‹ Etude sur le théâtre de Marie Joseph ChénierChapitre 3 sur 34 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES PREMIÈRES PIÈCES DE M.-J. CHÉNIER A LA COMÉDIE- FRANÇAISE (1 785-1 787).

§ I. L'échec du Page supposé (178o) ; les représentations d'Azrmire (178G-87). — §11. Ce qu'était celte tragédie d'Azrnm-e. — § III. Eloges et encouragements de Geoffroy. — § IV. Orgueil et suffisance de M.-J. Chénier.

L'un des champions les plus décidés du drame, au xviii" siècle, — Sébastien Mercier, — écrivait, en 1773 (1), à propos des faiseurs de tragédies : «Un « écolier sort du collège, et, à force d'entendre parler « de tragédies dans tous les cercles, se dit : — Si je « puis aussi faire une tragédie, je serai un homme « considéré (2). — Il a les oreilles remplies de ces <( grands noms que chaque bouche répète ; ils échauf- « fent son cerveau ; sa mémoire est peuplée des hémis- « tiches de nos tragiques. La déesse Réminiscence lui « a passé la main sur le front. Le mécanisme des « vers ne lui est pas étranger : Richelet repose dans « son arrière-cabinet. Il ne s'abaisse pas à faire un « drame : il n'en a pas même l'idée ; il faut plus que « des yeux pour lire dans le livre du monde. Il fouille

(1) Dans son Nouvel Essai sur l'art dramatique, chap. xv.

(2) Grimm écrivait avec plus de brusquerie, vers 1765 : « Il n'y a point de polisson aujourd'hui qui, en sortant du collège, ne se croie obligé de faire une tragédie. »

« le recueil volumineux des anciennes pièces de « Ihcâtre, indécis d'abord sur le clioix, mais résolu à a recrépir quelques-unes de ces pièces antiques. Le « sujet est enfin trouvé... » Et le sarcasme de Mercier suit la pièce ainsientreprise, jusqu'au jour où, accueillie non sans quelque intrigue par la complaisance des comédiens, elle finit par échouer devant un parterre impatient et tumultueux : telle futà peu près, en effet, l'histoire de la première tragédie qu'ait fait représenter, en 178G, Marie-Joseph Chénier.

Cette tragédie, qui fut Azémire, n'était d'ailleurs pas la première que Chénier eût composée. A l'âge de vingt-deux ans, il avait, sans parler d'une petite comédie déjà sifflée, quatre tragédies reçues à la Comédie- Française ; et il se vantait lui-même, dans une lettre aux comédiens (1 ), de cette « ardeur » de travail « encore sans exemple dans les fastes d'aucune littérature (2) »,

11 avait vu le jour, deux ans après André (3), à Constautinople, mais il était encore dans la première année de son âge lorsque son père rentra en France pour échanger contre un poste de consul général au Maroc une situation avantageuse acquise dans le commerce du Levant. Il dut passer un certain temps de^son enfance, avec André, dans le Bas^Languedoc (4), auprès d'une tante paternelle, tandis que sa mère, une Grecque d'origine (5), était fixée à Paris. Il avait quatorze ans à la date où mourut Voltaire : l'écho des acclamations recueillies à Paris par le

(1) Lettre datée du 24 janvier 178o (le lendemain de la réception de sa seconde tragédie).

(2) P'aiissot le constatait aussi dans Tarticle qu'il consacra à Joseph Cliéaier dans ses Mémoires littéraires, parus eu 1788.

{.'i) Eu 176i. — André Ciiéuier était né en octobre 17G2.

(4) Son père était originaire des environs de Linioux (Aude).

(5) D'une famille grecque (Santi Lomaca) établie à Constautinople.

patriarche de Ferney put lui parvenir au collège de Navarre, oii il faisait ses études avec André. Au sortir du collège, engagé ainsi ^ue^ deux de ses frères (1) da^sja^carrière des armes, et entré comnïè~c5det geittilhomme dans un régiment de dragons (2), il consacrait ses loisirs de garnison à compléter ou plutôt à recommencer son éducation littéraire, qui se ressentait de la hâte de ses premières études (3). Mais il ne supporta pas longtemps de se voir confiné à Niort, loin du monde des lettres, loin du théâtre oii il était pressé de débuter : il quitta l'armée au bout de deux ans,jBt revint chercher à Paris un milieu plus favorable à la production de son talent. Il pouvait rencontrer dans le salon de sa mère plusieurs hoipmes connus dans les lettres et dans les arts : Paliss^ot, qui fut pour lui, longtemps, un « louangeur » zélé ; Suard, que ses fonctions de censeur royal devaient bientôt mettre aux prises avec l'auteur de Charles 7.Y ; Lebrun, le poète lyrique, dont Chénier voulut plus tard être l'émule ; Floriau ; le philologue Brunck, dont André surtout apprécia les travaux ; lejjeintreDavid (4) qui devait, en 1792, rivaliser avec Marie- Joseph de zèle jacobin. — Grâce au patronage de Palissot, le jeune auteur trouva bon accueil auprès des « comédiens ordinaires du Roi » : l'acteur Vanhove se chargea de lire pour lui à ses confrères (le 1" octobre 17S3j une comédie en deux actes et en vers qui s'intitulait Edgar ou le Page supposé, et qui fut reçue à l'unanimité. Il est vrai que les comédiens maintinrent la pièce deux ans

(1) Sauveur (qui persévéra seul dans la carrière militaire) et André.

