‹ Étude sur le terme dynamis dans les dialgogues de PlatonChapitre 72 sur 73 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

a une réalité incommunicable, inconnaissable directement, qui les constitue : c’est leur φύσις, leur εἶδος, leur οὐσία (1). Ces mots sont très souvent synonymes et désignent d’une façon générale le fond substantiel des objets ou des Idées, leur côté interne et absolu, leur noumène. Mais ces êtres, étant en relation mutuelle, doivent pouvoir agir ou se manifester. Il y a donc en eux un côté extérieur et relatif qui les fait apparaître, le phénomène (φαίνεσῆα!) exprimant le noumène : c’est la δύναμις.

Platon a peut-être plus accentué que ses devanciers le rapport très étroit qui existe entre cette qualité révélatrice des êtres et l’idée de cause. Dans le Philèbe il juxtapose explicitement ces deux notions(?) : les êtres, en effet, se manifestent surtout par leur action, et ce qu’ils produisent fait connaitre ce qu’ils sont : le feu brüle, l’œil voit, le médecin guérit. Le principe d'efficacité que possèdent ces natures, la force mouvante, le pouvoir propre d'expansion qui est en elles, permet de les distinguer, de les dénommer, de les classer. Leur δύναμις sera donc à la fois source d’activité pour elles, et pour l'intelligence qui observe, moyen d'établir les distinctions et les classifications scientifiques(3). Aristote

(1) Pour εἴοος, ἰδέα, cf. l'étude de Ritter dans les Neue Untersuchungen. On peut se reporter spécialement au tableau récapitulatif, p. 322. Le sens le plus fréquent de ces termes est celui de constitution, état d'une chose ou d'un concept, ou bien de réalité objective, fondement de nos représentations. Dans ce dernier sens, εἰδος. ἰδέῥέα sont synonymes de ὃ ἔστιν ὄν, αὐτὸ χαθ᾽ αὑτὸ ὃν (v.g. Phédon 102 B, 106 D).

Φύσις est souvent synonyme de οὐσία (v.g. Cratyle 385 E, 386 D. E, 387 D; Phédre 354 E, 270 D. E, 271 A), parfois de εἶδος (v.g. République, V. 476 A. B), mais plus que les autres expressions, désigne ce qu'il y ἃ de permanent, de stable, de vrai dans les êtres de la nature, ce qui les constitue et les caractérise. Cf. Bury, On the use of δύναμις and φύσις in Plato, p. 300.

(2) Philèbe, 30 D : Οὐκοῦν ἐν μὲν τῇ τοῦ Διὸς ἐρεῖς φύσε: βατιλικὴν μὲν ψυχήν, βασιλικὸν dE νοῦν ἐγγίγνετθαι διὰ τὴν τῆς αἰτίας δύναμιν. Cf. Bury, On the use... p. 298.

(3) Voir, par exemple, les théories onomastiques du Cratyle, ou 165 classifications du Sophiste, v. g. 227 B.

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