‹ Étude Sur Le Traitement De La Coqueluche Par L'AntipyrineChapitre 5 sur 22 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Nous n énumérerons pas la liste desnombreuses médications proposées contre la coqueluche :

tout l’arsenal thérapeutique a été épuisé contre cette affection. Maladie toxique dont la gravité dépend de la dose du poison absorbé, la coqueluche ne pourrait être enrayée que par une médication spécifique et celle-ci est encore à trouver. Toutefois, si l’on ne peut guérir l'affection, on peut du moins atténuer dans une certaine mesure, la violence de certains symptômes, diminuer par exemple le caractère spasmodique des accès et leur fréquence et de cette façon, prévenir les accidents résultant des efforts de toux (épistaxis, hémorrhoïdes, hernies, chûte du rectum).… |

C'est pour répondre à cette dernière indication que M. le docteur Dubousquet-Laborderie fit choix de l’antipyrine en 1888, et inaugura cette méthode de traitement. |

Nous donnons plus loin les deux observations

qui firent le sujet de cette communication à la Société de Thérapeutique (15 mai 1888).

Depuis lors (1), M. le docteur Dubousquet-Laborderie a continué l’usage de ce médicament et le23 avril 1890, il donnait le résultat de ses observations. | . La médication expérimentée sur 300 malades, lui a donné 196 guérisons ou améliorations. La durée moyenne du traitement a été de 35 jours. Les doses prescrites ont varié de 0, 30 centigrammes à Î gramme pour les enfants jusqu’à trois ans et de 2 gr. à 4 grammes pour les enfants plus âgés et les adultes.

Le docteur Geffrier (2), est arrivé aux mêmes conclusions. Le docteur de la Jarrige, de Montreuil-sous-Bois,etle docteur Jasiewicz de Paris signalent les bons effets du médicament.

Le docteur Richardière a aussi employé l’antipyrine dans le traitement de la coqueluche. Les doses ont été de 1 gramme (de six mois à un an), de 2 grammes jusqu’à trois ans et de 3 grammes, à partir de trois ans. Les résultats, dit-il, nous ont paru satisfaisants : l’antipyrine a

(1) Dubousquet-Laborderie. - Société de Thérapeutique, 27 février 1889 et 23 avril 1890.

(2) Geffrier. — Revue générale de clinique et de thérapeutique, 1888, n° 31.

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diminuéle nombre des quintes d’un tiers dans la plupart des cas. Jamais, elle ne les a supprimées complètement. Dans deux cas de coqueluche grave, àvec vomissements abondants, son effet a été nul sur les vomissements.

Cet observateur conclut des quinze cas ainsi traités que l’action de l'antipyrine était réelle, mais qu'elle n’était pas supérieure à celie de la belladone.

St-Philippe({), a obtenu par des doses quotidiennes de 0, 25 centigrammes d’antipyrine la . guérison d'une petite fille de 14 mois, atteinte de convulsions après les quintes.

Toutes les fois que les reins du malade fonctionnent biéen, M. Lemoine préfère la médication antipyrinée aux autres médications, trouvant son action plus rapide et plus sûre. Chez les petits enfants 1l donne l'antipyiine en lavement à la dose de 0, 25 centigrammes à 0, 50 centigrammes par 24 heures en deux doses ; pour ceux de trois à six ans et au-dessus de cet âge, il la donne en cachets et va Jusqu'à 1 gr. 50 en six doses espacées. Ce traitement a été expérimenté par dif-

férents médecins à l'étranger.

(1) StPhilippe. — Journal de médecine de Bordeaux, 2 juin 1888.

tone

Von Genser, dans une communication à la Société des médecins de Vienne (1889), a énuméré les résultats qu'il a obtenus par lPantipyrine chez 200 coquelucheux.

Il avait soumis ses malades à deux modes de traitement :insuffilations de poudres médicamenteuses dans les fosses nasales ; administration de l’antipyrine par voie stomacale.

Dans le premier mode, les résultats furent médiocres, ainsi que le prouvent les tracés indiquant le nombre des quintes quotidiennes. La durée du traitement était de 43 jours en moyenne. Pour un grand nombre, le seul avantage retiré du traitement avait été de mettre fin aux vomissements.

Les petits malades ont supporté difficilement la médication. Ils éprouvaent une excitation considérable et avaient de violentes quintes de toux. Dans ces cas, Genser avait surtout employé l’acide benzoïque en poudre.

Dans le second mode de traitement (admimis-.

tration d’antipyrine par voie stomacale), les résultats furent plus concluants. Administrée à la dose de 0, 10 centigrammes par jour, pour cha- ‘que année d'âge, l’antipyrine a toujours eu pour effet de diminuer le nombre des quintes de toux et d'en amoindrir la violence. La guérison s’ob-

Hope tint en 24 jours ; d’où la conclusion de l’auteur que l’antipyrine abrège la durée de la maladie.

