L. Reybaud, Le fer et la houille, p
En 487-i, les salaires moyens étaient de 1058 francs. Vuillemin, Industrie houillère de la France,
La môme étude page 204. et 205 fournit les renseignements suivants, tirés des mines d'Anzin :
« On a vu que, dans une certaine période delà profession, l'épargne est possible pour l'ouvrier d'Anzin ; il serait aisé d'en administrer les preuves. La moyenne des salaires, qui peut être fixée à 3 francs par jour, donnerait pour 300 jours ouvrables 900 francs, et — si on y ajoute les suppléments donnés par la tâche — entre 1100 et 1200 francs pour un travail régulier. Les vivres ne sont pas chers; voici les prix les plus usuels : le pain 20 centimes la livre, la viande 60 centimes, le beurre 1 fr. 95, le sel 12 centimes 1/2, les pommes de terre 9 francs les 100 kilogrammes, les haricots 40 centimes le litre de 830 grammes, le fromage 1 fr. 3o les 800 grammes, le lait 7 centimes 1/2 le demi-litre, la bière 20 centimes le litre. L'ordinaire est frugal, presque toujours une soupe maigre composée de légumes frais, pommes de terre, haricots et pain, le tout copieusement servi.
c( Deux budgets fournis par un chef mineur donneront en quelques chiflres l'état des ressources et des dépenses des ménages. Le premier, composé du père, de la mère et des trois enfants, dont un de seize ans, employé aux travaux, porte comme dépense journalière de subsistance et d'entretien : pain, 1 fr. 20 ; viande, légumes, laitage, boissons et épicerie, 1 fr. 80; entretien et vêlements, 45 c. ; loyer (4 fr.60 par mois), 15c. — Total: 3 fr. 60 à la colonne des dépenses. — Le gain moyen de cette catégorie d'ouvriers est de 3 fr. 00 pour le père etl fr. 50 pour le fils. — Total : 5fr. 05. Soit un excédent de 1 fr. 45 par jour. Dans le second de ces ménages composé, outre le père et la
mère, de cinq enfants, dont deux travaillent, l'aîné ayant vingt ans, la dépense d'entretien et de nourriture comprendle détail suivant : pain, 1 fr.60; viande, légunfïes, laitage, boisson et épicerie, 2 fr. 90; vêtement et entretien, 2 fr. ; loyer (6 fr. par mois), 20 c. — Total : 6 fr. 70. — La recette est de 3 fr. 55 pour le père, 3 fr. 55 pour le fils aîné, 1 fr. 50 pour le fils cadet. Total: 8 fr. 60. — Soit un excédent de 1 fr. 90 par jour. — Encore, dans ces deux budgets, le travail de la mère n'entre-t-il pas en ligne de compte, quoique, dans beaucoup de cas, elle soit utilement occupée*. »
J'emprunte également à M. Reybaud les renseignements suivants -sur les prix du tissage mécanique à Rouen, Dieppe et le Havre (p. 395).
Dans rarrondissement de Rouen et Dieppe, les journées d'hommes sont de 3 fr. 90, 2 fr. 50 et 2 francs.
Celles des femmes sont de 2 fr. 10, 1 fr. 65, 1 fr. 25. Celles des enfanU de fr. 85 et fr. 50.
La journée moyenne est de i'85
La dépense moyenne est de 1 51
Il RESTE PAR JOUR 0' 34
Dans rarrondissement du Havre, les journées d'homme sont de 4 fr. 30, 2 fr. 30, 2 francs.
Celles des femmes de 2 fr. 30 et 2 francs.
Celles des garçons et filles de 15 et 16 ans, 1 fr. 35 et 1 franc.
Celles des enfants, fr. 60.
La journée moyenne est de l'98
La dépense moyenne de 1 625
Il RESTE PAR JOUR 0' 355
1. L'on trouvera, dans rappendice I, des détails pleins d'inlérët et du même auteur, soit sur les salaires dans les forges de Champagne» soit sur le travail mixte et celui des femmes & la campagne. Je ne saurais trop recommander la lecture de ces documents précieux. C'est la vérité môme, prise sur le fait avec autant de sagacité que d'exactitude.
L'économie annuelle peut donc être de 102 francs dans les deux premiers arrondissements, elde 106 fr. 50 dans le dernier.
L'auteur explique la différence de salaire entre les deux premiers et le troisième arrondissement par ce fait que les ouvriers de Tarrondissement du Havre sont plus habiles tisseurs, et sont plus forts physiquement.
Enfin, aux pages 401, 402 et 403, Tauteur donne, pour Rouen et ses faubourgs, les budgets suivants de Touvrière de dix-neuf à quarante-cinq ans, et de l'ouvrier de dix-neuf à cinquante ans.