(2) Les dragons do Montmorency (en garnison à Niort).

(3) V. la JSotice de Daunou.

(4) Marie-Josepli et ses frères reçurent des leçons de peinture d'un peintre nommé Cazes : quelques vers grecs laissés par André montrent qu'il s'essaya à manier le pinceau. (V. la Notice de M. Moland dans son édition des Œuvres poétiques d'André Ctiénier.)

de suite, sans la jouer, au répertoire de la cour ; ils faisaient prendre patience au « chevalier de Chénier ( 1 ) » en recevant encore, dans cet intervalle, deux tragédies dont il leur donna lecture. L'auteur, cependant, leur rappelait avec insistance son Edyar (2) : ils s'exécutèrent enfin ; mais, le séjour de la cour à Fontainebleau ayant été abrégé (3), c'est à Paris que la petite comédie fut représentée.

Un roi d'Angleterre du x' siècle (4), courant la campagne sous un déguisement de page, — instruit par hasard d'une rébellion près d'éclater dans Londres, tandis qu'il est occupé à se faire aimer de la fille d'un simple gentilliomme(5), — imaginant alors d'éprouver, avant de se faire connaître, l'amour de cette jeune Pauline, et finissant par l'épouser après avoir reconnu qu'elle le préférerait au trône : telle était l'innocente amusette avec laquelle se présentait au public le futur auteur de Cahis Gracchus. Sa pièce fut jouée — et sifflée (6) — le 14 novembre 1783. Chénier ne la

(1) M.-J. Cliénier (dont le père avait pris la particule) se faisait ainsi appeler dans le monde ; il est ainsi désigné, jusqu'en 1789, dans les difïérentes pièces des Archives de la Comédie-française.

(2) Il y a, aux Archives de la Comédie-Française, trois lettres de lui à ce sujet, datées du l'^ déc. 1784, du 24 janvier 178.5 et du 30 mai 1783 : la 2'= de ces lettres a été reproduite par M. Labitte dans son article sur M.-J. Chénier.

(3) Détail indiqué par les il/moi)'« rédigés par Moufle d'Angerville. ( t) ■< Cette pièce n'a d'emprunté à l'histoire que le nom d'Edgar qui

mourut l'an 975... » (Correspondance de Grimni, déc. 1783.)

(3) D'après le compte rendu du Mercure de France (du 3 décembre 1783), la nouvelle de la rébellion de Londres était annoncée, devant Edgar déguisé, par un vieillard riche auquel Pauline était promise et qui renonçait à ses prétentions à la fin de la pièce. — ■< Le fond de cette comédie, remarquait le Mercure, a (juelque rapport avec un conte de M. Cazotte qui a pour titre : la Brunette anglaise. » (Ce conte est mentionné dans la Correspondance de Grimm, tome VI, p. 186, en janvier 1763).

(6) V. la Correspondance littéraire de La Harpe, et le Mercure de France. — Les Mémoires de Moufle d'Angerville disent : « Il (l'auteur) a fait présent de son ouvrage au père Vanhove qui l'avait abandonné à sa fille (celle-ci débutait vers ce temps à la Comédie-Française) ; mais

fit point imprimer (^1), et ne parut désirer que l'oubli pour cette première et malheureuse tentative.

Les deux tragédies qu'il avait dès lors fait recevoir à la Comédie-Française s'intitulaient, l'une Henriette d'Aquilaine (2), l'autre OErf/pe mourant (3 ). Une troisième, qu'il lut quelques mois après aux comédiens (4), avait pour litre Azémire : ce fut avec celle-ci qu'il débuta comme auteur tragique. Elle fut jouée pour la première fois devant la cour, à Fontainebleau (le 4 novembre 1786) (5) : la protection de la duchesse d'Orléans avait valu au poète cette faveur, en vain désirée pour la comédie d'Edgar. A la cour, une règle d'étiquette interdisait les manifestations bruyantes de mécontentement : la désapprobation ne se marquait pas, ordinairement, par des sifflets : on fit une exception pour Azémire (6).

les huées du public seront malheureusement la seule recette, qu'ils laisseront à l'auteur. » — Mercier, dans le passage de son Essai sur l'art dramatique c'iléci-des&us, p. 13, indique cet abandon des «honoraires » aux comédiens comme un « trait de politique » des jeunes auteurs désireux de se faire jouer.

