‹ Étude Sur Le Traitement De La Coqueluche Par L'AntipyrineChapitre 9 sur 22 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

M. Le Gendre qui a toujours eu des résultats négatifs par l'emploi dela méthode que nous préconisons écrit dans le traité de médecine sur ce sujet : CL'antipyrine a fourni aux uns des succès que d'autres lui ont vainement demandés ».

À l'hôpital, l'antipyrine a échoué entre mes mains, dit M. Comby (11° Congrès de Médecine interne — Bordeaux, 12 mars 1895).

M. Barth préfère la quinine à l’antipyrine, ce dernier médicament lui ayant toujours paru inférieur au premier (Thérapeutique des maladies des organes respiratoires).

Chez Baginski, lantipyrine n'a donné que des échecs. Elle fut administrée à sept malades sans résultat.

Dewolf Smith (1), qui a expérimenté la médication sur 10 enfants dont l’âge variait de un à 10 ans, rapporte que ses effets furent nuls, bien qu'elle n’ait produit aucun mal.

(1) Dewolf Smith, Medical News, Philadelphia, 1892.

T. LX, p. 48.

Le Goff 3

die

Ces faits doivent-ils fairerejeter l'usage de l'antipyrine dans cette affection ? Nous ne le pensons pas, parce que les doses ordonnées &nt peut-être été insuffisantes; elles n'ont peut-être pas été prises régulièrement. De plus, on tombe souvent sur des séries si bizarres dans la pratique médi-

cale « qu'on ne peut tirer de ces cas particulière-

A conclusions relatives à la ht des malades.

Et. du veste, nous ne prétendons pas que ce traitement ait des effets infaillibles. Il y à beaucoup de rebelles. Les s promoteurs de là nédication en ont eux-mêmes rericontrés, puisque M. le Dr Dubousquet-Laborderie n’accuse que 197 guérisons où äméliorations sur 300 malades traités. Genser, Windelschmith, Féër, Richardière et d’autres n’ont pas toujours administré l’antipyrine avec un succès constant.

Nous-mêmes nous ävons soigné une petite fille (obs. XVI), chez laquelle l'antipyrine n’a nullement modéré la toux quinteuse. Il est bien probable que si nous avions traité un plus grand nombre de malades nous aurions à enregistrer plus d’un seul insuccès.

Toutefois, lors mème que la médication ne réussit pas, elle ne füit courir auX malades aueun

danger sérieux.

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Pour notre part, nousn’avons à signaler comme accidént que la présence d’albuminurie survenue à la suite d’ingestion d’antipyrine chez deux de nos malades : lalbumine a du reste disparue rapidement par la cessation du médicament et le. régime lacté.

En dehôrs des insuccès dont nous avons parlé, of à attribué à l'antipyrine divers accidents.

Où lui à reproché de diminuer, d'arrêter même parfois la sécrétion des urines.

M: A. Robin (1) qui a étudié l’antipyrine à ce point de vue, conclut de ses recherches urologiques que : 1° chez les sujets sains, l’antipyrine diiriue toujours la qaantité d'urine (de 20 à 40 pour 100). 2° Dans les états aigus, la variation est encore constante, mais l'échelle de la variation est très étendue; 3° dans les états chroniques, cette diminution, sans être constante, y constitue pourtant la règle.

* Sur ce sujet il y a quelques dissidences. Casimir n’a pas noté une modification notable de l'urine des 24 heures avec 3 à 5 gr. d’antipyrine; M. Dubousquet-Laborderie n’a observé sur lui-même aucune variation dans la quantité de l'urine, ni dans celle dé l’urée, avec des doses de

(1) A. Robin, Acad. de-Méd: 6 décembre 1887.

3 à 6 grammes d’antipyrine. Bondet (1) n’a pas trouvé, sur cinq malades apyrétiques, soumis au régime de l'hôpital pendant douze à dix-huit Jours, une action bien sensible sur la quantité d'urime et d'urée-excrétées:

Des recherches complètes faites par A. Robin sur les rapports entre l’urée, l'azote total, l’acide urique et les sels de l’urine, il résulte que l'antipyrine diminue la désintégration organique et abaisse plus encore les oxydations organiques, d’où la production d’un excès relatif d'acide urique et de matériaux extractifs azotés. Il est bien probable que cette influence sur la nutrition générale dépend des effets de l’antipyrine sur le système nerveux, dont elle modère l’excitabilité en agissant sur sa nutrition élémentaire.

