LA GREVE DE GOMMENTRY
un compte détaillé de mes actes. Ils ont reçu Tunanime et complète approbation du Conseil. C4ette approbation a été consignée dans une lettre écrite, au nom du Conseil, par notre président, M. deja Rochelle. Cette lettre a reçu une grande publicité et restera dans mes archives de famille comme un titre précieux.
Il y a quelques années, toutes les mines du bassin de Doyet, dans lequel se trouve notre mine de Montvicq, s'étaient mises en grève. Nos ouvriers de Montvicq s'étaient refusés à se joindre à leurs camarades. Les grévistes voulaient des augmentations de salaires. M. le souspréfet de Montluçon, accouru sur les lieux, demanda aux ouvriers de formuler des demandes, leur promettant que, si elles étaient raisonnables, il les appuierait auprès de la Compagnie concessionnaire. La réponse des ouvriers fut : « Nous demandons à élre traités comme nos camarades de Montvicq. »
Ainsi, c'était notre Société qui avait les salaires les plus élevés; ainsi, nous pouvions nous rendre ce témoignage que nous n'étions devancés par personne, dans les bons traitements et les bons salaires, et j'ai le droit de répéter ici ce que j'ai dit, dans une pensée générale, à la fin du XXVI® chapitre : « On peut, on doit être ferme quand on se sait irréprochable. »
Dans l'état actuel des esprits ouvriers, il faut être sûr d'être et d'avoir toujours été juste ; dès lors, on peut être inébranlable devant les grèves. C'esit là, dans l'avenir, le salut de l'industrie ; qu'elle n'oublie jamais que l'énergie est la meilleure conseillère, et qu'elle sert doublementainsi son intérêt, et celui des ouvriers.