La Harpe, la Correspondance de Grimm, le Mercure et Moufle d'AngervIUe s'accordent dans leur jugement défavorable sur le Page supposé.

(1) Lepeintre, éditeur des œuvres de M.-J. Ghénier, en rechercha en vain le manuscrit pour l'insérer dans son Théâtre. (V. aux Archives de la Comédie-Française une lettre de lui, du 6 mais 1823, à ce sujet.)

(2) » Reçue à correction » le 19 mai 1784, et définitivement reçue à une seconde lecture, le 24 juillet suivant. (V. les Archives de la Comédie-Française.) — Nous n'avons pu trouver aucune indication relative au sujet de cette pièce.

(3) Reçue le 23 janvier 1783.

(4) Le 27 avril 1786. — Il fit encore recevoir, en mai 1786, une tragédie de Brutus et Cassius: ce fut la quatrième des « quatre tragédies reçues » dont parlait Palissot en 1788. (V. ci-dessus, p. 14.)

(5) V. la Co?TM/)OJirfa)ice de Grimm, déc. 1786. —Palissot était alors attaché comme « lecteur » à la maison du duc d'Orléans. — U<"o de Genlis dit dans ses Mémoires qu'elle avait recommandé la tragédie â' Azémire au duc d'Aumont, premier gentilhomme de la chambre, qui, bien que la trouvant faible, la fit figurer sur le répertoire.

(6) « ... Des ris immodérés, et, ce qui est bien plus indécent encore, des coups de sifflet ont élé les signes non équivoques de

La pièce fut représentée, deux jours après (1), à

Paris, — par une sorte de surprise, devant un public

venu pour entendre Zaïre. « M. Chénier, lit-on dans

« la Currcspondancc de Grimm (2), a feint de redouter

« les eflorls d'une cabale que ses succès et son Age n'ont

« pas dû lui mériter encore ; et, grâce à l'appui de

« ses protections, il a obtenu que les comédiens

(( emploieraient, pour dérouter les ennemis de sa

c( gloire, le même subterfuge dont ils usèrent pour la

« première fois lors de la représentation de l'Enfant

(( prodigue de Voltaire (3) : au moment où l'on allait

(( jouer Zaïre, un acteur (4) est venu annoncer que

« l'indisposition d'un de ses camarades empêcbait de

« donner la pièce affichée, et qu'ils suppliaient le pu-

« blic de vouloir bien, au défaut de celte tragédie, ac-

(( cepter la première représentation de la pièce nou-

(( velle. Cette demande a été accueillie avec trans-

(( port: le premier acte à'Azémirc a éprouvé l'Iieureux

<f ellet de ce sentiment, mais cette bienveillance a

« cédé à l'ennui qui d'acte en acte a paru se ren-

(( forcer jusqu'au dénouement, et, malgré quelques

(( belles scènes entre Turenne et d'Amboise, la mal-

(( heureuse Azémire a éprouvé sur le théâtre de Paris

(( à peu près le même sort qu'à Fontainebleau (5). »

l'ennui iiue cette tragédie faisait éproaver. » (Corresp. de Grimm, déc. 1786.)

(1) Le lundi 6 nov., — « avant (dit M. Labitte) que l'aventure de Fontainebleau eût eu le temps de s'ébruiter ».

(2) Déc. 1780. — L'auteur vient de dire que Chénier n'était connu encore que par le Page supposé, comédie tombée.

(3) ï C'est ainsi qu'en 1765 on avait donné le Dupeur dupé, comédie de Ga'lhava, à la place de Phèdre qui était aflichée; et la comédie de Cailliava fut jouée avec succès, et est restée au répertoire.» (Mercurede France Avi 18 novembre 1786.) Une première pièce de Cailliava était tombée en 1763.

(4) Saint-Pbal (dit le Mercure), —celui qui plus tard refusa le rôle de Charles IX. dans la tragédie de Chénier.

(5) On trouve un récit à peu près semblable dans le Mercure de France du 18 nov. 1786.

La chute, cependant, était moins humiliante (I). La pièce continua d'être annoncée pendant plusieurs jours sur les affiches ; elle en disparut ensuite assez longtemps, et l'on put croire que Chénier avait décidément retiré son ouvrage (2| ; mais trois représentations en furent données encore dans le mois de juillet suivant (3), et Chénier put attribuer à l'absence d'une actrice la longue interruption qui avait suivi la première (4). Azémire, ensuite , ne reparut plus au théâtre.

