CONCLUSION
a développé ce point de vue de son maître, et l’on sait quel lien étroit relie puissance et cause(1). Toutes deux sont principe de mouvement et de transformation : la puissance active n’est qu’une aptitude à donner, une possibilité de cause inhérente à telle ou telle propriété fondamentale des ! êtres; la puissance passive, une aptitude à être agi, à recevoir, une possibilité d’effet.
De cette étude, il ressort également que s’il y a une relation entre la δύναμις et l'être, les deux notions ne se confondent pourtant pas. La définition provisoire de l’être par la δύναμις, exposée dans le Sophiste, est insuffisante à justifier une pareille identification : un examen minutieux des textes soit antérieurs, soit postérieurs à ce dialogue, ne révèle aucune trace de synonymie entre ces termes. On ne peut pas dire : l’être est δύναμις, mais l'être a δύναμις. Il n’est donc pas légitime de baser sur ce seul passage une théorie des Idées-Ames qui aurait, affirme-t-on, son point de départ dans le Sophiste et caractériserait l’enseignement désormais transformé de Platon vieillissant (2). Platon n’a pas tenté une doctrine énergétique de l’être absolu, ou du moins, si l’on veut considérer comme un essai l'argumentation du Sophiste, il faut avouer que l’essai ἃ été aussitôt abandonné, puisqu'on n’en trouve point d’écho dans les écrits suivants.
Toutefois, pourrait-on objecter, si la δύναμις est un principe d'action, par conséquent de mouvement et de transformation, l’Idée qui la possède n’est-elle pas essentiellement mouvante et active? N’est-elle pas cause efliciente, et non plus seulement cause formelle? À cela, nous répondrons que précisément les cas sont extrêmement rares où le terme δύναμις
(4) Métaphysique À, 12, 1019 A15; 2, 1013 A2 sqq.
(2) Cf. v.g. Gourerz, Les Penseurs de la Grèce. IL, p. 598 : « En se fondant sur cette définition, Platon arrache aux « amis des Idées » cette concession : que l'énergie et par conséquent aussi le mouvement ne peuvent manquer à ces essences suprêmes. Il leur reconnaît de plus vie, âme el intelligence — au moyen d'une saute de pensée due à la tendance qui domine de plus en plus les œuvres de sa vieillesse, celle de considérer les principes primordiaux de l'univers comme psychiques et conscients ».
100 ἷ CONCLUSION. -
est appliqué aux Idées. Sur les 468 exemples relevés dans les Dialogues, on ne peut guère citer que deux textes du Parménide (134 D, 150 C D), un texte du Timée (28 A) et les quelques passages du Sophiste où l’on parle du pouvoir, de la propriété des Idées de communiquer entre elles (252 E, 254 C). Or dans aucun de ces passages la δύναμις ne signifie une action quelconque des Idées, supposant en elles mouvement et vie, mais elle désigne simplement le point de vue particulier qui, dans les différentes relations, manifeste leur essence : v.g. la propriété de surpasser ou d’être surpassé caractérisera l’Idée de Grandeur ou l’Idée de Petitesse (Parménide 150 C D). Les Idées, comme les choses, pour devenir objet de connaissance, doivent posséder certaines déterminations (leurs δυνάμεις), qui révèlent, au moins par quelques côtés, leur nature intime et cachée, mais on n’en peut conclure que ces déterminations soient douées d’énergies ou de vertus spéciales, à la façon des vivants : du moins les textes n’autorisent pas semblable interprétation.
Partout ailleurs, la δύναμ'ς exprime une qualité propre aux êtres de la nature, du monde sensible : elle est donc bien plus une notion de la physique que de la dialectique platonicienne; elle se développe presque exclusivement sur le terrain expérimental, et ce fait nous explique qu’Aristote lui ait fait un si large accueil dans sa philosophie.
Index des Noms propres
Les Dialogues de Platon ont eté compris dans cet Index et sont désignés par les caractères en italiques.
Alcméon, 26, 31.
Alexandre Aphrodisias, 29.
Anaxagore, 51.
Andocide, 16.
Aristophane, 4, 8.
Aristote, 27 (n. 3, 4), 28, 31, 15, 164, 168, 169 et sqq.
Bonitz, 169 (n.1),173(n. 1), 176 (n. 4), 177 (n. 1), 181 (n.:3, 5), 182 (n. 1), 189 (n. 2), 185 (n. 2).
Burnet, 23 (n. 1), 24, 24 (n. 1, 3), 27 (n. 4), 31, on }». 0, (π:- ἢ, 51 (n. 1).
Bury,193 (n. sue 104 (η. 1), 188 (n. 1, 2).
Campbell, 101 (n. 1), 111 (n. 1).
Cantor, 31 (n. 1).
Charmide, 73,150,156, 160, 172,174 (n. 2),175 (n 2).
Claude Bernard, 54 (n. 1).
Cratyle, 41 (n. 1), 82, 150, 161, 162, 162 (n. 1), 188 {η: 1.9):
Critias, 131.
Criton, T8.
Démocrite, 21.
Démosthène, 20.
Diels, 21, 22, 24 (n. 5, 6),
Diès, 31 (n. 5), 58 (n. 1),153 (n.1),155 (n.1), 187 (n.2).
Diogène d’Apollonie, 34.
Ecphante, 27, 27 (n. 1), 28.
Eisler, 162 (n. 1).
Empédocle, 31, 36 (n. 1), 39 (n. 1), 51.
Eschine, 18.
Euclide, 30 (n. 2).
Eudème, 30.
Euthydème, 82.
Galien, 153 (n. 1).
Gomperz Th. 189 (n. 2).
Gorgias, 57, 58 (n. 1).
Gorgias, 18, 150, 161.
Heindorf, 111 (n. 1).
Héraclite, 31,154, 162 (n. 1).
Hérodote, 4, 8.
Hiéroclès, 23 (n. 2), 25 (n. 1).
Hippias Major, T2.
Hippias Minor, T2.
Hippocrate, 31 (n. ὃ), 155.
Hippocrate (de Chios) 30, 30 (n. 2).
Homère, 148, 162 (n. 1).
lon, 87, 150, 156.
Isocrate, 4, 57, 59, 70, 162.
Jowett, 101 (η. 1), 122 (n. 1).
Külhewein, 32, 36, 37, 98, 55 (n. 1).
Lachès Π1: 15 0.159. 109:
Littré, 32, 38, 39, 41, 40.
Lois: 1922517452 “159; 156, 159, 163, 160 167
Lysias, 17.
Martin H. 195 (n. 1), 127 (n. 1).
Mégariques, 184.
Mélissos, 21, 39 (n. 1).
Menexène, 81.
Ménon, 56.
Ménon, 81.
Mullach, 23 (n. 2),25 (n. 1).
Paley, 122 (n. 1).
Parménide, 26, 159, 155 (n. 1), 158.
Parmeénide, 109, 162 (n. 1), 16019074
Peipers, 156.
Phédon, 90, 150, 156, 188 (n°4);
Phèdre 62, 402, 1451, 152, 153, 156, 161, 188 (n. 1).
Phérécyde, 162, 162 (n. 1).
Philèbe, 119, 151, 156, 159, 166, 167, 188.
Philistion, 56.
Philolaos, 27.
Politique, 114, 151, 153, 157, 158, 161, 163, 177.
Protagoras, 184.
Protagoras, 75, 150,
VE De. .." ἀν, ,