CHAPITRE IX
Résultats.
Nous n'envisageons ici que les résultats immédiats du traitement car ce n'est que dans quelques années qu'il pourra être question de résultats définitifs obtenus chez nos malades.
Nous tenons à éliminer tout de suite l'observation XVIT, trop succincte pour que nous puissions en tenir compte à ce point de vue. Il faut aussi retrancher l'observation I, où, malgré de bons résultats locaux, le pneumothorax dut être abandonné à la suite de l’apparition d’autres localisations tuberculeuses.
Il nous reste donc 15 cas à envisager :
Une fois le pneumothorax a dû être abandonné à la suite de l'envahissement tuberculeux du poumon opposé qui semble s'être produit consécutivement à une compression trop brusque des lésions. (Obs. IX).
Dans trois cas, bien que l’on persiste encore actuellement dans l'entretien du pneumothorax, le pronostic doit être très réservé car l’on observe des signes de tuberculisation du poumon sain, qui, deux fois, semble relever de la même pathogénie que le cas précédent (Obs. IV et XIIT), tandis que dans le troisième cas il paraît s'agir du réveil de lésions anciennes et discrètes (Obs. V).
Dans un cas, le résultat est gravement compromis du fait de l'existence d'adhérences pleurales, consécutives à un épanchement ayant évolué vers la purulence (Obs. XIT).
Dans trois cas, le résultat actuel est très satisfaisant mais nous pensons qu'il y a lieu de faire dès maintenant des réserves pour l'avenir, car il existe chez ces malades un épanchement
More purulent ou en voie de transformation purulente (Obs. VI, VHIT et XV).
Enfin dans sept cas, le résultat est actuellement excellent retour de la température à la normale, accroissement marqué du poids, disparition de la toux, diminution considérable ou suppression de l'expectoration qui ne contient plus de bacilles de Koch (Obs. IF, IF, VIE, X, XI, XIV et XVI).
Il est à remarquer que, dans aucun de ces cas, on n'a pu obtenir un décollement total, toujours il persiste quelque bride fixant le poumon ainsi qu’on peut le voir sur les belles radiographies qu’a bien voulu nous donner M. BABONNEIX et qui illustrent cet ouvrage.
Ce sont la toux et l’expectoration qui sont les plus rapide. ment influencées pa le pneumothorax artificiel. La température baisse assez rapidement en mêfñe temps que les malades se sentent mieux. L'appétit revient et la prise de poids est souvent précoce, cependant dans certains cas elle ne se prononce nettement qu'au bout de quelques mois de traitement.
En résumé nous avons donc :
Un cas où le résultat est nettement défavorable.
Quatre cas où il est gravement compromis.
Trois cas où malgré un bon résultal acluel il convient de faire des réserves pour l'avenir.
Sept cas absolument favorables.
Mais, si l’on réfléchit à la gravité et à l'étendue des lésions qui ont motivé l'installation d’un pneumothorax artificiel chez ces malades, on peut dire que, dans un tiers des cas, l’'évolution n’a pas été notablement changée, tandis que, dans les deux autres tiers, on a obtenu une amélioration nette et presque inespérée, sur la durée de laquelle il appartient à l'avenir de nous fixer.