C'est à l'époque de la première croisade qu'était supposée l'action de cette tragédie. — Une reine imaginaire (o) de Cilicie, Azémire, assiégée par les croisés dans sa capitale, s'est liée d'amour avec un chevalier chrétien, Tiitenne^ fait prisonnier par ses troupes. iMais un ami de ïurenne, — d'Auiboise, — vient de la part des chrétiens proposer à la reine l'échange des prisonniers. Azémire y consent, se croyant assez aimée de Turenne pour le retenir auprès d'elle malgré l'appel de ses frères d'armes. Turenne, après beaucoup de résistance, promet à son ami de le suivre, mais sa résolution ne tient pas devant les reproches, les prières, les larmes d'Azémire. 11 faut que d'Amboise fasse un nouvel effort pour l'arracher au charme

(1) La remarque même en est faite dans un autre endroit de la Correspondance de drimm (janvier 1787).

(2) V. Correspondance de Grimm (janvier 1787).

(3) Les 3, 7, 9 juillet (avec des receltes de 1090, 909 et 645 livres). — La receUe du 6 novembre 1786, avec l'affiche de Zaïre (et Crispin médecin), avait été de 3788 livres. (Indications prises aux archives de la Comédie-Fran(;aise.)

(4) V. son Epître dédicatoire A'Azémire au chevalier de Pange.

(o) Comme le dit Chénier lui-même dans une « lettre aux auteurs du Journal de Paris », à propos à'Azémire (1787).

de cel amour ; Azcmire, abandonnée, se donne la mort dans son désespoir.

La <( déesse Réminiscence >' dont parle Mercier (1) avait évidemment présidé à la conception comme à l'exécution de ce plan. Mais d'inévitables ressemblances entrele langage d'Azémire et celui d'autres amantes délaissées ou trahies ne justifiaient pas le reproche que l'on fit au jeune poète d'avoir plus ou moins « copié » (2) la Bérénice de Racine, VAi-iane de Thomas Corneille ou la Didon de Lefranc de l'ompiguan. Chénier, sans avoir eu besoin de « copier y la Didon de Lefranc (3), a pu se souvenir, pour les plaintes que son héroïne adresse à Turenne, du langage que Virgile prête à sa Tyrienne devant Enée (4). Ce que l'auteur d'^ze'miVe avait le plus visiblement imité da la tragédie de Didon, c'était le rôle malencontreux du prétendant dédaigné, larbas, devenu dans sa pièce le personnage de Soliman.

Et, si l'on n'avait point reproché à Lefranc de Pompignan d'avoir, — à la suite, d'ailleurs, de Métastase, — tiré sa Didon du poème de Virgile, pourquoi certains critiques reprochèrent-ils à Chénier « d'avoir beaucoup emprunté » (5), pour sonAzémire, au poème du Tasse ? L'histoire de Turenne, quittant Azémire pour retourner au camp des chrétiens, devait rappeler en effet celle de Renaud abandonnant Armide pour

(1) V. ci-dessus, p. 13.

(2) C'est l'expression de La Harpe dans sa Corresp. titt., à propos du ra|3port de la pièce de Chénier avec ces trois tragédies.

(3) Représentée pour la première fois en 1734, mais demeurée au répertoire.

(4) On peut voir au tome II des Œuvres posthumes de Chénier, à la suite d'un fragment imité iesGéorgiqucs et daté de 1782. une imitation de certains passages du IV« livre de V Enéide (v. 305-330, et 521-62y), dont linéiques vers se retrouvent presque textuellement dans le rôle d'Azémire. (Acte IV, se. vu.)

(5) V. i'Epitre dédicatoire d'Azémire au clievalier de Pange.

rejoindre devant Jérusalem l'armée des croisés ; etChéuier n'avait point cherché à écarter l'idée de ce rapprochement, puisqu'il a conservé pour l'action de sa tragédie le cadre de la première croisade, puisqu'il a même retenu de la Jérusalem délivrée, — pour lui donner le rôle d'un larbas ridicule, — ce soudan de Nicée, fier et indomptable ennemi des chrétiens, animé contre eux par son fanatisme de musulman et par le ressentiment de ses Etats perdus (1). Mais la magie est presque tout dans l'aventure de Renaud et d'Armide. Elle était de mise, comme élément de merveilleux, dans un poème épique, et Quinault avait pu la conserver avec avantage dans un poème d'opéra (2) : Chénier l'a éliminée, ainsi qu'il convenait, de sa tragédie ; il a substitué le jeu naturel des passions à cette magie qui n'en était que le symbole (3). Entre Azémire et Turenne, il y a vraiment un lien d'amour : entre Armide et Renaud il n'y a que le lien d'un sortilège

(1) Au IX= chant de la Jérusalem délivrée, Soliman surprend de nuit le camp des chrétiens ; mais il est flnalement battu. Chénier lui attribue, avec plus de succès, une même entreprise, pour le faire entrer dans Héraclée, la ville d' Azémire.

(2) ion Armide, « tragédie lyrique », 1686. — Il n'est pas indifférent de remarquer que le poème de Quinault, « remis en musique par Gluck », venait de reparaître, eu septembre 1777, à l'Académie royale de musique ; et que le même sujet était encore traité dans l'opéra de Renaud (poème de Le Bœuf, d'après le plan d'un poème antérieur (*■} l'abbé Pellegrin, musique de Sacchini), représenté pour la première fois en mars 1783. (Voir la Corresp. de Grimm.) Ces deux opéras ne furent probablement pas étrangers à l'inspiration de V Azémire de Chénier.

