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les efforts tentés de nos jours pour atténuer, sinon supprimer les accidents consécutifs au traitement.
I’antique méthode des frictions ou inonctions, malpropre (1), incommode autant que dangereuse pour les malades et leur entourage, n’est guère plus employée, en France, qu’exceptionnellement. Il en est de même des lotions de sublimé, conseillées par Torrella, dès 1497. Les fumigations, recommandées, en 1502, par Jacques Catanée, et les bains de vapeur mercuriels, que nous citons pour mémoire, sont d’une exécution incommode et d’un effet nuisible sur les organes respiratoires, la bouche et le système nerveux (tfremores de Ricord); ces inconvénients, joints à l’irrégularité des résultats, ont fait rejeter leur usage de notre continent, tandis qu’on les emploie assez volontiers en Angleterre et en Amérique. On peut en dire autant des bains de sublimé, qui sont employés par l’école de Vienne presque exclusivement dans les formes ulcéreuses généralisées. Les suppositoÿres au mercure, indiqués par Zeissl, les frictions de calomel sur les gencives proposées par Clarkes et Cruishank, la pommade au sublimé appliquée à la plante des pieds par Cirillo, les pantalons de cuir de Cortilios, graissés à l’intérieur avec la pommade grise, sont demeurés, à juste titre, à l'état de propositions théoriques. |
Avec ces méthodes, qu'on peut appeler ou violentes ou
4. On peut faire aujourd’hui des irictions plus propres, soit avec la pommade au calomel à 10 pour 30, soit avec les savons au calomel à 4 pour 2, ou À pour 3, qui viennent d’être étudiés récemment
par Watraszewski.
ef aveugles, ou des deux noms à la fois, la quantité de mercure employé est considérable et ne permet pas de prévoir la gravité des accidents consécutifs.
Une autre méthode d'application du mercure toute récente consiste dans les injections hypodermiques. Dans ce mode de traitement, si nous passons sous silence le mercure associé à l’iodure de sodium (Bricheteau) ou à l'iodure de potassium (Aimé Martin et Labbé), le chromate oxydulé de mercure; le méthyloxyhydraet, l’éthychloride de mercure (Prumers), qui n'ont eu qu’une vogue transitoire, nous citerons les solutions de sublimé mélangé avec le sel commun (Müller), d'albuminate de mercure (Staub, Bamberger), de peptonate (Bamberger), de cyanure (Cullingworth, Sigmund), de formiamide (Liebreich), les émulsions de calomel (Scarenzio), le phénol-acétate, le thymol-acétate, oxy-benzoate (Stouhowenkoff), ‘le salicylate (Welander), la peptonate mercurique ammonique (Martineau et Delpech), l'asparaginate de mercure, etc., etc., l'huile grise (Lang, Neisser). En ce qui concerne leur action thérapeutique, on trouve à côté d'opinions enthousiastes des avis très-réservés (Sigmund Zeissl), basés sur ce qu'ils ne possèdent aucun des avantages des autres méthodes et que, dans les cas graves, ils sont dépassés par le traitement d’inonction.
Comme avantages, ils présentent la propreté, l’exactitude de la dose, moins d’inconvénients pour les voies digestives ; mais, par contre, ils offrent les désavantages suivants : les douleurs, la production d’infiltrations et d’abcès, ces derniers surtout avec les injections de calomel.
« Moi qui, jadis, examinais de près les miracles de
fe
« Lourdes, dit M. Diday, je n’en demandais pas tant à la « méthode, voire perfectionnée de Scarenzio. Qu'elle nous « rende seulement le même service que nos bonnes ricor- « diennes de pilules au protoiodure! Mais point. Non- « seulement j'ai vu, après une série réglementaire d'in- « jections, la récidive se produire à court délai, mais-j'ai « vu des franches éruptions papuleuses de première pous- « sée, lésions si accessibles à l'influence du remède donné « par les premières voies, résister, avec une insolente « opiniâtreté, aux injections répétées de huit en huitjours, « avec tout le soin possible de ma part ».
« Quant aux injections de calomel, un étudiant, qui les « employait sous ma direction, eut successivement deux « abcès spontanément ouverts. Le bourbillon minéral fut « examiné par M. le professeur Lépine, qui déclara n’y « avoir trouvé que du calomel. »
A l'opinion de Diday on pourrait opposer les arguments des partisans des injections, et nous n'avons garde de songer à décider ici de l'avenir de ces diverses métho-
des.
