OBSERVATION II
Femme de 21 ans, bonne constitution, habituellement bien portante. Règles peu abondantes et douloureuses. ;
Cette malade entre à Lourcine le 16 avril 1872 pour une syphilis, dont le début remonte à deux mois environ. Pas de traitement. Accidents principaux : roséole trèsconfluente, syphilide papulo-érosive, plaques opalines des amygdales, battements du cœur et tremblement survenu depuis peu de jours. Ce tremblement est plus manifeste dans les membres supérieurs que dans les inférieurs. Nous remarquons aussi un léger tremblements de la langue. Fièvre syphilitique, douleurs dans les masses musculaires, céphalée. Cette malade nous affirmait que le tremblement, quand il était fort, l’empêchait de coudre, et elle se voyait forcée de s’arrèter. Elle est restée trois mois à l'hôpital et au bout de ce temps elle ne tremblait plus.
Ici, comme dans tout autre tremblement, les membres supérieurs et les inférieurs tenus dans une position intermédiaire au fonus simple et à la vraie contraction, tremblaient d’une manière plus manifeste, ainsi que toutes les fois que les malades
se servaient de leurs membres ou pour la préhension ou pour la marche.
Ces oscillations rapides et successives, ce tâtonnement produisaient chez nos malades une certaine gêne pour la couture et chez d’autres encore la difficulté de porter la cuiller à la bouche sans répandre la soupe. Nous avons entendu dire à celle qui est l’objet de l'observation IIT, que quand son tremblement était fort, elle était obligée de se servir de la main gauche comme point d'appui à la droite, précaution sans laquelle il lui était impossible de prendre la soupe.
À l'appui de notre assertion, nous citons M. Fouruier qui est très-explicite à ce sujet : « Le tremblement, quand il est léger, ne les incommode pas réellement ; il ne fait qu’apporter un peu de gêne dans certains travaux délicats de la main, comme ceux de l'aiguille. Mais dès qu'il devient un peu intense, il trouhle les mouvements, leur enlève toute précision et crée une véritable infirmité temporaire. »(Leçon citée).