(3) C'est parce qu'elle en est le symbole que Quinault fait parler Renaud, à la fin de l'opéra, comme s'il quittait Armide malgré lui :

Armide, il est temps que j'évite Le péril trop cliarmant que j'éprouve à vous voir :

La gloire veut que je vous quitte :

Elle ordonne à l'amour de céder au devoir ;

mais Armide, au troisième acte, disait elle-même en parlant de Renaud : ... J'ai recours aux enfers pour allumer sa flamme : C'est l'effort de mon art qui peut tout sur sonàme : Ma faible beauté n'y peut rien.

rmalenient rompu. Et, de i'Ariiiide composée d'après le Tasse par Quinault, un seul acte, le dernier, correspond à l'action entière de la tragédie iVAzémire : le bouclier magique porté par Ubalde y transforme on un moment, comme dans le poème du Tasse, le cœur de Henaud ; la dernière scène, seulement, par la peinture du désespoir d'Armide, a quelque chose de commun avec la scène correspondante de la pièce de Cliénier. Les critiques se piquèrent de noter ces diverses ressemblances ( I ) : le public dut être choqué surtout de la maladresse avec laquelle le tissu en était développé.

— Le personnage qui tient le plus de place dans le premier acte est ce Soliman du Tasse transformé en amoureux d'Azémire, et absolument inutile à la pièce : accouru, sans souci de son propre royaume perdu (2), pour défendre Azémire contre les chrétiens, il est fort ennuyé d'apprendre qu'un de ces chrétiens, plus heureux que lui, a touché le cœur de la reine ; et, comme il se permet de reprocher à Azémire cet amour, il ne réussit qu'à se faire nettement congédier par elle (3).

— 11 demeure cependant, sous le ridicule prétexte qu'il tient à être témoin de l'hymen d'Azémire avec Turenne : le poète avait besoin de lui pour d'autres scènes de remplissage.

Soliman vient encor troubler nos entretiens,

murmure Azémire en le voyant reparaître, tandis qu'elle est en compagnie de Turenne, au second acte : pour

(1) V. la Correspondance de Grimm.La Harpe [Corr. lilt.}, le Mercure de France, l'Année littéraire, etc.

(2) Mes Etats sont perdus, et j'y devais courir. ..

dit-il à sou coufident Narsès (1, r) ; et il le redit devant Azémire qui ne lui eu sait aucun gré :

Alors quil me Tallait regagner un empii-e..., etc. (I, m)

(3) Cf. 1, m: « Vous le voulez : partez. — Je resterai, Madame...», etc.

déranger ainsi les deux amants, le Soudan de Nicée s'est chargé de venir leur annoncer « qu'un chrétien se présente dans la ville ->. Celte nouvelle met Turenne en émoi : « Où me cacher (I) ? » s'écrie-l-il avec candeur ; et, sans écouter Azémire qui lui crie : « Où courez-vous ? », il disparaît, comme s'il voulait se liùter de céder la place à celui qu'il sait être son rival. Soûl avec Azémire, Soliman s'empresse de souligner de commentaires moqueurs l'étrange attitude du '< héros » :

Voilà donc cet amant dont votre âme est charmée, Madame...

Elle ne peut rien répondre, mais elle trouve que le chrétien annoncé est bien lent à paraître, et elle le fait remarquer (2j assez sèchement à Soliman, comme si elle afiectait de croire à une fausse nouvelle imaginée par lui pour rompre son tête-à-tête avec Turenne. Le comique involontaire de tout ce dialogue semble être une parodie de la situation. — Azémire elle-même n'échappe pas entièrement au ridicule, par l'excès de sa tendresse pour un amant qui semble rougir d'elle. Lorsque Soliman, au premier acte (3), voulait douter de l'appui qu'elle trouverait en Turenne pour sa guerre contre les chrétiens, elle répondait:

Turenne est tout pour moi, je n'ai point de terreur ; Turenne est mon amant, il sera mon vengeur...

Mais, dès qu'elle se hasarde à exprimer cette assurance devant Turenne (i), elle s'attire la plus déconcertante réplique :

Moi ! contre des chrétiens ! ne vous en flattez pas...

(1) Nous citons les paroles mêmes du dialogue (II, ii). (2| Seigneur, ce chrétien ne vient pas (,11, m ).

(3) Se. ni.

(4) Acte II, se. I.

Et, comme encouragé par l'indulgence avec laquelle Azémire accueille ces déclarations, Turenne lui en fait entendre d'autres plus mortifiantes encore :

Aimé de mes rivaux, admiré de la France,

Conlenl el glorieux et de palmes chargé, —

Voilà pourtant le sort qui m"étail présagé !

