‹ Étude Sur Le Testament Au Comté De Bourgogne D'Après Les Testaments De L'Officialité De BesançonChapitre 22 sur 22 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous avons constaté partout, forme et fond, l’imitation romaine ; et n’étaient certaines modifications, inhérentes à une société féodale et religieuse, dévolution des propres, incapacités nouvelles, nous donnerions une idée assez exacte des principes testamentaires, en renvoyant de façon générale au droit de Justivien. C’est une solution que la coutume impose et que confirment pleinement les textes, mieux encore que les jurisconsultes, imbus de conceptions romaines. Les institutions juridiques d’un pays reflètent ses destinées politiques. Le comté de Bourgogne, fortement romanisé, subit à peine l'influence germanique. Objet de l’éternelle convoitise de la France et de l’Empire, 1l sait, en conservant pendant tout le haut Moyen Age son indépendance, se soustraire à tout élément étranger, faire fructifier peu à peu et d’assez bonne heure, la semence que les Césars lui avaient prodiguée, retrouver dans une certaine mesure l'esprit iudividualiste et même le formalisme antique : solennité ; nécessité d’une institution d’héritier. Mais ce retour aux

traditions premières s’effectue avec la complicité et sous le contrôle de l’église. Le testament reçoit des rouages nouveaux : l’exécution testamentaire, par exemple. Un souffle inconnu des générations de l’ancienne Rome, l'anime, le vivifie, le transfigure. Il prend une physionomie complexe, parfois contradictoire : quelquefois égoisme antique ; toujours enthousiasme religieux ; en

somme, instrument romain, au service d’une âme chrétienne.

Vu par le Président, le 14 janvier 1907.

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