‹ Étude sur le traitement des fractures transversales de la rotule: Suture osseuse – Ponction de l'épanchementChapitre 28 sur 39 · ANNE TER RATE CRETE · texte numérisé non relu

ANNE TER RATE CRETE

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sera terminé, retirez le trocart avec précaution, en comprimant doucement la peau avec les doigts qui maintenaient l'instrument. Immédiatement, on détruit le parallélisme de la piqûre de la peau et des tissus sous-jacents et on applique aussitôt de la baudruche collodionnée. Ces précautions bien prises, il n’y a rien à craindre, au point de vue de la réaction locale. »

La troisième manière de pratiquer la ponction consiste à se servir d'appareils aspirateurs ; comme c’est surtout Dieulafoy qui à vulgarisé ces appareils, nous donnerons le procédé opératoire tol qu’il l'indique.

IIT. — Procédé par aspiration.

(Dieulafoy, 7 novembre 1871, Gazelle hebdomadaire)

« Au moment de faire l’aspiration du liquide contenu dans l’articulation, la jambe malade doit être placée dans l’exten.sion, car dans cette position, les surfaces articulaires du fémur et du tibia sont appliquées l’une sur l’autre dans une assez grande étendue, et le liquide refoulé en avant, fait saillir la rotule et le triceps. Il est bon d’entourer l'articulation avec une bande de caoutchouc qui a sur la bande de toile, l'avantage d'exercer pendant l’écoulement du liquide une compression uniforme et continue. On a soin bien entendu, de laisser à découvert le point sur lequel doit porter la piqüre. Ce point varie au gré de l’opérateur; nous indiquerions volontiers le cul-de-sac externe de la synoviale articulaire, au niveau de l’extrémité supérieure de la rotule, et à 2 centimètres environ en dehors de cet os.

» Pour pratiquer cette piqûre, on se sert de l’une des aiguilles creuses de lPaspirateur $i habilement construit par Robert et Collin. L'aspirateur à crémaillère est considéré à juste titre comme étant d’un maniement plus commode. L’ai-

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guille n° 1 dont le diamètre n’a que 3/4 de millimètre, nous paraît un peu trop fine, bien qu’elle ait été utilisée souvent avec avantage ; nous préférons l’aiguille n° 2 dont le diamètre est de 1 millimètre 1/4 ; c'est elle que nous avons toujours employée à l’hôpital Beaujon, dans le service de notre cher maître, M. Axenfeld, dont nous avons l’honneur d’être l’interne. Cette aiguille, munie de deux ouvertures à son extrémité, remplit toutes les conditions et n’a jamais dcnné lieu au moindre accident. »

« [’aspirateur étant armé, c’est-à-dire le vide préalable étant fait, l’aiguille est mise en communication avec le corps de pompe au moyen d’un tube de caoutchouc, puis elle est introduite dans les tissus au niveau du point désigné pour la piqûre. On ouvre alors le robinet correspondant de l’aspirateur, et l’on pousse lentement cette aiguille, qui porte le vide avec elle, jusqu’à ce qu’un jet de liquide, traversant l’index en cristal ou apparaissant dans le corps de pompe, nous indique qu’on vient de pénétrer dans la cavité articulaire. Le liquide est aspiré jusqu’à la dernière goutte. Il est inutile de presser l'articulation ou de la malaxer, car cette manœuvre n’aurait que l'inconvénient d’irriter la séreuse, en multipliant ses points de contact avec l’aiguille.

« Dès que le liquide a été évacué, on retire l’aiguille et l’on applique sur la piqûre (ce qui n’est pas absolument nécessaire) un petit carré de baudruche et quelques gouttes de collodion. »

Dieulafoy recommande de faire ensuite de la compression.

Auquel de ces procédés faut-il avoir recours? Nous parlons seulement des deux derniers, puisque nous avons dit plus haut que le procédé de la lancette n’est plus employé.

Pour Broca, le simple trocart est parfaitement suffisant; on

lui reproche de pouvoir, à un moment donné, laisser péné-

trer l’air dans l’articulation, à cela, Ficatier répond : « Quand il s’agit du genou, ces craintes sont sans fondement. Cela est

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si vrai que, vers la fin de lopération, on est obligé de comprimer légèrement l'articulation pour favoriser l'issue du liquide » Broca insistait constamment sur ce point devant ses élèves ; on semble de même, pour Piéchaud, « avoir singuliè- rement exagéré le danger de la pénétration de l’air à travers le trocart. Il faudrait, pour que cette pénétration fût à craindre, que les tissus articulaires fussent spécialement indurés , épaissis, rigides et par conséquent empêchés de revenir sur eux-mêmes à mesure que le liquide s'écoule. » On peut aussi objecter au trocart, qu’il est bien plus facile de vider complètement l’articulation avec un aspirateur, cet instrument auquel Dieulafoy reconnaît, comme avantage, de mettre complètement à lPabri de la pénétration de l’air dans l’articulation et de vider l’épanchement jusqu’à la dernière goutte. Nous avons déjà vu ce qu’il faut penser de la pénétration de Pair dans l'articulation; quant à la seconde objection. on peut répondre que si Pépanchement est liquide, il se videra aussi bien par le trocart que par laspirateur, à condition d'exercer une légère pression sur l’articulation ; si, au contraire, le sang est déjà en partie coagulé, il nous semble qu’on en viendrait aussi facilement à bout avec un trocart, qu’on peut facilement désobstruer avec laiguille, des caillots qui l’encombrent, qu’avec un aspirateur dontle tube se bouche si facilement ; dans ce cas, il faut démonter l’appareil poir le nettoyer, ce qui n’est pas toujours facile et ce qui. retarde toujours. Malgré ces objections, nous pensons que c’est à l’aspirateur qu’on devra donner la préférence toutes les fois qu’on le pourra; c’est lui que nous avons vu employer dans le service du professeur Hey- denreich, et l’évacuation du sang, qui présentait déjà des caillots, a été néanmoins facile ; si l’on n’avait pas cet instrument à sa disposition, Ce qui arrive souvent, nous croyons qu’on pourrait se servir sans crainte d’un simple trocart. Il va sans dire que les instruments doivent être rigoureusement aseptiques et que l’opération doit être faite suivant toutes les règles de la méthode antiseptique.

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