‹ Étude Sur Le Traitement De La Coqueluche Par L'AntipyrineChapitre 10 sur 22 · LEE · texte numérisé non relu

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Quoiqu'il en soit, la bénigmité de ces accidents est assez assurée pour qu’on ne doive pas craindre d'administrer l’antipyrine même à haute dose.

«La prostration des forces et l’affaiblissement du cœur surviendraient après ingestion de 12 grammes d’antipyrine, dit M. Hayem, mais comme on ne doit jamais atteindre une dose aussi élevée, on peut dire qu’à dose thérapeutique, l’'antipyrine est fort peu toxique, qu’elle n’expose pas à de sérieux accidents. » |

Moncorvo reconnaît la tolérance énorme des enfants et dit que chez eux, les phénomènes de collapsus ne se voient pas. |

De même, M. Comby rapporte qu’il n’a pas relevé chez les enfants les vertiges, le collapsus, les troubles gastriques. Ne sait-on pas, dit cet auteur, qu'il faut 1 gr. 60 d'antipyrine par kilogramme d'animal pour provoquer des phénomènes toxiques.

L'antipyrine est un médicament peu dangereux, peu toxique, celui qui attaque le moins les globules du sang, comme le prouvent les expériences de Hénocque et Huchard, faites sur un phüsique auquel ils avaient administré ? grammes d’'antipyrine: Une demi-heure après l’administration de cette substance, le sang des capillaires ne présentait pas de transformation de

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loxyhémoglobine en hémoglobine, ni les carac-

tères d’une réduction exagérée de l’oxyhémoglo-

- bine et encore moins la production de méthémo-

globine.

Nous pouvons donc conclure avec M. Comby, que c'est le médicament qui ménage le mieux la vitalité des sujets. M. Richardière pense demême. « Ce médicament est recommandable, car il est généralement bien toléré et son innocuité est complète. Il donne de bons résultats, bien qu’à notre avis, il ne puisse être considéré comme un médicament spécifique, ayant toute la valeur que que certains auteurs lui ont attribuée. »

Il est bon toutelois d'en surveiller attentivement l'élimination et avant de l’administrer. il est nécessaire de s'assurer de l’état du filtre rénal. C’est ce que nous'avons fait pour nos mala des et ce qui nous a permis de constater la présence d’albumine dans l'urine de deux enfants soumis au traitement.

Pour parer à touteaction malfaisante de l’antipyrine sur le tube digestif, nous avons donné le médicament dans de l’eau de Vichy, formulant ainsi :

ANHIPyYTNOM AN - 1 gr.

Sirop de groseilles. 20 gr.

Eau de Vichy... 80 gr.

(à prendre par cuillerées à dessert après les quintes, en 24 heures).

Nous avons recommandé en outre de faire suivre chaque cuillerée de l’ingestion de lait ou de bouillon. L’antipyrine a été ainsi très bien tolérée. Les doses employées ontété de 0, 40 à 1 gramme pour les enfants âgés de deux ans, et de 1 gr. à 3 grammes pour les enfants plus âgés.

Nous avons insisté auprès des parents sur les règles hygiéniques à suivre pour hâter la guérison de l'affection, Nous avons conseillé de garder l’enfant à la chambre, au repos, sauf lorsque le temps était beau; de faire manger l'enfant aussitôt après les quintes,

Pourdiminuer les chances de contagion et préserver le malade des infections secondaires, nous avons fait pratiquer dans les chambres habitées par des coquelucheux, des fumigations de térébenthine et de goudron à parties égales. Cette pratique, facile à suivre, puisqu'il suffit de chauffer le mélange dans une bouilloire, était recommandée autrefois par-Bouchut. M. le docteur Dubousquet-Laborderie, qui l'asouvent employée, se loue de son utilité, et c'est sur son conseil que nous l’avons conseillée aux familles de nos malades.

Nous n'avons pas voulu dans ce travail com-

parer les résultats obtenus par les autres médi-

cations employées contre la coqueluche et ceux que nous a procurés l’antipyrine. Dans cette maladie, chaque médication a eu ses succès et ses revers. Nous ne prétendons pas que l'antipyrine soit le seul médicament qui guérisse la coquelucheavec certitude. Ce serait là affirmer une chose à laquelle nous ne croyons nullement et que des échecs nombreux démentiraient sans doute rapidement. |

Ce que nous pouvons dire, c’est que, de tous les médicaments préconisés contre la coqueluche, l’antipyrine se recommande aux praticiens, tant par ses effets sur l'élément spasmodique et sur l'élément catarrhal de l’affection, que par son innocuité même.

La belladone, l’aconit, la digitale sont des médicaments très toxiques, beaucoup plus dangereux à manier que l’antipyrine.

La médication opiacée ou bromurée est dépressive. L’acide phénique, l’acide salicylique, bons contre l'infection n’ont pas une action aussi rapide sur les quintes.

Les badigeonnages de cocaïne dans le nez sont mal tolérés par les petits malades.

Nous ne parlons pas du bromoforme, médication nouvelle encore assez peu expérimentée en France, à l’heure actuelle,

Entre les diverses médications, qui toutes ont à leur compte des revers nombreux, il nous semble qu'il est préférable de choisir la moins dangereuse, puisque le succès répond le plus souvent à son administration.

PAT Rene

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