Sonnenberger (1) a étudié ce sujet à différentes reprises. Il est tellement enthousiasmé des résultats fournis par la médication, qu'il ne-doute pas d’avoir enfin mis la main sur le traitement spécifique. Son expérience repose sur 80 observations où il a administré autant de centigrammes que l'enfant a de mois, autant de décigrammes qu’il à d'années. Il donne l’antipyrine trois fois par jour, de préférence après les repas, dans de l’eau ou du sirop de framboises. La durée moyenne du traitement serait de trois semaines et donnée dès le début de la coqueluche, l’antipyrine jugulerait la maladie.

Guaita (2) expose qu'il a traité par l’antipyrine dix cas de coqueluche survenue chez des enfants de deux mois à 8 ans. Les doses quotidiennes ont varié de 0,50 centigrammes à 1 gr. 50, administrées en trois fois. Six malades ont guéri à la première période et chez les quatre autres la guérison est survenue à la deuxième période.

En juin et juillet 1888, le même auteur insiste

(1) Sonnenberger. Deutsche med. Woch. 1887, p. 280. Deutsche med. Zeitung - Berlin 1889, 68,779:

(2) Guaita.Gazetta medica italiana, Lombardia-Milano 1888.

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de nouveau sur 22 guérisons par cette médication et conclut que la guérison de la coqueluche est certaine si le traitement est régulier, scrupuleux, ininterrompu et si on n’enfreint pas les règles de l'hygiène.

Læwe (Therapeutische Monatshefte. Berlin 1889), a constaté les bons effets de l’antipyrine dans une épidémie précédente.

Windelschmidt (1) a traité par l’antipyrine 300 coquelucheux à lhôpital et 50 en clientèle. Le résultat a été favorable dans la moitié des cas, la durée de la maladie ayant été réduite à 14 jours ou 3 semaines. Dans 20 °/, des cas, l’effet fut sédatif ; dans les autres, l'effet fut nul. C'est, dit-1], le traitement de la coqueluche le plus sûr, le plus énergique, le plus agréable. Il conseille de donner le médicament le plus tôt possible et de l’administrer à d'assez fortes doses (3 ou 4 fois par jour, autant de décigrammes que l'enfant compte d'années.)

Feer (2) relate que l’antipyrine a été le médicament le plus employé contre la coqueluche à la consultation de l'hôpital d'enfants de Basle, et le professeur Hagenbach-Burckhardt se loue des

(1) Windelschmidt (Allgemeine medicinische central Zeitung Berlin, 1889).

(2) Feer. Medical Press and Circular London, 1892.

résultats obtenus. Environ 80 enfants ont été récemment traités ainsi. La dose était de un déergramme par année d'âge du malade, donné matin et soir. Cinquante-sept de ces cas ont été vus deux fois aù moins, ce qui à permis de suivre l’effet du remède. Dans ces cas, l’amélioration était très Sensible dès la seconde visite, soit trois à sept jours après la première ; dans quelques autres, elle était aussi très marquée. Dans cinq cas, le soulagement ne fut constaté qu'à la 3° ou 4 visite. L'amélioration ne fut que passagère chez cinq malades, dont trois avaient des frères ou des sœurs atteints de coqueluche. En général, on constate que lorsque plusieurs enfants de la même famille sont atteints simultanément de cette affection, le mal est plus tenace. Ceci confirme l'opinion du professeur Hagenbach que, dans ce cas, les enfants se réinfectent mutuellement. Nous-mêmes nous avons constaté le même fait, notamment pour les enfants qui font l’objet de nos observations III, IV et V.

Sur les cas nombreux qui ne se présentèrent qu'une fois à l'hôpital, on peut admettre que la majorité fut soulagée par le remède. Pour plusieurs malades 11 y eut des rechûtes, lorsque les parents négligeaient de donner la médication d’une façon régulière. L'effet bienfaisant de l’an-

yon Te tipyrine se trouve donc établi dans les °° des cas.

Rehn (1) a employé récemment contre cette affection le cyanate d’antipyrine, corps bien cristallisé, soluble dans l'eau, facilement décomposable par le lait et les liquides alcalins. L'acide cyanhydrique est ainsi mis en liberté, Ce médicament fait diminuer le nombre ou la violence des quintes en deux ou trois jours. Les vomis- ‘ sements, l'inappétence sont influencés non seulement d’une facon indirecte, mais aussi directement par une action sédative sur les nerfs de l'estomac et par une excitation de l'activité des sécrétions de l'appareil glandulaire.

La maladie durerait trois semaines, si elle est d'intensité moyenne et trois à cinq semaines, si elle grave.

Sonnenberger prétend que les bons résultats obtenus par Rehn sont probablement dus à l’antipyrine que contient son médicament. Théoriquement, dit-il, on ne peut admettre qu’un acide très faible, presque sans action à petites doses, puisse influencer notablement les propriétés de l’antipyrine qui lui est associée. D'après Rehn, le cyanate d’antipyrine est narcotique ; mais l'an-

-(1) Rehn, Munchener medicinische Wochenschrift, Munchen, 1894, UN

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