‹ Étude sur le traitement de certaines adénites inguinales par la méthode de l'aspirationChapitre 1 sur 6 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Lorsque M. le D'' Dieulafoy présenta, le 2 novembre 1869, son appareil à l'Académie de médecine, ia , note qu'il y joig-nit indiquait déjà toutes les circonsh , tances patholog'iques dans lesquelles l'idée nouvelle créerait bientôt des opérations nouvelles aussi, ou plus simples que les anciennes. Tout entier à ce problème résolu : « aspiration des liquides sann introduction de l'air par la plaie , » l'inventeur ne s'arrêta pas dès i l'abord au traitement des abcès chauds. Ce ne fut que plus lard qu'il y revint (1), Mais, comme dans toutes les découvertes d'une utilité réelle, la vole qu'il avait tracée conduisit d'autres chercheurs à de nouveaux aperçus. La France, la Russie, la Belg'ique, l'Allemag^ne, fournirent, à peu près en môme temps, des observations. Ces travaux, peu nombreux et encore aujourd'hui peu connus, ne l'étaient point du tout à l'époque où,

(I) Traité lia l'aspiration de liquides morbides. Parle, 1873.

ayant vu M. le D'' Filleau ponctionner un abcès g:ang-lionnaire de la rég'ion sous-maxillaire, l'idée nous vint d'appliquer ce mode de traitement aux adénites ing-uinales, aux bubons suppures, que nous avions l'occasion fréquente d'observer dans noire service, à Saint- Lazare. — La durée considérable du traitement chez les malades opérées devant nous par le bistouri, les décoU lements et les délabrements de toute sorte, dont ces opérations étaient toujours suivies, nous enhardirent à faire l'application d'un procédé que nous n'avions encore vu employer que pour la thoracentèse, et nous devons dire ici que nos eflorts furent puissamment secondés par les excellents conseils de notre savant maître M. le D' Boys de Loury, dans le service de qui nous avons pris toutes les observations qui font le sujet de cette thèse.

Nous ne voulons point ici soulever une question de priorité, puisque, d'abord, c'est à celui qui a eu le premier l'idée d'aspirer par le vide préalable les liquides morbides, que la priorité revient de droit, et, qu'en second lieu, une observation de M. le D' Libermann, datée d'octobre 1871 , est antérieure d'une année à notre première tentative; mais, nous le répétons, le fait était encore assez peu répandu pour que noire maître M, D' Fournier ait fait mention dans sa clinique de Loui cine (été 1873) des recherches auxquelles nous nous livrions à ce sujet, et dont la première datait de novembre 1872. Ce que nous désirons avant tout, c'est appelai l'attention sur un niodus faciendi qui nous est propn et que nous n'avons vu indiqué dans aucune des obseï vations qu'il nous a été possible de consulter, à savoir 'i la ponction uniçue.î^ous reviendrons, du reste, en tera|

ut 1^

Pt lieu sur ce point auquel nous attachons une grancie importance.

11 n'entre pas dans le cadre très-restreint que nous nous sommes tracé d'étudier les différents traitements proposés pour les adénites. Toutefois , dans le cas qui nous occupe plus spécialement, les adénites inguinales ar~ rivant à suppuration, les moyens tentés précédemment étant assez variés , nous analyserons ceux qui se rapprochent le plus de la métliode nouvelle, et nous essaierons de comparer leurs résultats ; après quoi nous exposerons les essais qui procèdent directement de l'aspiration. Nous étudierons ensuite les différentes formes d'adénites, et nous verrons dans quels cas le procédé que nous recommandons a le plus de chances de réussir. Nous décrirons en détail le procédé opératoire et les soins consécutifs que nous avons souvent modifiés; enfin, nous terminerons par une série d'observations et par un tableau statistique aussi complet qu'il nous est possible de le faire. Ce tableau nous semble être l'argument le plus solide de la thèse que nous soulenocs; les faits dont il résume l'ensemble permettent , croyonsnous, de conclure en faveur du mode opératoire dont l'expérience nous a prouvé l'efficacité. La plupart des auteurs que nous avons dû consulter ont nég-lig-é d'indiquer la durée du traitement. Ils enreg-istrent le succès obtenu; mais au bout de combien de temps? Sans doute, la saule absence de cicatrice suffirait pour préférer les ponctions aux incisions; mais si, comme nous le croyons, nous pouvons prouver qu'à cet avantagée se joint celui d'abrég-er notablement une maladie bien connue pour être, eng-énéral, très-long-uepar ses suites et ses complications, nous aurons atteintnotredoublebut.

Page 1