PRÉFACE V
mîmes avec tous les économistes, avec tous les patrons éclairés, avec ceux-mêmes des ouvriers pour qui la dignité humaine et la liberté ne sont pas de vains mots ; c'est ce qui a été très courageusement exprimé par l'un d'eux, qui dans un congrès ouvrier récent, au nom du socialisme rationnel^ a mis les communistes au défi de trouver un mode artificiel de rétribution du travail et de distribution de la richesse préférable à celui que fournit naturellement le régime du travail libre*.
J'expliquerai en quelques mots comment j'ai été conduit aux modifications introduites dans celle nouvelle édition.
Parmi les critiques auxquelles tout écrivain est exposé (il serait plus juste de dire : auxquelles tout écrivain s'expose volontairement, du moment qu'il prend la plume), il en est d'un ordre tout particulier, celles qui parfaitement désintéressées en elles-mêmes, issues, non d'un parti pris, mais de convictions solides, s'expriment avec courtoisie, môme avec sympathie. Ces critiques ne
\. C'est au Congrès National du parti ouvrier socialiste révolutionnaire français y lenuà Paris, sallo MoUèro, à la fin de seplombro 1883. La voix du socialiste rationnel (deux mois bien étonnés do leur association) a naturelle mont été couverte par des vociféralions fraternelles, et M. JolTrin lui a opposé la théorie de régalité des salaires et de l'équivalence des fonctions, sans dissimuler d'ailleurs qu'il avait rencontré plus avancé que lui dans un anarciiiste d'Amiens fort ennemi des tliéories. qui n'admet pas de fonctions publiciues et paraît en être au célèbre décret : « Il n'y a plus rien >'.
VI PRÉFACK .
peuvent être que les très bien venues des auteurs, quand ils sont de bonne foi, car elles contiennent souvent une part de vérité, quelquefois la vérité elle-même.
J'ai eu le bonheur de rencontrer quelques-uns de ces écrivains, sincères, instruits, sachant ce dont ils parlent, et accordant, aux opinions qui peuventdilîérer des leurs, le respect auquel ils se sentent droit pour les leurs. Ils m'ont signale, dans mon Elude, xles lacunes, des obscurités, des défautâ de méthode, qui ôtaient de la force aux conclusions. J'ai recueilli avidement et précieusement ces observations pour y faire droit quand le moment serait venu de penser à une troisième édition.
Parmi ces observations, il en était une plus souvent produite et plus importante. 11 s'agissait de Tordre même des sujets traités, et d'une certaine insuffisance logique dans leuv classement. U m'était impossible de méconnaître la justesse de cette critique, et j\ ai pourvu de mon mieux, en soumettant mon Ehnie à une méthode plus serrée et plus compréhensive, reconnaissant qu'il y a tout j)rolit pour la clarté des idées, et pour la fermeté des conclusions, à enfermer chacun des sujets traités dans un cadre solide, où la pensée, plus soumise à Tordre logique, soit forcément conduite à la précision néces-