Dans certains cas, le mercure après avoir intoxiqué l’organisme, peut reprendre l'état métallique. Fallope, en faisant la coupe du crâne d’un vieux syphiliti-
que, a trouvé des gouttelettes de mercure dans son inté-
rieur. Un chirurgien à trouvé également, dans un abcès,
du mercure, ce qui prouve qu'après avoir été absorbé le
mercure peut redevenir libre. À | D’après Welander (49), du moment que le mercure s’éli-
mine d’une manière constante, il est improbable qu’il
puisse rester sous une forme insoluble dans les tissus. « Je
« pense, dit cét auteur, qu’il doit circuler à l’état soluble |
« dans la masse du sang. Chez neuf malades ayant subi « ou subissant le traitement mercuriel, non-seulement j'ai « trouvé du mercure dans le sang, mais encore je l'ai « trouvé en abondance. J’ai pu en rencontrer dans le pus « de trois personnes qui venaient de terminer un traite- « ment mercuriel, et une fois dans le liquide ascitique. »
Les vués de Lustgarten (25) sur cette question offrent un intérêt particulier et méritent d’être signalées.
« La façon, dit-il, dont se comporte le tannate de mer-
« cure, vis-à-vis des alcalins dilués, pourrait être d’une
« grande signification au point de vue de l'absorption.