Et maintenant, grand Dieu! quel excès de faiblesse I

Aimer et soupirer et dévorer sans cesse

La honle el la douleur qui s'attache à mes pas !

Pourquoi me parliez-vous de vos affreux combats?

Il n'est plus de lauriers, de combats, de victoire :

Je ne puis qu'être heureux, j'avais besoin de gloire.

Heureux I non! je poursuis un bonheur incertain.

Ces duretés de Turenue semblaient alterner avec les reproches injurieux et les ironies de Soliman pour la confusion de la malheureuse Azémire.

On s'explique que les spectateurs de Fontainebleau aient pu être portés, par ces deux premiers actes, d'un sentiment d'impatience à une impression d'irrévérencieuse gaieté qui se manifesta même à propos des scènes beaucoup mieux traitées du troisième acte(l) et qui décida, devant eux, du sorl à' Azémire.

L'échec à' Azémire fut plus sensible que celui d'Edgar à l'amour-propre de Chénier : il en prit moins vite et moins aisément son parti. Il devait attacher plus d'importance à cette tragédie en cinq actes qu'à la petite comédie jouée avant elle. Il la fit imprimer dans l'été de 1787 ; et la lettre dont il la fit précéder pour la

(1) Lorsque d'Amboise dit à Turenne : « Que dira ton vieux père? », plusieurs spectateurs entendirent ou feignirent d'avoir entendu, pour justifier leurs huées : « Que dira Dieu le père? »

dédier au chevalier de Pange,(l) son ami, laisse voir dans toute leur naïveté les illusions qu'un auteur aime à se faire sur le compte d'une pièce tombée. Il avoue (comment faire autrement?) les huées de la cour, et il en souligne, avec une certaine affectation de désinvolture, le caractère exceptionnel; mais il donne à entendre qu'un parti-pris de malveillancen'y avait probablement pas été étranger : il rappelle la méprise de quelques spectateurs, trop singulière pour avoir pu être involontaire, sur des vers qu'ils prétendirent avoir entendu de manière à les défigurer (2) ; il fait remarquer que ce public siffla plus que tout le reste les parties qui devaient le plus évidemment trouver grâce devant lui (3). Et il se plaît à constater que sa tragédie, à Paris, « réïïssFf inTînimeni, mieux qu'à Fontainebleau^ quoi qu'en ait dit certain journaliste » : il est certain que, des sifflets de la cour à la simple indifférence de? Parisiens, il y avait eu effet un progrès. Il ajoute que les trois représentations données plus tard « furent ellesmêmes beaucoup plus favorablement reçues que la première (4), quoi qu'en aitdit encorele mêmejournalisle»: il semble vouloir prouver ainsi que sa pièce avait des chances de gagner peu à peu les sufTrages de plus en plus éclairés du public. Si d'ailleurs il est obligé de reconnaître que provisoirement le succès est loin d'être brillant, il insinue que son plus grand tort fut sans doute d'avoir osé faire une tragédie trop conforme à l'extrême simplicité de la scène grecque, trop dédaigneuse des effets de spectacle « dont le mérite revient

(1) Né, comme M.-J. Ghénier, eal76i, et son aucien condisciple au collège de Navarre.

(2) Y. ci-dessus, page 24 note 1.

(3) « Le rôle de d'Amboise fut plus silïlé que tout le reste », dit-il.

(4) Geoffroy, parlant daus /',4 ««A- littrraire de la 2° représeutation de la pièce (3 juillet 1787), dit qu'elle l'ut « vivement applaudie en plusieurs endroits ».

au décorateur plutôt qu'au poète )>, trop didcrenle enfin de ce que les auteurs du temps avaient liabitué le public à goûter.

Cliénier n'était pas seul à plaider par de tels arguments la cause de sa pièce. Geotlroy, le critique de l'Année littéraire, semblait lui aussi accuser, à propos de l'accueil fait à celle tragédie, le goût perverti du public. Il avait jugé, tout d'abord (I), que l'ouvrage « avait, malgré ses défauts, une couleur vraimcul tragique » ; et il développait son appréciation dans les termes les plus favorables, huit mois plus tard (2), après la seconde représentation d'Azéniire:

« Celte pièce, écrivail-il, composée d'après d'excellents principes et dans le goût antique, donne la plus heureuse idée des talents de l'auteur, encore exirèmement jeune ; on y trouve une conduite sage et régulière, une grande simplicité ; aucun de ces défauts à la mode qui malheureusement réussissent quelquefois mieux que les véritables beautés. Point de sentences obscures et ampoulées, de tirades parasites, de galimatias philosophique (3) ; point d'accidents romanesques, de coups de théâtre forcés ; aucun abus du spectacle et de la pantomime ; toute l'intrigue porte sur le feu des passions, sur le développement du cœur. Le dialogue est juste et naturel, les idées nobles et grandes^ le style élégantel poétique, la versification riche et nerveuse ; il nous parait que le public n'a point rendu assez de justice à ce mérite très rare, surtout dans un jeune homme. Accoutumé h prodiguer les applaudissements à d'absurdes romans écrits en style barbare, mais remplis de fracas, de situations invraisemblables, et de ce que l'on appelle des effets, il n'a point senti le prix d'une fable sensée. Des moyens pris dans la nature et dans la vérité lui ont paru trop faibles; il n'a pas trouvé assez de quoi se fixer et s'occuper

(1) V. t'Annre littéraire du 14 nov. 1786.

