‹ Étude sur le traitement des fractures transversales de la rotule: Suture osseuse – Ponction de l'épanchementChapitre 26 sur 39 · SAR · texte numérisé non relu

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lade de ce chirurgien atteint d’hémo-hydarthrose traumatique, n’avait pas été soulagé par la position, les compresses résolutives et la compression ; les douleurs persistaient. Désespérant d'obtenir une guérison complète par d’autres moyens tels que les vésicatoires, la cautérisation transcurrente, le chirurgien avait eu l’idée d’appliquer aux hémo-hydarthroses le traitement de la vaginalite aiguë qui accompagne les orchites ». (Thévenot). Voillemier et Broca, avant 1872, appliquèrent ce mode de traitement à l’épanchement qui accompagne les frac- tures de la rotule.

Le 9 novembre 1872, Dubrueil communique à la Société de Chirurgie, une observation de fracture de la rotuie, dan: laquelle il avait pratiqué la ponction; il survint une arthrite qui enleva le malade au milieu d’accidents formidables. A l'exception de Labbé, qui la défendit et contiaua à la pratiquer, toute la Société de Chirurgie fut unanime pour condamner cette intervention ; aussi ne fut-elle pour ainsi dire, presque plus pratiquée en France, tandis qu’à Pétranger, er Allemagne surtout, elle gagnait du terrain.

Volkmann, en 1783, fait la ponction dans un cas de fracture transversale de la rotule.

Schede, en 1877, publie 5 observations dans lesquelles la ponction lui fournit de véritables succès; il préconise en même temps le lavage de l’article avec une solution phéniquée.

Jorowsky, en 1878, publie quelques observations analooues dans sa dissertation inaugurale.

Kocher, en 1880, se montre partisan de la ponction, mais il rejette le lavage dans la crainte de l’intoxication phéniquée.

En 1882, la ponction parait trouver en France meilleur accueil qu'auparavant.

Poinsot, dans la Revue de Chirurgie, publie un intéressant article ; pour montrer les avantages qu’on retire de cette pe-

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tite opération, et à l’heure actuelle, les membres de Ia Société de Chirurgie partagent la manière de voir de Labbé, à l’exception de Desprès, qui aujourd’hui comme en 1872, repousse absolument la ponction.

M. Trélat s’est chargé d’expliquer le revirement d’opinion qui s’est produit depuis cette date : « A l’heure actuelle, dit-il, je ponctionne les articulations qui sont pleines de sang, et cependant, dans la discussion de 1872, j'ai pris la parole pour combattre cette pratique, déclarantque je préférerais une large ouverture de l’articulation. Mon changement d’opinion est la conséquence de l’introduction de la méthode antiseptique dans la pratique chirurgicale. » De même Hueter, cité par Piéchaud : « c’est avec raison que je disais en 1870 que la ponction des articulations devait être considérée comme une opération dangereuse : c’est avec autant de raison que j'affirme aujourd’hui (1876), que l’on peut pratiquer la même opération sans le moindre danger. Je fondais ma première opinion sur les accidents septiques consécutifs à l’inflammation. »

En Amérique, en 1876, un chirurgien Marey (Boston, Medic. and surg. journal, 1876, vol. Il, page 633), pratiquait aussi la ponction dans les cas de fracture de la rotule ; et en Angleterre, C. Heath en est un partisan convaincu, car il considère lépanchement comme l’unique cause de l’écartement des fragments. (Lancet, 17 novembre 1883, page 861.)

$ II. — MANUEL OPÉRATOIRE. — Soins consécutifs.

On peut ramener à trois, les procédés employés pour ponctionner l’articulation du genou :

Le procédé de Jarjavay, qui opérait avec la lancette ;

Le procédé de Broca, qui se servait d’un simple trocart ;

Le procédé par aspiration préconisé surtout par Dieulafoy.

Nous décrirons successivement ces trois procédés, bien que celui de Jarjavay ne soit plus en usage.

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{, — Procédé de Jarjavay (cité par Huchart, d’après Thévenot).

« C’est avec la lancette que Jarjavay opérait. Il détruisait le parallélisme de la peau et pratiquait une ponction sur le côté interne de l’articulation, au niveau du tiers inférieur du condyle fémoral et engageait la lancette jusque dans la synoviale. Il faisait sur la rotule une compression dès qu’une goutte de sang était apparue. Il retirait alors la lancette en continuant la compression ; le sang s’écoulait. Il fermait ensuite la plaie avec du diachylon sans cesser de comprimer afin d'éviter la pénétration de l'air. Enfin on appliquait un bandage ouaté compressif et le membre était condamné à l’immobilité. Bientôt après la ponction, le sang qui était demeuré dans l’article se répandait dans le tissu cellulaire et trahissait au dehors sa présence par des ecchymoses. Par ce procédé on obtenait un soulagement immédiat pour le malade et la rapide guérison. Jamais il n’est arrivé d'accidents consécutifs à cette ponction. » ({n thèse de Huchard).

Actuellement on n’emploie plus la lancette et on ne se sert plus que du trocart simple, ou des appareils aspirateurs ; nous décrirons, pour la ponction avec un trocart, le manuel opératoire de Broca, tel qu’il est indiqué dans la thèse de Ficatier :

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