Toutefois la médication interne est restée et restera
comme la plus naturelle, la plus simple, la plus commode, comme la méthode de choix, parce qu’elle seule permet le dosage exact et que par elle on est maître de son médicament.
Chacune de ces diverses méthodes : frictions, injections mercurielles solubles ou insolubles, répond à des indications spéciales et surtout à la nécessité, dans certains cas, de faire des médications énergiques.
Le traitement par l’ingestion convient surtout aux médi-
es LITE cations de longue durée, poursuivies même dans l'intervalle des accidents.
Bien des préparations, depuis le mercure métallique, ses oxydes, le” mercure soluble d’'Hahnemann, le mercure
phosphorique, l’acétate, le tartrate, l’'oxyde de mercure
associé au fer, etc., ont été essayées par la voie interne et aussitôt délaissées. Il n’y alieu de tenir compte, aujourd'hui, que du sublimé, du calomel et du protoiodure de mer-
cure.
Pendant que ces remèdes manifestentsouvent une action thérapeutique efficace, ils amènent comme conséquences, des accidents assez fâcheux. Nous ne parlerons pas des cas où, en raison de l'idiosyncrasie des malades, ils peuvent porter atteinte à la nutrition et à l’état général, et par suite, empêcher tout traitement de la syphilis. Nous dirons que, dans certains cas, ils produisent des digestions pénibles, de la cardialgie, des coliques, de la gastro-entérite (sublimé) ; chez d’autres, dela diarrhée, des coliques, des troubles digestifs. Le calomel cause, le plus souvent, de la stomatite et la salivation. Le protoiodure n’est pas non plus une préparation qui offre beaucoup de sécurité à cet égard, bien que Dupuytren, Ricord, y aient associé l’opium, et son usage prolongé n’est pas indifférent.
Mais s'ila été facile jusqu'ici de faire le procès du mercure, il a été moins aisé de trouver, sa nécessité dans le traitement de la syphilis étant hors de conteste, un composé qui le fasse passer sans fracas et sans dommage dans l'économie, en quantité suffisante pour produire un effet utile; en un mot, de trouver une préparation qui fasse
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ressortir toute sa puissance thérapeutique en annihilant son action nocive.
Faut-il désespérer de parvenir un jour à faire accepter des malades le mercure avec la même confiance et lamême sécurité que la quinine et l’opium ? Les doses administrées seraient-elles trop fortes? Mais M. Fournier enseigne que donner moins de 10 centigrammes de protoiodure par jour à un malade équivaut à ne pas le traiter suffisamment
Le problème consistait à trouver une préparation qui permiît de prendre une dose quotidienne de mercure nécessaire au traitement prolongé et intermittent de la syphilis, sans irriter les voies digestives.
Un médecin de Vienne, Lustgarten, nous paraît avoir réalisé cette préparation dans le tannate de mercure, et avoir associé, du même coup, au mercure, remède de la syphilis, le tannin, utile palliatif des inconvénients du mercure. à
Dans une communication qu’il fit, en janvier 1884, à la Société des Médecins de Vienne, Lustgarten fit connaître
cette nouvelle préparation et proclama son efficacité en. même temps que son innocuité, en s’appuyant sur un cer-=
tain nombre d'observations minutieusement suivies et relevées. |
À sa suite, des syphiligraphes des plus distingués : Kaposi, Casanow, Schadek, Inglis Parsons, Allen, Monti, Petrini, Pauly, Dornig, à l'étranger ; M. Balzer, M. Leblond, en France, ont expérimenté cette préparation et confirmé les résultats annoncés par Lustgarten (1).
4. Suivant M. Petrini de Bucharest, le D° Casanow (de Moscou),
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Après ces maîtres, nous avons étudié le tannate de mer- Cure chez un nombre relativement important de malades, et les avantages que nous avons obtenus n’ont pas été inférieurs, bien que nous ayons employé des doses plus faibles. De plus, résultat remarquable, nous n’avons pas eu à note d'accidents consécutifs, sauf deux cas peu marqués sur un total de 200 malades observés pendant toute la durée du traitement.
Nous rappellerons sommairement quels sont les effets du mercure, puis ceux du tannin sur l'organisme, afin de nous rendre compte de la façon dont agit, en définitive, l'association de ces deux substances dans le tannate de mercure,
serait le premier qui aurait employé le tannate de mercure dans le traitement de la syphilis. Les éléments nécessaires pour pouvoir juger celte œuestiôn de priorité nous manquent. Quoiqu'il en soit, c’est à Lustgarten, de Vienne, que nous devons la remarquable communication sur le tannate de mercure qui a servi de base aux
travaux des auteurs précités,