(2) V. t' Année littéraiiy Au 10 juillet 1787.

(3) On Ht de même, dnns la CorrespoiKtanre de Grimm, au >uji't à'Azémire : " ...Il y a dans le dialupue une sorle d'aliondance naturelle qui le garantit presque toujours du luxe de ces sentences parasiles, de ces maximes vague.s, dt! ces lieux communs, qui remplissenl si souvent le vide de la scène dans nos tragédies modernes. •

dans un sujet aussi simple ; et il faut convenir que l'intérêt se refroidit un peu dans les deux derniers actes .. »

Ce ju^emeut valait la peine d'être cité. Malgré les restrictions qui s'y mêlent, la chaleureuse abondance de ces éloges contraste avec la rigoureuse àprelé que Geofl'roy mit plus tard dans sa critique d'autres pièces de Chénier. Le désir d'encourager un débutant ne l'obligeait pourtant pas à déclarer, avec des expressions applicables aux plus authentiques chefs-d'œuvre, que le troisième acte à'Azémire a étincelait de beautés tragiques » (1). Geoffroy semble avoir estimé, comme Palissot, qu'un vrai poète tragique s'annonçait à la France en l'auteur à'Azémire (2): la grandeur de sa déception détermina-t-elle dans la suite la sévérité de ses jugements sur les ouvrages les plus applaudis du poète dont il avait loué, plus qu'aucun autre, le talent d'abord méconnu (3) ? Cette tragédie d'Azémire, abandonnée, reniée plus tard par son auteur même (4), resterait, si l'on s'en rapportait aux appréciations de Geoffroy (5), le chef-d'œuvre de Marie-Joseph Chénier.

Pour ne pas se laisser rebuter par la disgrâce d'Azémire, Chénier n'avait pas besoin des bienveillants encouragements (6) de Geoffroy. Ce n'était pas la foi

(1) V. l'Annéi'tUtéi-aire du 14 novembre 1786.

(2) V. les deux articles de l'Année littéraire sur Azémire.

(3) Geoffroy parlait formellement de l'injustice du public à l'égard du débutant. (V. l'Année littéraire di\ 10 juillet 1787.)

(4)11 ne la fit point figurer, en 1801, dans le recueil de son tbéàtre, et il n'en parlait plus alors, d'après le témoignage de Daunou, qu'avec une sorte de dérision {V. la Notice de Daunou).

(5) Il déclara expressément que, comme œuvre dramatique, « Charles IX était au-dessous d'A:(7«/(r ». (Année littéraire de mars 1790.)

(6) V. la tin du premier article de VAnnée littéraire sur Azémire : " Cela ne doit pas décourager l'auteur qui est jeune, dit-on ; et ce début promet... »

en lui-même qui lui manquait. Il semble môme avoir dépassé, dans les manifeslalions extérieures de son amour-propre, la mesure que l'on aurait permise à son exubérance de jeune homme. 11 eut^e bonne heure une réputation d'orgueil et de suffisance7[ui le suivit à travers toute sa carrière. Ses confrères de la « République de7Tellrës~r^) enregistrèrent avec d'autant plus de plaisir ses premiers insuccès, qu'ils y voyaient une humiliation méritée par sa présomptueuse arrogance. Le continuateur des Mémoires de Bachaumont (2) reprochait déjà à l'auteur d'Edgar son dédain affiché « non seulement pour ses contemporains, mais encore pour les meilleurs auteurs classiques ». Et La Harpe, qui ne péchait pas lui-même par excès de modestie, était sans doute parmi ces contemporains dont Chénier avait parlé avec trop peu de respect (3), car les réflexions de sa Correspondance littéraire sur Edgar et sur Azémire le montrent particulièrement offensé du a mépris dont le jeune aspirant faisait profession pour les meilleurs auteurs ». Palissot lui-même, qui écrivit dans les journaux « six lettres en faveur d'^lzemire » (4), Palissot reconnut publiquement le fâcheux effet des allures hautaines reprochées à son protégé : en consacrant à « Marie-Joseph de Chénier » un article de ses Mémoires littéraires qui parurent en 1788, il joignit, à l'appréciation flatteuse d'un talent déjà loué

(1) C'est l'expression encadrée dans le titre des Mémoires de Bachaumont et de ses continuateurs (de 1762 à 1787).

