LA PROPRIETE ET SES FORMES PRIMITIVES
constitua l'esclavage, en donnant aux juifs, et à perpétuités pour esclaves, les étrangers vaincus.
Sous Josué, à la suite de conquêtes importantes faites par la nation juive, un nouveau partage eut lieu*. La Bible ne mentionne aucun autre partage, et quelques historiens pensent que, vers l'époque des Juges (1100 ans environ avant Jésus-Christ), la coutume était tombée en désuétude. Il est certain, en tout cas, qu'il n'y eut plus de partage à compter du retour de Babylone.
Pourquoi les Juifs, si religieux observateurs de la loi, ont-ils abandonné celle du partage périodique? C'est que leur génie calculateur ne leur a pas laissé longtemps ignorer que la propriété temporaire de la terre était exclusive de la bonne culture et du plus grand produit.
Cela leur était-il particulier? J'ouvre le livre de M. de Laveleye, et j'y trouve, à propos du mir russe, le passage suivant (p. 31) :
« Ce que le partage périodique empêche en grande mesure, ce sont les améliorations permanentes et coûteuses que le possesseur temporaire n'exécutera pas, puisqu'un autre en recueillera les avantages. C'est sous ce rapport que la communauté de village est évidemment inférieure à la propriété individuelle. Seul, le propriétaire héréditaire s'imposera les sacrifices nécessaires pour améliorer définitivement une terre ingrate, et pour y fixer le capital qu'exige la culture perfectionnée et intensive. Dans toute l'Europe occidentale, on peut admirer les prodiges accomplis par la propriété privée, tandis qu'en Russie, l'agriculture en est restée aux procédés d'il y a deux mille ans. »
Mais l'infériorité du produit n'est pas le seul inconvénient de la communauté. Elle en a d'autres, et bien plus graves,. car ils touchent aux mœurs.
Dans le dessa de Java, par exemple :
« Chaque famille est gouvernée par un patriarche dont