Engel, Umbach, Bayrac arrivent aux mêmes résultats : Ils ont aussi observé la diminution de l'urée urinaire. Bayrac (2), en outre, admet que l'écart normal entre l'azote total et l'azote de l'urée est augmenté.

Crolas et Hugoumenq (3), ont contesté cette diminution de l’azote urinaire sous l'influence de l’antipyrine.

(1) Bondet, Soc. Méd. de Lyon, 25 mars 1889.

(2) Bayrac, Thèse de Lyon, 1887.

(3) Crolas, Hugounenq, Lyon Médical, 3 mars 1889,

ait

Des expériences physiologiques qu’ils ont faites sur trois chiens, 1l résulte que l’antipyrine ne paraît pas avoir d'influence sur le volume de l’urine excrétée. Pour ce qui est de l’urée, elle est restée stationnaire dans un cas, augmentée dans un autre, diminuée dans un troisième.

Cazeneuve (1), frappé de ces résultats contradictoires a repris les expériences et après injection d'antipyrine sous la peau, il a vu que le volume de l'urine n’est pas modifié, mais que la densité s'accroît; l’urée augmente mais l’azote totale n’augmente pas par rapport à l'azote uréique.

En somme, l'étude de l’influence de l’antipyrine sur la nutrition n'est pas encore tranchée; mais au, point de vue de l'élimination de l’antipyrine, beaucoup d'expériences physiologiques et laplupartdesobservations chimiques montrent que l’antipyrine est bien éliminée par les animaux et les gens dont le rein est sain. Les enfants en particulier éliminent facilement l’antipyrine imgérée, pour cette raison que leurs reins sont plus perméables que ceux de l'adulte. Nous avons fait pour plusieurs de nos malades la réaction qui permet de déceler l’antipyrine dans l'urine et elle

(1) Cazeneuve, Soc. Méd. de Lyon, 25 mars et 89 avril 1889.

nous à prouvé quele médicaments'éliminait bien.

Done, le reproche fait à l’antipyrine de diminuer, d'arrêter la sécrétion urinaire, ne peut être appliqué à l'enfant : le danger serait à cramdre seulement chez les personnes, dont le rein est malade, chez les brightiques ou les ‘artério seléreux par exemple.

On à aussi accusé l’antipyrine de produire des éruptions plus ou moins étendues, des rash scalartiniformes du purpura, de l’urticaire, des œdèmes de la peau et des muqueuses. Ces divers accidents ont été signalés par Jaccoud, Ball, Peter, Hardy, J, Simon, Comby, Dubousquet-Laborderie. Ces éruptions ont toujours été sans suites fâcheuses et ont disparu aussitôt la cessation du médicament. |

Le collapsus a été signalé par M. Jaccoud.

d’Espine l’a observé chez des enfants atteints de pneumon'e, chezdes typhiques, des diphtériques, des rhumatisants. ;

Divers auteurs disent que les succès obtenus dans la coqueluche ne doivent pas faire perdre de vue que l'antipyrines’accumule dans l'organisme dans une certaine mesure et qu'il y a lieu de la prescrire avec précaution.

Lœwe fut obligé de renoncer à l’antipyrine

chez trois coquelucheux à eause de son effet funeste.

Le premier enfant, âgé de 14 mois, fut en proie à la plus grandeexcitation aussitôt après l’ingestion de la première dose d’antipyrine. Le deuxième, âgé de 6 mois, fut pris de cyanose et de collapsus, après la 2° ou 3° dose. Le troisième. âgé de deux ans, vit les quintes s’accroître pare traitement. Cordès, Taylor, Pusinallh, Dubousquet-Laborderie citent des faits où ily eut des

nausées, des vomissements avec des douleurs épi-

gastriques, de l’anorexie. Nous avons relaté les deux cas d'albuminurie qui se sont présentés chez nos malades.

On ne sait si ces accidents sont imputables à l'impureté du médicament, à une accumulation d'action ou à des susceptibilités individuelles spéciales. M. Dubousquet-Laborderie pense que la

pureté plus ou moins grande du médicament P £

doit avoir un certain rôle dans l'apparition des accidents signalés : Il a remarqué que l’antipyrine prise chez tel pharmacien occasionnait des accidents, tandis qu'achetée chez tel autre, les accidents ne se produisaient pas. Depuis cinq ou six ans, du reste, il S'apercoit qu'il manie l’antipyrine sans que ses malades encourent le moindre danger.

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