(2) C'était alors Moufle d'Angerville. V. ces Mémoires à la date du 15 novembre 1785.

(3) Le Mercure de France du 3 décembre 1785 constatait (en rendant compte de son Edgar) son penchant à la satire. — Le rédacteur littéraire du Mercure était à cette époque La Harpe. (V. la notice de René Périu sur Lemierre dans l'édition des œuvres de Lemierrc (en 3 in-8'\ 1810.)

(4) Liiigay le dit du moins, dans son Éloije de M.-J. Ctiénier (1814), éloge qu'il dédiait à Palissot lui-même.

par lui, de sages conseils sur les inconvcnienls d'un orgueil trop indiscrètement étalé:

« Il est vrai, — écrivait il après avoir regretté Téchec immérité d'Azémire, — que certaines personnes qui se plaisent sans doute à exagérer, et qui ne savent rien pardonner à la jeunesse, accusent M. de Chénier d'avoir contribué lui-même à ses disgrâces par un amour-propre immodéré qui le met. à ce qu'elles prétendent, en état de guerre avec tout le monde. Nous avons peine à croire qu'un pareil orgueil, qui suppose ordinairement la médiocrité, ou qui finit par y conduire, puisse appartenir à un vrai talent ; cependant, si ce jeune auteur était à cet égard une exception malheureuse, nous lui dirions que s'il peut venir à bout de réprimer ou de dissimuler du moins ce triste sentiment, il peut se promettre et la gloire qu'il désire, et l'avantage plus grand encore d'une vie exempte d'orages. Si au contraire une habitude déjà trop formée lui rendait ce sacrifice impossible, s'il n'est plus le mailre de cacher cet amour-propre qui finit toujours par soulever celui des autres, non seulement il faut qu'il renonce aux consolations de l'amitié, mais il ne doit s'attendre qu'à une réputation tardive, mêlée d'amertume, et qui ne le dédommagera jamais des afflictions qu'il éprouvera sur sa route... (l) »

De ces conseils que son Mentor lui présentait sous une forme si insinuante, Chénier ne voulut sans doute retenir que ce qui s'y mêlait de flatteur pour son amour-propre.

Avec autant de raison que les uns pouvaient le mettre en farde contre ce travers d'excessive vanité, d'autres jugeaient qu'il devait se défier de la facilité dont leur semblaient témoigner ses premières productions. Un critique judicieux^ estimant, comme Palissot et comme Geoffroy, que les spectateurs de Fontainebleau avaient traité trop durement le jeune auteur (2), espérait que

(1) L'auteur de? « Mémoires d'une inconnue » (Paris, Pion, 1894, p. 79), d'ailleurs favorable à Chénier, dit aussi qu'« on lui trouvait (vers 1791) beaucoup de suffisance et d'orgueil... »

(2) « Avec un dédain trop décourageant », écrivait ce critique

la double « leçon » reçue à l'occasion à' Edgar et A'Azémire « lui apprendrait à travailler plus difficilement ». Mais l'eflet — déjà douteux — de «'.elle double déconvenue fui trop vile détruit pour Cliénier par une rencontre de circonstances qui le tirent réussir extraordinairementavec un ouvrage médiocre : « Avec l'incroyable « confiance qu'il a en lui-même, écrivait La Harpe (1) « au temps des représentations de Charles IX, l'auteur (( attribuera son succès à son talent et non auxcircon- (( stances, et ne songera point à se corriger. » El M'"° de Staël, mettant son témoignage d'accord avec le pronostic de La Harpe, a dit (2) du Chénier qu'elle connut surtout entre 1793 et 1802 : « ... C'était un homme (( d'esprit et d'imagination, mais tellement dominé (( par son amour-propre, qu'il s'étonnait de lui-même, « au lieu de travailler à se perfectionner. » C'est par l'union de cette facilité et de celte présomption que Chénier donna lieu à ses ennemis de critiquer souvent dans ses tragédies des fautes « d'écolier » (3). Presque toutes ses pièces, depuis Azémire jusqu'à Cyrus, portèrent la marque d'une composition hâtive, dont les défauts furent ensuite déplacés plutôt qu'eftacés, pour quelques-unes d'entre elles (4), par d'inhabiles retouches.

{Corresp. de Grimm, janvier 1787). V. ci-dessus ce «lu'll ajoutait (p. 26, note 3).

(1) Dans sa Correspondance lUtcraire (qui ne fut publiée qu'après 1800).

(2) V. le portrait qu'elle trace de lui dans ses Considéralions sur la Révolution française (partie III, cliap. xxv).

(3) L'expression revient souvent à propos de Chénier, dans la Correspondance littéraire de La Harpe ou dans les articles de Geoliroy-

(4) Charles IX, Henri Mil, Cyrus (v. ci-dessous); Palissot (lUcmoires litléniires, édition de 1809) indique qu'après //«ici 17//, Cliénier s'était mis encore à corriger ionFénelon et son Calas.

Page 1