De Broglie, Écrits et discours, t. Il, p
vivement attiré ralten lion et conquis de nombreux partisans à la nouvelle école réformatrice.
Parmi les adhésions qu'a recueillies l'œuvre de M. Le Play, il en est une singulière et remarquable; c'est celle d'un critique éminent, libre penseur s'il en fut, adversaire, jusqu'au scandale, des choses religieuses. Séduit par la nouveauté et la hardiesse des vues de M. Le Play, par sa courageuse franchise, par sa vaste science, par ses méthodes toutes nouvelles d'investigation, M. Sainte-Beuve a donné à l'œuvre de la Réforme sociale des éloges à peine accompagnés de quelques restrictions, dans une étude très développée consacrée par lui à cette œuvre*.
Nous allons le laisser parler comme un témoin qui n'est assurément pas suspect :
« Au lieu de s'en tenir aux livres et aux procédés en usage, M. Le Play voyagea, et le fit avec ordre, méthode, en tenant note et registi^e de chaque observation, sans rien laisser d'inexploré ou d'étudié à demi. On prendra idée de la masse des notions précises ainsi amassées par lui et passées ensuite au creuset, pour ainsi dire, de son rigoureux esprit, en sachant que, depuis 1829 jusqu'en 1853, c'est-à-dire pendant vingl-qualre ans, il fil un voyage de six mois, chaque année, et un voyage d'études, non une tournée de plaisir. L'hiver, à Paris, il faisait son cours de métallurgie, à l'École des mines, — et, l'été venu, il partait... Il visita une fois le Danemark, une fois la Suède etia Norvège, trois fois la Russie, six fois l'Angleterre, deux fois l'Espagne, trois fois l'Italie, une fois la